Ô JAZZ ! Infos

Pour que vivent le jazz et les musiques voisines du jazz, à Orléans et en région Centre-Val de Loire

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A la Villette, le jazz fait sa rentrée le 30 août

Nouvelle édition de “Jazz à la Villette” du 30 août au 11 septembre à la Cité de la Musique (désormais rebaptisée “Philharmonie de Paris”) à Paris. Du jazz au hip-hop et de la soul à l’afrobeat, treize jours de fête au son d’une musique en pleine forme. Demandez le programme !
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Véritable phénomène mondial, en particulier depuis la sortie en 2015
de leur album “Sylva” (avec les musiciens du Metropol Orkest),
les Snarky Puppy seront en concert à la Villette le 1er septembre

Les maîtres du piano jazz se sont donné rendez-vous à La Villette. Chick Corea (qui proposera deux concerts, à l’occasion de son 75e anniversaire), McCoy Tyner et Chucho Valdés, légendes du genre, qui dialoguent dans le programme avec leurs héritiers Jacky Terrasson, Geri Allen ou Craig Taborn.

De légendes il sera aussi question avec Archie Shepp qui rend hommage à son mentor, John Coltrane, entouré d’un all star de rêve, ou avec Ernest Ranglin, génial guitariste jamaïcain, lui aussi très bien entouré.

Cette année, Jazz à la Villette invite des artistes et des groupes qui bousculent les frontières et les codes du jazz, du trio anglais GoGo Penguin à Erik Truffaz, en passant par l’explosif collectif Snarky Puppy ou encore Julien Lourau, Tigran et le trompettiste norvégien Arve Henriksen, Sarah Murcia.

Le festival célèbre toute l’histoire et l’héritage de la Great Black Music. À ce titre, la présence de Nas en ouverture de cette édition, étoile du hip-hop made in the USA et fils du jazzman Olu Dara, est un événement immanquable. Autre symbole : un hommage XXL au père de l’afrobeat nigérien, Fela, autour de son fils Seun Kuti, de son groupe Egypt 80 et d’une brochette d’invités : Talib Kweli, Tony Allen, Cheick Tidiane Seck, Ibeyi… Une création spéciale pour le festival qui s’annonce historique !

Pour la troisième année consécutive, enfin, Jazz à la Villette propose “Under The Radar”, à la rencontre d’artistes-explorateurs en collaboration avec des lieux de création de l’Est parisien (l’Atelier du Plateau, la Dynamo de Banlieues Bleues et le Studio de l’Ermitage).

De nombreuses surprises et temps forts complètent cette programmation, tels le cycle de concerts “Jazz à la Villette for Kids”, à découvrir en famille, ou la sélection de films “For Ever Lives Africa”, en écho à la programmation de concerts.

bvh
A voir absolument le 2 septembre, l’Orchestre national de Jazz,
qui fête ses trente ans ! En première partie, Europa Berlin, dirigé par Olivier Benoit.
Puis les dix chefs successifs de l’ONJ (François Jeanneau, Antoine Hervé,
Claude Barthélemy, Denis Badault, Laurent Cugny, Didier Levallet, Paolo Damiani,
Franck Tortiller, Daniel Yvinec et Olivier Benoit – photo ci-dessus)
monteront sur scène le temps d’un morceau

www.jazzalavillette.com

8e Festival des “Meung de Jardins”, du 26 au 28 août

Suite et fin des “Meung de Jardins 2016”. Créé par l’association Tard t’art, organisatrice d’événements culturels, le festival propose à Meung-sur-Loire des spectacles multiples et variés au cœur de jardins de particuliers, occasion de rencontre entre artistes et public dans un cadre intimiste et privilégié.
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Vendredi 26 août – 20 h 30, Lefkès – Folk/Pop
(Chemin de Pantin - Meung-sur-Loire)
Lefkès est un projet folk en français et en anglais né fin 2015, dont les influences premières sont Fink et Noah and The Whale. Ruins, la première démo de Lefkès a été écrite en quelques mois sur les ruines d’une jeunesse dont le récit devient peu à peu légendaire et les images subliminales.
Lefkès est avant tout une conteuse d’histoires, conteuse de l’absurde et du merveilleux qu’offre à ses yeux le XXIe siècle, et sa musique un voyage à travers des villes de glaces et de fumée où les souvenirs s’invoquent dans des brumes de plomb…

meskhanesiteSamedi 27 août – 20 h 30, Meskhane – Musique orientale
(14, rue Aristide Briand - Meung-sur-Loire)
Meskhane, est un groupe formé à Istanbul durant l’été 2014 après une rencontre pour un concert sur les magnifiques Iles d’Istanbul.
Cette formation réunissant trois musiciens étrangers (Écosse, Bulgarie, France) autour des musiques traditionnelles turques avec toutes leurs spécificités harmoniques et rythmiques. Percussions orientales, Kanun et saxophone, se complètent se répondent et donnent vie à des mélodies dansantes populaires, des mélopées soumises enivrantes et des pièces de la musique classique Turque aux tempéraments complexes.

Dimanche 28 août- 17 h, Lompi Lompa – Contes africains
(4, rue des Coqs matineux - Meung-sur-Loire)
Conteur et échassier, amoureux de la vie, Lompi Lompa raconte les contes de la brousse et de la foret, rythmé au son d’un instrument traditionnel appelé MVET.

Spectacles gratuits, un chapeau circulera à la fin des représentations
www.tardtart.fr

Des chansons enfantines arrangées façon jazz

Si vous avez des enfants ou des petits-enfants, “Jazz for kids” est fait pour eux : dix-sept chansons enfantines mises au goût du jazz. Une fantaisie poétique qui offre une heure d’évasion.
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Trois musiciens de jazz, Manuel Hermia (saxophones et flûte), Sam Gersmans (contrebasse) et Pascal Mohy (Piano), ont choisi d’improviser à partir de comptines que connaissent tous  les enfants : “Frère Jacques”, “Meunier tu dors”, “Il était une bergère”, “Sur le pont d’Avignon”… en tout dix-sept ritournelles réinventées grâce aux arrangements de Manuel Hermia et qui deviennent de vrais petits morceaux de jazz. Le but : faire comprendre aux enfants comment l’improvisation, en musique, offre de multiples champs d’exploration : on garde la même ligne mélodique mais on lui ajoute des harmonies et des rythmes différents et on brode autour du thème. Une nouvelle œuvre musicale est ainsi créée !

Le disque est illustré par “Les trois éléments de la musique”, un dessin qui, mieux qu’un long discours et de façon très simple et pédagogique, permet d’expliquer les rôles respectifs de la mélodie, de l’harmonie et du rythme.

Reste à s’installer dans un grand fauteuil avec les “kids”, à jouer à reconnaître la mélodie et à se laisser emporter par les exercices musicaux subtils de ces trois musiciens. Comme les enfants, vous pourrez découvrir, vous aussi, les arcanes pas si mystérieuses de l’improvisation en jazz. DD

Jazz for Kids– Jackal Productions / L’autre distribution

Manuel Hermia, musicien belge, joue non seulement du saxophone soprano, alto et ténor mais aussi de la flute et du bansuri (grande flute traversière indienne). Improvisateur et compositeur, il explore des musiques du Monde et a développé des projets personnels dans plusieurs directions. On a pu l’entendre récemment au Saint-Patrick à Orléans, aux côtés de Valentin Ceccaldi et Sylvain Darrifourcq, alors qu’ils venaient présenter leur album “God at the casino” (Babel label).

Plus d’infos.

Un 4e album pour le label ô jazz. Les souscriptions sont ouvertes !

Après “Le Symptôme” du Lavollée/Dubreuil/Larmignat Trio (Elu Citizen Jazz et Révélation Jazz Magazine), en 2011 ; “Ridin’with Jack”, du Roads Quartet (**** Jazz Magazine), en 2013 ; “Funambul(e) de Méloblast (Révélation Jazz Magazine), en 2015… ô jazz ! engage l’aventure d’un quatrième “premier” album.

kimono1-jp-retelsitePhoto Jean-Pascal Retel

Le groupe : Kimono

C’est le Roberto Negro Trio : Roberto Negro, piano, clavier / Adrien Chennebault, batterie, percussions / Stéphane Decolly, basse… plus un, Christophe Monniot (saxophone, clavier).
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L’album : deux sonates

50 minutes en deux “sonates”, écrites respectivement par Christophe Monniot (“Pour une nouvelle terre”) et Roberto Negro (“Monoski”).

Une nouvelle aventure pour ô jazz ! qui unit ici ses efforts de production à la dynamique du Tricollectif dont le groupe est issu.

12 €

SOUSCRIVEZ AUJOURD’HUI ET RECEVEZ L’ALBUM EN AVANT-PREMIÈRE

DÉBUT AVRIL 2017 / IL SUFFIT DE CLIQUER CI-DESSOUS

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Le concert orléanais de sortie d’album aura lieu le 20 avril 2017 à la Scène nationale d’Orléans, avant la sortie nationale en mai 2017.

12 août, l’avant-garde musicale japonaise est au 5e Avenue

Le plus important batteur de la scène musicale japonaise d’avant-garde, Yoshida Tatsuya, et la meilleure saxophoniste de la scène d’improvisation japonaise, Ono Ryoko, ont formé Sax Ruins. Les associations Mora Mora et Culture d’un autre monde les accueillent le vendredi 12 août prochain à Orléans.

Les deux musiciens ont sorti deux albums, l’un en 2009 appelé ”Yawiquo” (Ipecac recordings) et l’autre en 2014, ”Brimmguass” (Skin Graft records). Leurs enregistrements sont extrêmement complexes, avec des rythmes irréguliers, un overdubbing très fréquent et une orchestration restructurée.
En concert, ils font sonner leur duo hardcore comme un énorme groupe grâce aux différents effets utilisés par Ono, qui y incorpore aussi de l’improvisation. Le résultat ressemble à un big band jouant du jazz progressif hardcore !

Le duo franco-japonais Kirisute Gomen, avec Emiko Ota (chant + live loops, taiko, batterie et Julien Omeyer (guitare, guitare baryton, biwa) assurera la première partie. Le cœur de la musique du groupe repose sur le mélange de minyo (chanson traditionnelle populaire japonaise) et de musiques actuelles amplifiées (rock et musique expérimentale) en se permettant également l’appropriation de thèmes de musiques de films ou de chansons pop japonaises des années 60′.

A 20 h 30 au bar Le 5e Avenue (11, avenue de Paris à Orléans). Coproduction Mora Mora / Culture d’un autre monde. Entrée 8 €. Pour en savoir plus : 02 38 53 30 86

Victoires du Jazz 2016 , le palmarès

Occultées par les événements tragiques de Nice le lendemain, les Victoires du jazz, le 13 juillet en ouverture de “Jazz à Juan”, ont récompensé un joli trio de (jeunes) talents.
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Anne Paceo  (batteur et compositrice) : Artiste de l’année ; dernier album : “Circles”

Laurent Coulondre (organiste, pianiste et compositeur - photo ci-contre) : Révélation de l’année, Prix Frank Ténot ; dernier album : “Schizophrenia”

Sylvain Rifflet (saxophoniste) : Album de l’année pour “Mechanics”

Le guitariste de blues Lucky Peterson a reçu une “Victoire d’honneur”

Expos parisiennes (2) : le Velvet Underground

L’exposition que la Philharmonie de Paris consacre au Velvet Underground s’ouvre justement sur un passage de Howl, grand poème-cri de Ginsberg (voir chronique précédente). Le premier souci des commissaires a en effet été de replacer l’histoire du Velvet dans l’Histoire – notamment culturelle – de l’Amérique de l’après guerre.

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“Les seuls qui m’intéressent sont les fous furieux, les furieux de la vie, les furieux du verbe…” écrivait Kerouac au début de “Sur la route”. Lou Reed et John Cale sont certainement des fous furieux de la musique. Fou, Reed a failli le devenir. Furieux, Cale a dû beaucoup l’être pour sortir de son milieu prolo de mineurs gallois, devenir pianiste classique, puis parvenir à New York dans les expérimentations sonores de La Monte Young.

Ils se sont rencontrés dans cet Underground que New York a engendré, ces lieux improbables, théâtres, clubs ou bistrots qui accueillaient des expérimentateurs divers. Le guitariste Sterling Morrison et un premier batteur, Angus MacLise, ont constitué le noyau de départ. Angus a trouvé scandaleux d’être payé pour jouer dans un club, il a donc été remplacé par Mo Tucker, une copine de copain, qui jouait de la batterie debout comme les primitifs, et parfois chantait avec une petite voix candide. Repéré très vite, en 65, par Andy Warhol, le groupe va prendre de l’ampleur à la Factory, avec une nouvelle chanteuse imposée par le maître, Nico. Après une année de tournée, le groupe enregistre son premier LP, “The Velvet Undergroud and Nico”, produit par Warhol. Le fameux disque à la banane, qui deviendra très vite mythique, après une sortie pourtant discrète.

Le deuxième LP, “White Light, White Heat”, en 68, voit l’affrontement puis la rupture entre Lou Reed et John Cale. Fini le Velvet, le vrai. Doug Yule, guitariste chanteur, remplace John Cale. Ce “deuxième” Velvet fera plusieurs disques, mais d’une autre nature. Pas forcément moins bons, mais autre chose… La terrible noirceur des deux premiers disques, leur aura maléfique et la lourdeur de la musique et des paroles, écrites par Lou Reed, vont instaurer de la part d’une partie du public une fascination qui débouchera une décennie plus tard sur le punk, puis inspirera de nombreux musiciens.

Là encore, ce n’est pas du jazz, mais le Velvet a tellement compté dans le monde musical américain qu’on ne peut l’ignorer. L’expo, très bien faite, donne à entendre des heures d’enregistrements, des interviews, des docus. Tout un matériel photographique et des documents complètent la musique. Intéressant et original. BC

Philharmonie de Paris, Cité de la Musique. Jusqu’au 21 août.

Expos parisiennes de l’été : les bas-fonds de la culture américaine

Deux expositions à Paris cet été nous entraînent dans la culture underground des années 50 à 70, période si importante pour l’art et la musique. Le Centre Pompidou (Beaubourg) retrace l’histoire de la Beat Generation et la Philharmonie celle du groupe Velvet Underground. Toutes deux ne concernent pas le jazz, mais en sont si proches…
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“J’avais compris que toute musique se fondrait dans la grande Abstraction à venir – guerre abstraite (comme aujourd’hui), art abstrait, publicité abstraite, base-ball abstrait (la télévision et ses retombées), drame abstrait, roman abstrait, et puis le jazz moderne abstrait, les sonorités douces des ténors, leurs notes tendres, lointaines, acides, ascendantes, vas-y-vieux-tout-du-long-jusqu’à-New York, et à toute vapeur !” Jack Kerouac – in “Vision of Cody” (photo : Jack Kerouac à New-York en 1953,
par Allen Ginsberg)

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Fin des années 40 et toutes les années 50, une bande de fous s’est mise à hurler son désir d’autre chose. La Beat generation, c’est d’abord un refus, celui de l’Amérique brillantinée de l’après guerre et de son impérialisme triomphant.

Jusqu’au 3 octobre, le Centre Pompidou retrace leurs errances jouissives et extrêmement inventives. Tous les noms sont là, Allen Ginsberg en tout premier et son ami Jack Kerouac, Neal Cassady, William Burroughs et tous les autres, moins connus mais compagnons de route. Autour du grand rouleau de “Sur la route”, écrit fébrilement par Kerouac, devenu une sorte de manifeste du “groupe”, l’expo rassemble de nombreuses photos, peintures, dessins, films jamais montrés en France.

Jean-Jacques Lebel, qui les a connus à Paris dans les années 60, s’est fait archiviste pour organiser et commenter ces témoignages. Beaucoup d’accumulation un peu dérisoire, mais quelques découvertes pour le public français, notamment cette période du “beat hotel” à Paris, rue Gît-le-Cœur, où ils ont presque tous séjourné au début des années 60.

Une plongée dans cette aventure intellectuelle, qui muséifie un mouvement réticent à tout cadre. Outre cette ambiguïté inévitable, on a l’impression de rester sur le bord du chemin, un peu loin de l’aventure à la fois voyageuse et littéraire vécue par ces précurseurs des beatniks, puis des hippies. Trop de détails qui noient l’essentiel. On ne retrouve pas l’incroyable énergie de leurs textes et de leurs vies, ni la folie qui les poussait hors des limites du monde culturel d’alors. Une expo un peu molle, sans rythme.

Dommage, pour le beat… mais excellente occasion de se replonger dans ce qui reste de ces “clochards célestes” (JK), leurs écrits !* BC

* On citera parmi les plus fameux
- “Sur la route / le rouleau original”, de Jack Kerouac (“the original scroll”, édition enfin conforme au manuscrit d’origine, jusqu’alors caviardé et adapté pour éviter la censure et les procès). Gallimard 2010
- “Le festin nu” de William Burroughs (premier roman construit selon la technique du “cut-up”). L’Imaginaire, Gallimard
- “Howl”, le poème manifeste d’Allen Ginsberg, lu par lui-même (ci-dessous)

A suivre : le Velvet Undreground à la Philharmonie de Paris…

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    ducretGuitariste autodidacte mais ayant très vite côtoyé les grands, Marc Ducret retrouve ses amis de Journal Intime, un trio de cuivres, pour un deuxième album. Sur les compositions de Marc, les quatre instrumentistes dialoguent avec une liberté que leur complicité leur permet. Sylvain Bardiau à la trompette, Matthias Mahler au trombone et Frédéric Gastard au saxo basse font plus qu'entrer dans la musique du leader. Ils la créent avec une dextérité exceptionnelle. Car la musique proposée est plutôt difficile. Recherches de sons, trame lâche sur laquelle se tisse un paysage abstrait plein d'éclats, de trous et de répétitions. Les quatre morceaux du cd, de 12 minutes chacun, ne reposent pas tous sur des thèmes exprimés. Les deux premiers sont manifestement à classer dans la musique contemporaine, de celle qu'on entendait il y a quelques années. Le troisième, Un vent violent, repose sur un rythme syncopé qui évoque une narration. Ces Paysages avec bruits demandent un effort pour les recevoir dignement, même si un son tout à fait original s'impose au fil de l'écoute. Le travail à la guitare de Marc n'y est pas pour rien. Mais les recherches de ces quatre musiciens, qui “poussent l'aventure plus loin et essayent de nouvelles formes”, sont suffisamment convaincantes pour aller écouter ce qui se trame de ce côté-là de la musique. BC (Abalone/L'Autre Distribution)

    a-ferber Pour Jazz Magazine (juillet 2016), Alan Ferber est une “Révélation”. Pas pour nous, qui le suivons depuis 2010 et son très élégant “Chamber Songs / Music for nonet and strings”, suivi en 2013 du non moins remarquable “March Sublime”, tous deux publiés chez Sunnyside, incontournable label indépendant new-yorkais fondé par un Français, François Zacalain. Mais le musicien avait déjà une longue carrière de tromboniste derrière lui, ainsi que de chef de ses propres formations, en nonet et en big-band, affichant six albums au compteur depuis 2004.
    Avec Roots & Transitions, Alan Ferber Nonet nous offre une démonstration jamais démonstrative de ce qu'un authentique talent de compositeur, une solide culture jazzistique et la science des arrangements peuvent produire de meilleur : un vrai bonheur de jazz orchestral dont la facture plutôt “classique” et le caractère familier (un motif, quelques développements, une jolie place accordée aux solistes) ne doivent pas dissimuler la grande subtilité. Car cette musique, pas aussi simple qu'il n'y paraît, cache derrière le charme de ses ballades intimistes ou l'éclat de ses morceaux de bravoure, un immense travail fondé sur l'utilisation optimale des possibilités de ce nonet très cuivré. S'il en était besoin, cet album consacre la place d'Alan Ferber dans le peloton de tête des grands chefs et orchestrateurs américains du moment, de John Hollenbeck à Maria Schneider en passant par Vince Mendoza. Intelligente, généreuse et sensible, la musique qu'il nous offre en partage sonne juste de bout en bout ! JLD (Sunnyside Records)

    cbleyTrois ans après Trios, ils remettent ça, ces trois monuments du jazz. Même producteur, ECM, même lieu d'enregistrement, Lugano. Même ambiance, calme et profonde. Carla Bley a écrit un morceau d'une vingtaine de minutes, Andando el Tiempo, de trois mouvements. Longue intro au piano rejoint par la basse de Steve Swallow, puis phrases aériennes du saxo d'Andy Sheppard. Musique d'une simplicité apparente sidérante, qui s'écoute en premier lieu pour sa beauté, son déroulé dans le temps, son occupation de l'espace. Mais en plus, elle recèle une complexité cachée qui nous propose une magnifique réflexion sur la musique elle-même. Au carrefour du jazz, de la musique contemporaine, de l'impro et du gravé dans le marbre, de la légèreté insouciante des saltimbanques et de la réflexion sur la création, elle semble accrochée dans l'air et en saisir des rumeurs secrètes et primordiales pour les mettre en lumière, les amener d'abord à nos oreilles, ce qui est en soi déjà une grande réussite, puis se glisser jusqu'aux fins fonds de notre cerveau pour l'envahir, le faire tourner, lui donner un feeling à analyser, du sens à méditer. Lentement, calmement, sans s'affoler. Avec plaisir… Ce premier morceau donne son titre à l'album. Deux autres longs morceaux le complètent, de la même veine. Peut-être plus narratifs, notamment Swallow à la basse, qui nous donne des moments superbes comme il sait en faire, navigant à l'oreille sur sa basse électrique au son reconnaissable entre mille. On est bien sûr dans de la grande musique, jouée par de grands musiciens. A 80 ans, la petite vendeuse de cigarettes repérée par le pianiste Paul Bley au Birdland de New York est vraiment tout en haut de l'affiche. Emouvant. BC (ECM)

    chetChet Baker nous a emportés très loin autant avec sa trompette feulante qu'avec sa voix incroyablement fragile. Il a été une source d'inspiration pour un nombre incroyable de musiciens de jazz. Certains d'entre eux, sous la houlette de l'arrangeur Clément Ducol, se sont réunis pour un hommage très réussi. Des trompettistes et des chanteurs, en duo souvent. Avec des alliances incroyables, comme Benjamin Biolay à la trompette et les voix toujours reconnaissables d'Ibeyi qui module “Moon and Sand”, ou bien Rosemary Standley, la remarquable chanteuse de Moriarty, et Stéphane Belmondo qui nous emmènent dans un “Let's get lost” envoûtant. Eric Truffaz est bien sûr très présent, lui qui doit tant au crooner disparu. Airelle Besson aussi, qui propose un magnifique “Grey december” chanté par Sandra Nkaké. Quant à Yael Naïm, elle se lance dans “My funny Valentine”, titre emblématique de Chet, avec une conviction et une précision remarquables. Et on ne les a pas tous cités, puisque le cd réunit une vingtaine de musiciens pour dix chansons. Alors bien sûr – et on ne peut pas éviter cette réflexion –, c'était sans doute mieux par Chet lui-même. Mais l'ensemble de cet Autour de Chet reste très agréable et intéressant, surtout par le rapprochement d'artistes qu'on ne soupçonnait pas possible… BC (Verve)

    Près du lecteur de cd, une pile de disques au bord de s'effondrer nous regarde avec les yeux du reproche. On a laissé filer le temps, et le retard, son corollaire culpabilisant, s'est accumulé. Une fois n'est pas coutume, c'est une brassée de cd que nous chroniquons aujourd'hui pour cette (première) séance de rattrapage. JLD

    gt En commençant par Unexpected Things, tout récent album du Gauthier Toux Trio, cher à notre cœur, et pas seulement parce qu'il flatte notre chauvinisme régional. Nous l'avions fait découvrir aux Orléanais sur “Place au Jazz” en 2014, alors qu'il n'avait que 21 ans, puis à nouveau accueilli aux Samedis du Jazz en 2015. Après avoir brillamment remporté le tremplin “Jazz or jazz” au printemps 2016 au Théâtre d'Orléans, le jeune pianiste chartrain vient de propulser son trio à la première place du prestigieux Concours national de jazz de la Défense. Quelque part entre l'énergie du regretté trio E.S.T et l'assurance tranquille d'un Brad Meldhau, Gauthier Toux nous fait partager son appréhension de l'air du temps, dans une série de morceaux en clair-obscur, reflets d'un monde souvent tourmenté. Virtuose juste ce qu'il faut, quand il le faut, le pianiste, solidement accompagné par ses compères (Kenneth Dhal Knudsen, basse, et Maxence Sibille, batterie), fait preuve d'une remarquable maîtrise et d'une étonnante maturité. (No Mad Music)

    chloe-deyme Continuons avec un chanteuse qui nous avait séduits, elle-aussi, aux Samedis du Jazz et sur Place au Jazz au début des années 2010, avec un groupe orléanais aujurd'hui disparu, Caminho. On retrouve Chloé Deyme, quelques années plus tard, dans un album enregistré entre Paris et Rio et tout dédié à la musique brésilienne, sa passion. Nul besoin de s'interroger : avec Noturna, dont elle a composé huit des dix morceaux, la chanteuse, ancienne élève de Rolando Faria (des fameuses “Etoiles”), assume totalement sa filiation avec les grands noms du jazz brésilien. Mais elle va un peu plus loin que l'hommage, imposant sa patte et une voix “naturelle” (ce qui est souvent le fruit d'un travail intense !) affranchie de cet insupportable vibrato qui dissimule trop souvent l'absence d'empreinte vocale personnelle (comme diraient les jurés de The Voice…). C'est très plaisant à écouter, fort bien accompagné par une belle brochette de musiciens d'horizons mélangés. (Catavento / Inouïe Distribution)

    bocle-b Encore une belle surprise, avec les frères Boclé. On ne le dira jamais assez (parce qu'à la vérité on n'en a pas très souvent l'occasion), les instruments “ethniques“ se font trop rares dans les formations jazz… Car on l'avoue : c'est évidemment son instrumentation qui fait la première originalité de Rock the Boat. Il n'est pas si courant de croiser une cornemuse – fût-elle irlandaise – dans un album de jazz. La référence assumée à la musique celtique constitue l'autre caractère d'un album qui n'en manque pas, tant est patente (et épatante) la conviction des frérots de la vague, Jean-Baptiste (à l'orgue Hammond et au vibraphone) et Gildas (contrebasse) dans ce qu'ils ont baptisé leur Keltic Project (euh, “Projet celtique” ne nous aurait pas outrageusement dérangé ; mais quand les musiciens de jazz vont-ils comprendre que recourir systématiquement à l'idiome anglo-saxon n'apporte aucune plus-value, voire peut susciter un certain agacement ?). Bon, le beau temps revenu nous incline au pardon (breton, bien sûr) devant ce bel objet musical et ses échos d'un folklore imaginaire assez envoûtant. (Socadisc / Absilone)

    easy-l Un petit dernier pour la route, Easy listening, de Ping Machine, qui sort en même temps que Ubik (de la même formation), mais de celui-là on ne parlera pas, pas convaincu. Surtout, ne pas se laisser embobiner par le titre. Ces compositions ne doivent rien à l'infâme “easy listening” yankee, et c'est tant mieux ! Le big-band du guitariste Frédéric Maurin (quinze musiciens) nous offre ici, une fois encore, avec beaucoup de maîtrise, la musique pas si facile de son leader, riche de couleurs et d'ambiances contrastées, restituant parfaitement la finesse des arrangements et la complexité rythmique des compositions. Ces quatre longs morceaux (dont un enregistré en public au Petit faucheux à Tours) sont comme quatre balades oniriques, dans une atmosphère parfois très “Maria Schneiderienne” (cf. le premier titre, Kodama), où les solistes et l'improvisation, comme chez l'Américaine, ont toute leur place sur une trame très écrite. Voilà un bien beau disque et qui nous transporte loin, émanant d'un big-band assez unique en son genre de ce côté-ci de l'Atlantique. (Neuklang Future / Harmonia Mundi)

    Et puis il y a tous ceux de la pile dont ne parlera pas, parce qu'on a choisi de dire du bien plutôt que du mal. Avec l'âge, le sens des priorités s'affirme ! JLD

    BC : Bernard Cassat
    CE : Christophe Esnault
    DD : Dominique Derenne
    JLD : Jean-Louis Derenne

    >>>Et plus de CD dans les bacs d'ô jazz ! en cliquant ici
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  • Agenda Jazz

    Jusqu'au 30 août
    LES MARDIS DE L'ÉTÉ. Six concerts (reggae, blues, tarentelle, musette, manouche…) et trois soirées cinéma. A Issoudun (Indre). Le programme complet est ici.

    Jusqu'au 18 septembre
    des-lyres 10e DES LYRES D'ÉTÉ. Festival organisé à Blois, Chambord et dans 63 communes environnantes, avec pas moins de 300 manifestations ! Guinguettes, bals, blues, folk, jazz, théâtre… le programme complet est sur le site de la ville de Bois, ici.

    Jusqu'au 24 septembre
    FESTIVAL CLAIRINS (blues, manouche, swing, gospel, rock…). Les 12, 20 et 26 août et les 2, 10, 16, 18 et 24 septembre. A 20 h 30 (parfois 21 h) au lieu-dit Clairins, route de Coust à Saint-Amand-Montrond (Cher). 15 €. Renseignements et réservations 06 29 74 20 36 ou pascual.blasquez@wanadoo.fr

    Du dimanche 21 au dimanche 28 août
    UN ÉTÉ AU PARC PASTEUR. Trois festivals en un : “Un été au Parc Pasteur” (du 21 au 25, spectacles de marionnettes proposés par La Tortue magique) ; “Un autre monde” (les 26 et 27, six concert jazz, manouche, salsa, monde programmés par Défi) ; “Contes au Parc Pasteur” (du 26 au 28, proposés par quatre compagnies de conteurs) ; plus des animations au manège traditionnel Pernin, avec son cacophonium. Toute la journée (selon dates) au Parc Pasteur à Orléans. Programme : le lien est ici.

    Du vendredi 26 au dimanche 28 août
    MEUNG DE JARDINS 2016. Proposé par l’association Tard t’art, dans des jardins de particuliers à Meung-sur-Loire. Vendredi 26 août – 20 h 30, Lefkès – Folk/Pop (Chemin de Pantin) ; Samedi 27 août – 20 h 30, Meskhane – Musique orientale (14, rue Aristide Briand) ; Dimanche 28 août- 17 h, Lompi Lompa – Contes africains (4, rue des Coqs matineux). Spectacles gratuits, un chapeau circulera à la fin des représentations www.tardtart.fr.

    Dimanche 28 août
    BAL SWING. L'association SwingChap vous propose de danser à la guinguette de Saint-Jean-de-Braye, au Parc des Longues-Allées. Début à 16 heures pour une initiation, suivie d'un bal swing jusqu'à 19 heures.

    Du jeudi 8 au dimanche 11 septembre
    tricot LES SOIRÉES TRICOT. Ensemble de concerts, expos, déambulations et performances proposées par le collectif de musiciens orléano-parisien Tricollectif, avec restauration, animations… A Orléans, à la Médiathèque, au 108, au Théâtre, dans les rues… Tarifs 5 € à 20 €, ou Pass Soirées Tricot 30 € (huit spectacles). Le programme complet est ici.

    Vendredi 9 septembre
    SOUTIEN À L'ESPÉRANCE MUSICALE. Concerts et animations (et buvette !) en soutien à l'école de musique de Vienne-en-Val. A la Salle des Fêtes de Vienne-en-Val, du début de l'après-midi jusqu'en fin de soirée. Prix libres.

    Samedi 10 septembre
    GRAND ORCHESTRE DU TRICOLLECTIF. Dans le cadre des Samedis du Jazz proposés par ô jazz ! et la Scène nationale d'Orléans. Ce concert qui prend place au cœur des Soirées Tricot, sera exceptionnellement présenté dans la grande salle du Théâtre d'Orléans. Attention, nouvel horaire des “Samedis” : à 15 heures. Gratuit.

    Du jeudi 15 au dimanche 25 septembre
    JAZZ EN TOURAINE. A Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire). Avec Lisa Simone, Michel Legrand, Hugh Coltman, Kyle Eastwood, JJ Milteau… Tous est là !

    Du vendredi 16 au dimanche 18 septembre
    fd FESTIVAL “VOYAGES EN GUITARE”. Ensembles de concerts gratuits (place Mirabeau) et payants (à la Collégiale Saint-Mexme) mettant à l'honneur la guitare dans toutes ses expressions. Avec notamment Fatoumata Diawara (chanson-jazz, Mali), les One Horse Pony (blues, Irlande), ou encore la chanteuse française Giedré. A Chinon (Indre-et-Loire). Lien utile ici (en espérant qu'ils mettent rapidement à jour pour l'édition 2016 !).

    Du lundi 19 au samedi 24 septembre
    4e JAZZ EN BERRY. Avec Scott Hamilton, Dany Doriz, Les Haricots rouges, Sweet System, Rhoda Scott… une semaine résolument new-orleans et swing, proposée par l'association Jazz en Berry. Dans l'Indre, à Châteauroux, Déols, Ardentes et Le Poinçonnet. Billetterie à l'Office de tourisme de Châteauroux : 02 54 34 10 74.

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  • Jazz à New-York, see U…

    bye-bye-ny Avec la fermeture du “Garage” fin décembre 2015, après celle du “Lenox Lounge” au cours de la même année, sans parler du déménagement forcé du Zinc Bar et de la Jazz Gallery, de la réaffectation du Poisson Rouge et de tant d'autres clubs mythiques, ce “Jazz à New York” (daté de 2010) est aujourd'hui frappé d'obsolescence. En attendant sa mise à jour (envisagée) cette rubrique créée pour ô jazz ! en 2010 par Jean-Louis Derenne n'est plus disponible. So long folks…
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