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Les Pompiers au tremplin Jazz or jazz (photo Patrice Delatouche)

Tout feu tout flamme ! Avec un petit “pète au casque” (c’est de circonstance)… A midi et demie, “Les Pompiers” étaient la deuxième formation accueillie dans le cadre du Tremplin “Jazz or jazz”. Un “groupe-concept” de petits soldats du feu qui déclinent sans (se) lasser les mille et une variations de leur vocation pompière. Entre mariachi, banda et fanfare, les cinq Tourangeaux issus de “Jazz à Tours” ont amusé, séduit (enflammé parfois) les 150 spectateurs réunis au Théâtre pour l’occasion. C’est visuel et musical, ça chauffe et c’est rafraîchissant tout à la fois ! A placer sur l’échelle de la performance : mais ça, c’est le boulot du jury, qui désignera dimanche le lauréat du tremplin !
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Les Pompiers, par Marie-Line Bonneau
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Freaks, par Christophe Esnault

Le soir à Barrault, c’est “Freaks”… Ils sont six monstres, et ils s’amusent. Théo Ceccaldi (violon, alto, claviers, composition), Quentin Biardeau (saxophone ténor, voix, claviers), Benjamin Doustessyer (saxo alto et baryton), Giani Caserotto (guitare électrique), Valentin Ceccaldi (violoncelle, horizoncelle, basse), Etienne Ziemniak (batterie). Freaks, le groupe emmené par Théo pour jouer cette création, est entré sur scène en doudounes, mais très vite la chaleur dégagée par leur énergie les a laissés en marcels. A chaque fois qu’on les voit, qu’on les entend, on n’en revient pas. Dans un esprit dada, ils s’amusent à des collages musicaux. Une phrase en slow très kitch, la suivante à la Debussy. Un refrain crooner (puisque Théo chante, secondé par Quentin) suivi d’une envolée lyrique, un pas de tango enchaîné à un rock d’enfer.
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Théo Ceccaldi, par Marie-Line Bonneau

Ils ont vraiment un son, un univers. Ils créent des ambiances, ils font monter la musique dans un bazar réjouissant et qu’on pense être n’importe quoi, et puis au bon moment, ça y est. Tout est en place, tout s’éclaire et on se dit qu’on est vraiment dedans, là où il faut, dans une musique totalement maîtrisée, énergique, émouvante, puissante et belle. Belle, tout simplement.
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Freaks, par Patrice Delatouche

Avec une force puisée dans leur aisance, ils peuvent tout jouer, et s’en amusent. Ils ont assimilé le jazz classique, la musique romantique, le free, le rock et la musique contemporaine. Ils ressortent des bouts à leur sauce, des parodies pour rire et des émotions pour nous faire vibrer. Survoltés, ils se donnent à fond et c’est vraiment des concerts cadeaux.
On est preneur, merci !
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Mats Gustafsson, par Christophe Esnault

En after, à 22 h 30 à Vitez, un Lapon étonnant, passé quand même par Chicago et beaucoup de groupes de jazz et de rock, Mats Gustafsson. En acoustique, il commence lentement une danse étrange avec cet énorme instrument qu’est le saxo baryton. Des claquements, des halètements, des contorsions pour que son souffle fasse jaillir des notes. Mais pour être efficace, c’est tout le corps qui est en jeu. Pendant trois quart d’heure, sa prestation très physique lui fait évoquer la neige, les glaciers qui fondent, le bruit du silence quand on glisse sur la poudreuse. Il bouche son saxo avec la cuisse pour étouffer le son, il hurle sur l’anche. Et fait passer quelque chose de rude, à l’image de son pays d’origine. Mais de profondément authentique.
Un intermède au slide saxo nous fait découvrir cet instrument, qui possède un réglet coulissant pour faire la note. Mais là encore, il faut beaucoup de souffle pour que la note soit belle.
Un magnifique bis a terminé le concert sur une musique plus apaisée. Avec une technique de respiration impressionnante, il a soufflé sans discontinuer dans son baryton, créant un son d’abeille qui butine au premier soleil. Enthousiasmant. BC

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“Jazz or jazz”, vendredi 15 avril, le programme du jour

– 12 h 30, hall du Théâtre, Tremplin “Jazz or Jazz : Steak Jazz
– 20 h, salle Touchard : Jan Garbarek group invite Trilok Gurtu
– 20 h 30, salle Barrault : Eve Rissert et le White Desert Orchestra
– 22 h 30, salle Vitez : Jozef Dumoulin (Fender Rhodes solo), en “after”

D’AUTRES PHOTOS DU 13, LE PROGRAMME DU 16

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Les Pompiers (ci-dessus, MLB ; ci-dessous PD)
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Théo Ceccaldi et Freaks (ci-dessus MLB ; ci-dessous CE)
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Mats Gustafsson (MLB)

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“Jazz or Jazz”, ça se passe demain, samedi 16 avril

12 h 30, hall du Théâtre, Tremplin “Jazz or jazz : Docteur Leny, Mister Saitham (Orléans / Duo)

Avec Matthias Leny (batterie) et Ynel Saitham (piano)

100 % Orléanais, le duo a été créé en 2012 par deux musiciens qui partagent la même quête d’une musique sauvage et largement improvisée. Piano et batterie se répondent à l’image d’un groupe de percussions, cherchant la danse, aménageant la transe, et parlant avec fougue et humour la langue sacrée de la musique…

14 h à 16 h, hall du Théâtre : signatures d’album, vente de livres jazz, animations…

20 h, salle Touchard : Rhoda Scott et son Lady Quartet, puis Lisa Simone, “My World”

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Lady Quartet, avec Sophie Alour (saxophones), Lisa Cat-Berro (saxophones), Rhoda Scott (orgue Hammond), Julie Saury (batterie)

Dans le milieu “viril” du jazz français, le Lady Quartet fait figure d’exception, étendard non prémédité d’une réjouissance musicale toute en fougue, dont s’extirpent des joyaux comme l’inventive Sophie Alour ou la talentueuse Lisa Cat-Berro, saxophoniste originaire de Châteauneuf-sur-Loire et, déjà bien connue des Orléanais. Live at the Sunset, album paru en 2008, atteste la complicité et la complémentarité qui unissent les quatre musiciennes, heureuse combinaison entre la grande tradition du jazz et l’actualité la plus contemporaine figurée par les trois jeunes musiciennes qui entourent Rhoda Scott.

Lisa Simone, avec Lisa Simone (chant), Hervé Samb (guitare), Reggie Washington (basse), Sonny Troupé (batterie).

A l’évidence, Lisa est la fille de… Pour transformer deux lettres d’un prénom en identité singulière, il lui aura fallu faire ses armes, attendre la reconnaissance, temporiser, éprouver les années, et patienter pour sortir son premier album personnel, All is well (Tout va bien). Une confidence sur groove intemporel et mots choisis servie par une voix sans limite, enracinée en terre afro-américaine. My World, son deuxième album, lui a permis d’explorer d’autres facettes de sa personnalité, sans se poser de limites, avec une présence scénique et une sensualité incroyable.

20 h 30, salle Barrault : Alexandra Grimal, puis l’Orchestre National de Jazz

“Kanku”, avec Alexandra Grimal (saxophone ténor et voix), Sylvain Daniel (basse électrique), Éric Echampard (batterie)

Alexandra Grimal, saxophoniste et compositrice en résidence à la Scène nationale d’Orléans, nous donnera, en création, son trio kankū. Cette création bénéficie du soutien de l’Orchestre National de Jazz dont elle est membre. Voir ci-dessous la première partie de l’interview qu’Alexandra Grimal nous a accordée.
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Orchestre national de Jazz, “Europa Berlin”, avec Olivier Benoit (composition, arrangements, guitare), Jean Dousteyssier (clarinettes), Alexandra Grimal (saxophone ténor ), Hugues Mayot (saxophone alto), Fabrice Martinez (trompette), Fidel Fourneyron (trombone), Théo Ceccaldi (violon), Sophie Agnel (piano), Paul Brousseau (claviers), Sylvain Daniel (basse électrique), Éric Echampard (batterie)

À la tête de l’Orchestre National de Jazz, Olivier Benoit a entrepris un tour de capitales européennes. Après Paris et avant Rome, il est passé par Berlin, ville animée d’une vitalité unique au monde pour son activité artistique, dans sa liberté retrouvée et un grand désir d’échanges. Dans Europa Berlin, le compositeur nous donne la pleine mesure de son talent, dans un savant alliage d’univers musicaux, entre musique contemporaine et minimaliste, jazz, rock et électro.

22 h 30, salle Vitez : Luis Lopez (guitare solo), en “after”

Luis Lopes est un enfant terrible du blues. Dans les improvisations qu’il développe, il puise sans complexe dans les racines du jazz et du rock. Aussi bien dans son travail de compositions pour ses groupes Humanization Quartet ou Lisbon Berlin Trio que dans son travail de pure improvisation, il se joue des figures imposées par un subtil dosage de maîtrise et de malice.

23 h, hall du Théâtre : Bal swing avec The Magic Shookheads

Avec Pierre Bayse (saxophone, clarinette), Corentin Lehembre (trompette), Samuel Khalfoune (trombone), Joseph Vu Van (banjo ténor, guitare ténor), Arnaud Gauchia (washboard, chant), Fernando Morrison (contrebasse)

Réunis en 2005 par une passion commune pour le jazz du début du siècle, les membres du groupe The Magic Shookheads se sont depuis distingués dans d’innombrables concerts, dispersant sans réserve, leur contagieux enthousiasme. Ces six musiciens originaires de Montpellier et Perpignan font revivre le répertoire des génies du siècle dernier tels que Duke Ellington, Jelly Roll Morton, Bix Beiderbecke et bien d’autres.
Venez passer un moment convivial et vous essayer à quelques pas de danse avec des danseurs de rock acrobatique. C’est samedi, tout est permis !

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Et aussi, et toujours

“Quand j’entends le mot jazz, je sors… mes pinceaux !”
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A l’occasion du festival “Jazz or jazz”, du 13 au 17 avril 2016, ô jazz ! et les Artistes Orléanais poursuivent un partenariat engagé en 2013 lors de “Place au Jazz”. Sur l’invitation de la Scène nationale d’Orléans, ils ont proposé à plusieurs artistes orléanais, inspirés par la musique en général et le jazz en particulier, de créer des œuvres à l’occasion de l’événement.

Avec Alain Chesneau, Sylvie Desmoulin, Jean Dubrana, Marc Le Coultre, Bernard Mérigault, Christian Vassort (œuvre ci-dessus : Variation pour flûte et tubas), Cédrick Vannier. Exposition visible sur la Galerie du Théâtre d’Orléans.

“Artistes”

Clarinettiste, compositeur, Louis Sclavis a été initié très tôt à la photographie par son père. Une passion illustrée aujourd’hui par l’exposition “Artistes” présentant trente portraits en noir et blanc et un en couleur. Un voyage photographique réalisé en Europe, au États-Unis, en Afrique et au Japon avec des musiciens, des danseurs et des circassiens.

Galerie du Théâtre d’Orléans.

“Carrément Jazz”
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Fidèle compagnon de route de l’association ô jazz !, Christophe Esnault s’est depuis plusieurs années fait un nom dans la photographie de jazz. Ses portraits de musiciens, cadrés au plus près, tentent ici de saisir la relation privilégiée que ceux-ci entretiennent avec leurs instruments (photo ci-dessus : Kyle Eastwood). Des instruments-objets devenus “sujets” à part entière…

En salle Le Kid du Théâtre d’Orléans. Une édition spéciale reproduisant l’ensemble de ces photographies est édité par ô jazz ! et disponible durant le festival.

“Caf’éphémère”

C’est la petite restauration de bon goût et les petits coups pour grandes soifs concoctés et proposés midi et soir au Café du Théâtre – mais pas seulement – par Mister G et son compère Guillaume.

Salle Touchard 35€, salle Barrault 20€, salle Vitez 10€
Tarif pass (4 concerts minimum) : Touchard 20€, Barrault 17€, Vitez 5€
Tarif réduit : Touchard 25€, Barrault 16€, Vitez 5€

jazzorjazz.fr