Sur le plateau de la salle Vitez, ils ont amené leurs partitions et, pendant une semaine, à raison d’une dizaine d’heures par jour, ils mettent au point le prochain opus produit par o’jazz !
kimono32

Le pianiste Roberto Negro et son ancien trio devenu quartet avec la présence du saxophoniste Christophe Monniot est entré en création comme on rentre en religion. Et l’image n’est pas forcée, tant le travail est intense et parfois austère. Ce projet, contracté avec ô jazz ! il y a quelques mois, part de l’idée de sonates.

“Christophe avait écrit une sonate, alors je me suis dis que j’allais faire pareil” explique Roberto. Mais Christophe module : “La pièce que j’ai écrite, «  Pour une nouvelle terre », contient bien trois parties qui forment un mouvement, mais n’a pas vraiment la forme sonate !”

Quoi qu’il en soit, en début de semaine, ils ont commencé à travailler la pièce de Roberto, « Monoski », “plutôt une suite en quatre mouvements”. Le nez dans la partition. Mesure par mesure. Reprise. Essai. Quelques notes.“ Oui, ça donne ça.”
Quelques notes à nouveau, Stéphane Decolly mène le jeu à la basse. “Bon, on verra. On reprend avant le 5/4.” Adrien Chennebault accompagne d’un léger frottement d’une paille sur les cymbales. Travail intense, ingrat pour l’auditeur. Le son, le ton n’est pas encore là. Ils élaborent au niveau global, reprennent sans arrêt des moments difficiles à mettre en place. On se dit que, parfois, musicien c’est vraiment un travail de forçat !

Et puis soudain, une phrase au saxo modulée par Christophe rappelle que tout ce travail va nous entraîner en fin de compte vers le plaisir d’une musique en place, pleine d’émotion et de sens, dans un épanouissement jubilatoire. Vivement les concerts, vivement l’enregistrement, vivement la sortie du cd, dans un an tout juste… BC

roberto