Martin Dine revient au pays pour promouvoir son deuxième cd, “Copperfield”. Du jazz consensuel composé par un jeune homme curieux de tout et soucieux de plaire au plus grand nombre.dinesite

Martin “Joey” Dine est un enfant du pays. Son père, luthier à Baule, et sa mère dans l’enseignement, lui ont toujours fait confiance. Il a fait des études à Orléans. Scolaires, qu’il a arrêtées en seconde pour se consacrer aux études musicales. Trois professeurs se sont remplacés et ont beaucoup compté pour lui, Laurent Desmurs, Jean-Christophe Briant et Thomas Popovic.

Désormais étudiant à Amsterdam
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Et il a commencé à jouer un peu partout où il pouvait, et bien sûr a été remarqué. Son impressionnante agilité au clavier en a bluffé plus d’un. On l’a vu Place au Jazz Bourgogne en 2007, à 15 ans, on l’a entendu en juin 2012 à la Médiathèque, notamment dans une reprise de “So What” absolument incroyable, très lente et pourtant totalement pleine, jouant avec les accords et les silences. Et puis avec son quintet aux Samedis du jazz en octobre 2014.
Mais il étudie toujours, à Amsterdam maintenant. Il est en quatrième année de Bachelor à l’AHK, le conservatoire d’Amsterdam. Non seulement ces études lui plaisent, mais il rencontre des jeunes musiciens du monde entier, qui comme lui fréquentent assidûment les multiples lieux de jazz de la ville. Ils discutent, ils écoutent toutes les musiques du monde, et ils jouent aussi ensemble. Martin intériorise tout cela qui vient nourrir ses sources d’inspiration et enrichir la musique qu’il a dans la tête.

Un deuxième album très ambitieux

Après un premier cd enregistré en 2012, “Wario”, dont nous avions rendu compte, il voulait un second opus pour continuer sur la lancée. Et petit à petit, un très gros projet s’est monté, aboutissant à “Copperfield”, qui sort en ce moment. Un quintet de base, celui entendu à Orléans, avec Rodolphe Lauretta (alto / tenor saxophone), Gael Petrina (bass, contrebasse, effects), Tim Campanella (drums) et Othello Ravez (didgeridoos), auquel se joignent sur certains morceaux Nicolo Ricci (tenor saxophone) et Alexis Kasinos (guitare). Le jazz est léger, varié, d’inspiration diverse mais reste assez “conventionnel”. Des rythmes divers, parfois latinos, parfois free, parfois new orleans, parfois rag. Mais toujours identifiables. Martin insiste sur l’importance pour lui du consensus. Il cherche le public le plus large possible, avec un aspect universel pour une musique recourant à des styles populaires.

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Aux Samedis du Jazz en 2014 (photo Christophe Esnault)

La vie devant lui

Et c’est peut être dans cet esprit qu’il a enregistré le premier morceau, “The Mysterious Side of Amsterdam”, avec un quasi orchestre et des arrangements à la Disney. Le reste du cd est manifestement du jazz, mais ce premier morceau, qui a dû demander un travail considérable, dénote un peu. Réminiscence enfantine ? Possible de la part d’un jeune homme qui se cherche. Intéressé par les idées, les philosophes, les courants de pensée actuels, on le sent à la fois fragile et provocateur. Mais musicien jusqu’au bout des doigts. Grand admirateur d’Ibrahim Maalouf et de Stromae, il a besoin de repères forts pour se diriger. Mais il a encore toute la vie devant lui pour se réaliser. Et quand on entend ses soli et la façon de diriger ses compagnons, on se dit qu’il a d’énormes atouts pour aller loin. BC

Copperfield, coproduit par “Jazzement-Vôtre”, est, pour l’heure, seulement disponible sur Bandcamp, à l’écoute et à l’achat à partir de 12,57 €. Le lien, ici.

L’album sera disponible en sortie digitale sous peu ; toutes les infos sur la suite du projet à retrouver sur le facebook de Martin.