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PJ5, par Patrice Delatouche

Deuxième groupe bénéficiant du dispositif Jazz Migration, PJ5 a inauguré la soirée de ce jeudi. Paul Jarret à la guitare a doucement fait entrer le public, par une intro à la fois intimiste et expressive, dans sa formation étonnante dans le jazz, la section rythmique (Alexandre Perrot à la contrebasse et Ariel Tessier à la batterie) étant complétée par un saxo, Maxence Ravelomanantsoa et un trombone, Léo Pellet. L’équilibre entre les deux cuivres, le timbre feutré, presque lointain, du trombone installent une épaisseur très séduisante, et donnent au groupe un son absolument particulier. Les compos du leader ont tout du jazz classique mais se développent dans une inventivité très moderne. Oui, le jazz est bien vivant, en voilà une preuve évidente.
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Paul Jarret, par Christophe Esnault

20 heures, salle Touchard. Il est des concerts qui, chargés en émotion, en arrivent à gommer les imperfections vocales et musicales sur la scène. Ce fut le cas hier soir, pour le second concert “grand public” du festival.
Calypso Rose, accompagnée par une formation de six musiciens et deux choristes, présentait son dernier album, “Far from home”, produit et coloré par Manu Chao.
La salle comble, chauffée par les rythmes tropicaux de Trinidad et Tobago, fait une ovation chaleureuse à la reine du Calypso, arrivant sur scène guidée par son manager, aux petits soins.
Affichant avec bonheur et humour ses presque 77 ans, Calypso rose alterne chansons et dialogues avec le public, témoignant de son engagement social et de son féminisme légendaire, notamment quand elle interpelle les femmes du public, leur demandant “de ne jamais épouser un homme comme Donald Trump”. Succès garanti !
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Calypso Rose et ses choristes, “shootées” par Patrice Delatouche
La même, par Christophe Esnault

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Pendant ce temps, la salle Barrault se voyait investie par une étrange équipe, momies attendant l’heure. Des enfants d’archéologues cherchaient à démêler les mémoires. Cette troupe perdue dans la forêt tropicale (admirable travail du contrebassiste Bruno Chevillon) passait par un Japon ancestral (bravo Théo Ceccaldi au chant et violon, et Atsushi Sakaï au violoncelle). Mais le plus important n’est pas l’espace, c’est le temps. Donc l’enfance… Sur un texte d’Antoine Cegarra, Alexandra Grimal a composé cet étrange space-opéra. Aidée par Line Cassiers à l’électronique et à la voix, par Sylvaine Hélary aux flutes et Sylvain Lemêtre aux percussions, elle plonge cette troupe de gamins dans des cavernes pour y chercher des signes, des mythes… Ces aventuriers de la musique perdue, tous magnifiques musiciens, enchantent par leur talent, même si on attend plus de jeu collectif. La “Vapeur au dessus du riz”, malgré sa brillance chatoyante, reste un brin opaque…

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La vapeur au dessus du riz, création d’Alexandra Grimal.
Photo ci-dessus, C. Esnault, ci-dessous P. Delatouche

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Kimono, concert de sortie d’album, photo P. Delatouche

Et puis Kimono est entré en scène, salle Vitez. Un kimono chauffé à blanc, énergique au possible, qui a joué la musique du cd produit par ô jazz !, Musique de chambre avec basse électrique. En premier la sonate signée Christophe Monniot, également saxo, “Pour une nouvelle terre”. Un hymne à l’énergie qui traverse toute création musicale, avec de nombreux clins d’œil. Les oiseaux, Messian, du rock, de la joie, de l’écrit et de l’impro… Emballant. Puis la sonate écrite par Roberto Negro, également pianiste, “Pour un monoski”. Moins aérien, plus floconneux, mais tout aussi puissant. Adrien Chennebault à la batterie et Stéphane Decolly à la basse ont beaucoup donné pour que tout cela décolle dans une énergie communicative. Et ça a marché, pardon, glissé, volé, enfin, ça l’a fait, quoi…
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Roberto Negro par C. Esnault

Superbe deuxième journée de festival. Jazz or jazz est vraiment en train d’installer pleinement sa légitimité ! Et la suite est pleine de promesses. AM/BC

Du 19 au 22 avril, le programme au jour le jour
Le site du festival

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D’autres photos de Christophe Esnault sur son “Jazzbook”