Jazz or jazz, vendredi 21 avril, Théâtre d’Orléans. Encore du beau, du bon, de la musique pour tous, dans la pure tradition ou regardant vers le futur.

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Photos ci-dessus, Christophe Esnault
Ci-dessous, Patrice Delatouche

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Il y a eu le fameux concert dans la piscine de La Source, l’an dernier, qui plaçait la barre très haut pour cette année. Le hall de la Scène Nationale, qui accueille une fois par mois les Samedis de jazz, semblait un lieu moins étonnant. Et pourtant la musique, surgie de nulle part, est venue chercher le public pour le mener vers des coins inhabituels. Le quatuor Machaut adore chercher des résonances inhabituelles, des effets sonores créés par le lieu où il se produit. Les quatre saxos se sont donc déplacés pour jouer leur messe, emmenant même le public dehors, sous la salle Barrault dans un dernier morceau très proche de Steve Reich. Quentin Biardeau, Francis Lecointe, Simon Couratier et Gabriel Lemaire continuent d’explorer cette étrange musique venue d’ailleurs et tentent de la replacer dans des ailleurs déroutants. Leur musique est toujours aussi prenante ! Il est donc normal qu’ils soient lauréats du dispositif Jazz Migration.

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Photo Christophe Esnault

Il était programmé au Campo Santo il y a deux ans, quand le festival n’a pas eu lieu. Le voilà donc cette année sur la scène de la salle Touchard. Gregory Porter a fait le plein d’un public conquis d’avance. Il faut dire qu’il sait charmer la foule. Voix chaude, grave, bien placée, musiciens excellents, répertoire bien rodé de ballades et de chansons plus rythmées où il sait chauffer la salle. Les thèmes restent un peu dans la bonne conscience teintée de religion, Top of the hill ou Take me to the alley sonnent comme des exhortations de prédicateur. Ancré dans la soul des années 70, on a l’impression que rien ne s’est passé depuis. Mais il a du coffre, et en vrai crooner, il sait en jouer. Ce n’est pas pour rien qu’il a gagné deux Grammy Award. Une bonne heure et demie de concert qui n’a pas déçu son public.
Rappelons qu’un autre musicien, pour d’autres raisons, n’a pas pu jouer l’an dernier : Ian Garbarek. Il n’est pas programmé cette année. Alors l’an prochain ?
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Photo Christophe Esnault

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Photo Marie-Line Bonneau

Et pour clore cette troisième soirée de festival, l’Orchestre National de Jazz (ONJ) s’est installé salle Barrault. Olivier Benoit poursuit son tour d’Europe. Cette année, c’est Oslo qui a inspiré ses compositions, et il a invité la chanteuse Maria Laura Baccarini pour interpréter des textes de Hans Petter Blad, un poête d’Oslo. On retrouve le son ONJ, avec pour pivot la batterie d’Eric Echampard. Des moments de réflexion, des moments de petites formations au sein de la grande, des moments collectifs émouvants où la tension monte et où l’orchestre prend sa véritable dimension. Ils sont douze, ils sont excellents et ils construisent une musique prenante et forte, pleine, vraie (à retrouver sur l’album “Oslo”, qui sort le 28 avril). Ils nous racontent des villes et on y croit. Le cycle malheureusement va se terminer, puisque l’ONJ se renouvelle régulièrement.
Un grand moment du festival 2017. BC
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Photo Christophe Esnault

Jazz or jazz, le programme au jour le jour / Le site du festival

D’AUTRES PHOTOS DU 21 AVRIL, CI-CONTRE :

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Photos ci-dessus, Patrice Delatouche
Photos ci-dessous Christophe Esnault. D’autres photos sur son “Jazzbook”

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