Un programmation éclectique, qui n’oublie ni l’exigence artistique, ni le nécessaire aspect festif d’un festival (même étymologie) ; le plein de spectateurs pour nombre de concerts, avec une fréquentation en hausse ; une ambiance décontractée et des spectateurs heureux… Le second Jazz or jazz (19 au 22 avril au Théâtre d’Orléans) est un succès, conclu sur une “folle journée” qui s’est prolongée tard dans la nuit !
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Tremplin Jazz or jazz 2017.
De gauche à droite : le jury, les lauréats (Enez),
Omer Jazz et Open Trio. Photo Christophe Esnault
Ci-dessous, les vainqueurs, le groupe tourangeau Enez. Photo Marie-Line Bonneau

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Le tremplin jazz régional organisé par ô jazz ! dans le cadre de Jazz or Jazz a rassemblé cette année trois groupes régionaux, deux orléanais, Omer Jazz et Open Jazz trio, et un groupe tourangeau, Enez.
C’est ce quartet qui a inauguré l’après-midi avec un jazz poétique, très mélodique, des moments intimes et délicats, et des éclats, des jaillissements d’énergie et de rythme. Les quatre membres, tous issus de Jazz à Tours, ont placé d’emblée la barre très haut.
Le quintet Omer Jazz a pris le relais, lançant son funk entraînant. On l’avait déjà entendu, sur Place au jazz notamment. Désormais le leader, le bassiste Omer Yehouessi, chante. Sa voix a tendance a brider les autres instrumentistes. Dommage, ils sont tous excellents.
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Tremplin Jazz or jazz. 300 spectateurs dans le hall du Théâtre
à la découverte des jeunes talents jazz du Centre-Val de Loire.
Photo M-L Bonneau

Et puis un groupe de très (très) jeunes musiciens a pris le relais, dans un répertoire très méditerranéen, sans doute sous l’influence de leur professeur au Conservatoire Guillaume Dettmar. Des morceaux enthousiasmants, une très belle rigueur musicale et un son déjà affirmé, qui ne demande qu’à mûrir.

Le jury, Stéphane Kochoyan, programmateur du festival, Pascal Anquetil, critique à Jazz Magazine et ancien directeur du Centre d’information du jazz, Bertrand Renaudin, batteur, et Renaud Baillet, programmateur du Petit faucheux à Tours, ont loué les trois groupes et choisi Enez. Bravo à Romain Noël (piano), Benjamin François (batterie), Clément Desbordes (saxophone) et Olivier Maignan (contrebasse). Le public orléanais les ré-entendra à l’Evêché en juin (le mercredi 21) avant un accueil au Sunset à Paris puis à Jazz à Vienne en 2018.

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Watchdog. Photo Patrice Delatouche

A 18 h 30, Watchdog, le quatrième groupe bénéficiant du dispositif Jazz Migration, a investi la salle Vitez. Des sons très électriques ou électroniques, ils le revendiquent, mais pas seulement. Le vrai watchdog, la sentinelle, ce sont les deux musiciens, Anne Quillier au piano et au Moog, et Pierre Horckmans aux clarinettes. Paradoxe qui fait tout l’intérêt, toute la beauté de cette musique. La touche sur les claviers, la voix, le souffle dans les clarinettes apportent un lyrisme tout à fait émouvant. Les machines donnent de la profondeur à ces mélodies bien construites, une consistance, une épaisseur qui fait le son du duo. Une magnifique expérience évocatrice d’images, une musique au fond très savante dans un enrobage qui paraît très simple. Longue vie à Watchdog.

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Yuri Buenaventura par C. Esnault.

Et puis à 20 heures, Yuri Buenaventura, un Colombien adopté par la France, a pris possession de la scène du grand théâtre quasiment plein. Il a parlé de la salsa, a présenté les percussions qui viennent d’Afrique, a expliqué pourquoi le jazz a peu de tambours, puisque les Anglo-saxons les interdisaient. Et puis les instruments qui viennent d’Espagne, de la musique “classique”, le piano, les cuivres. Et la machine s’est mise en route. Une pêche d’enfer, desservie par des sonorisateurs qui confondent enthousiasme, fête et puissance sonore. C’était parfois intenable, au point de faire quitter la salle à quelques spectateurs soucieux de leur intégrité auditive ! Messieurs les maîtres du son, et si on arrêtait l’escalade ?

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Bireli Lagrène sous l’objectif de C. Esnault
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Photo P. Delatouche

A la même heure ou presque, en salle Vitez, Bireli Lagrène et son Acoustic Quartet lançaient leur show devant un public qui n’allait pas tarder à être totalement conquis.
En début de set, quelques morceaux un peu mous, un rien “mécaniques”, le temps de se mettre en jambes (et en doigts !). Puis la chaleur est montée au fur et à mesure que les quatre s’emparaient de la scène : à la contrebasse William Brunard, superbement présent, aux saxos Franck Wolf, sourire aux lèvres du plaisir manifeste de jouer, et à la guitare rythmique Hono Vinterstein, en parfaire connivence avec un Biréli Lagrène virtuose. Mention spéciale pour les envolées magnifiques des saxos de Franck Wolf, transcendant l’aspect toujours un peu “plan-plan” du tempo manouche.
Au final, quatre rappels chauds bouillants, une salle debout qui ne veut plus les laisser partir. Un régal !

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Photo P. Delatouche

Et puis le hall du Théatre s’est mis à ressembler à un énorme dance-floor. Roberto Burgos a d’abord lancé quelques musiques enregistrées, puis Ruben Paz et ses musiciens ont pris le relais. Salsa, danses des caraïbes et afro-cubaines, le public très nombreux a dansé jusqu’au bout de la nuit.

Cette deuxième édition de Jazz or jazz s’est éteinte dans la sueur des derniers danseurs. Une très bonne édition. Le public était au rendez-vous, un véritable public de festival qui allait, venait, osait des découvertes, restait sur place pour ne rien manquer.
Jazz or jazz s’installe vraiment à la Scène Nationale. Et c’est tant mieux ! MB/BC

D’AUTRES PHOTOS, POUR LA ROUTE !

Les trois groupes du Tremplin, Enez, Omer Jazz et Open Trio.
Photos Christophe Esnault. D’autres photos sur son “Jazzbook”

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Y a bon, mojito ! Mention spéciale au Café du Théâtre, qui a bien assuré !
Photo P. Delatouche

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Watchdog. C. Esnault
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Yuri Buenaventura. P. Delatouche
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