Pour cette dernière soirée au jardin, le trombone a été le roi. Deux dans Groov’bones, puis une véritable légende de l’instrument avec Fred Wesley. Plusieurs styles, mais une même ferveur. La profonde émotion de son souffle a régné sur l’Evêché pour clore ce crû 2017 dansant et apprécié du public.

Dans l’après midi, Gérard Bedu avait concocté une très belle animation. Une fanfare – enfin, petite, vus les budgets (mais la qualité remplaçait la quantité) –, s’est promenée en ville. Bla Bla jazz, spécialement créée pour l’occasion, est venue chercher le public hors le jardin. Place du Martroi puis dans les grands axes de la ville, la formation a profité du samedi après-midi pour capter l’attention. On se souvint alors du temps béni ou le festival de jazz avait deux ou trois scènes en ville…
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Photo Christophe Esnault.
D’autres photos sur son “Jazzbook”

Et puis à 19 h, les Groov’bones sont montés sur la grande scène. Deux trombones ! Déjà que les formations avec un seul trombone deviennent rares, mais là, deux ! Et des bons. On connaît Stéphane Montigny (l’un des leaders de Méloblast, dont le premier album a été produit par ô jazz ! en 2015). Avec en plus Thomas Henning, son double en énergie. Et le guitariste Lucien Zerrad, entre Santana et le son garage. Et le bassiste Thierry Fanfant, et le batteur Latabi Diouani. Alors là, on buvait du petit lait, et le public aussi. Une heure de pur plaisir passée avec eux, avec ces riffs de guitare bruts et chauds qu’on n’entend plus souvent, cette basse frappée comme un tambour mélodieux, ces délires de trombone qui prennent au tripes. Quel savoir-faire ! Quel évidence dans ce son plein d’histoire et en même temps toujours renouvelé. Merci les Bones pour ce divin groove d’enfer.
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Photos ci-dessus et dessous, Patrice Delatouche
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Et puis sont revenus les facétieux de Bla Bla Jazz. Dans la caravane toujours aussi mal placée, ils nous ont joué un tour du monde en cinquante huit minutes. Menés par l’histrion Hugo Zermati, les musiciens (N. Larmignat, D. Sevestre, V. Chabot, C. Boudesocque, T. James), aguerris à ce genre de prestation, ont rondement rempli leur rôle. Distance, humour et dérision demandent un très grand savoir-faire. Mission accomplie.
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Et puis très vite, Fred Wesley et les New JB’s se sont installés devant une pelouse pleine à craquer. Et leur funk a lancé plus d’une heure de big band super au point. La musique balance mais reste dans une espace vital bien délimité. James Brown bien sûr planait sur cette formation. Le public s’est engouffré, a ondulé, suivant les soli magnifiques de ces musiciens typiquement américains. Ils font le job, ils assurent avec un brio remarquable, mais les vrais moments de décollage sont finalement assez brefs. Il n’en reste pas moins qu’une légende était sur scène, et que Wesley à lui tout seul vaut le déplacement. Son trombone fait bien sûr maintenant partie de l’histoire du jazz. Le public plus nombreux que jamais le savait et n’a pas été déçu, les frissons qui parcouraient la foule en témoignaient.
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Dédicaces sur le stand d’ô jazz ! (photo PD)

A une autre échelle, les Pompiers ont pris la relève. Dans la caravane, ils ont fait retentir leur jazz éclectique qu’on avait déjà entendu il y a un an, lors du tremplin Jazz or Jazz 2016. Ces Tourangeaux très doués poursuivent leur chemin avec humour et inventivité ; et là aussi, le trombone d’Alexis Persigan a embrasé l’ambiance, que ses collègues se sont bien gardés d’éteindre.
N’est pas pompier qui veut ! BC

Retour en images sur ces quatre jours à l’Evêché au fil de l’été.

D’AUTRES PHOTOS DU 24 JUIN, ICI :
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Photo PD
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Photo Patrick Nauroy
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Photo PD
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Photos ci-dessus et ci-dessous CE
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