Le temps est à la grisaille mais la scène du jazz blésois a eu la bonne idée de nous illuminer cet hiver de voix célestes… Après Sarah McKensie en décembre, c’est Cécile McLorin Salvant qui a irradié de sa grâce la programmation All That Jazz, ce 11 janvier aux Lobis à Blois. Et le public fidèle au jazz vocal a eu le privilège d’assister à un concert riche en émotions musicales. 
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Cécile McLorin Salvant sait magnifier les grandes divas du XXe, telles Sarah Vaughan ou Bessie Smith, mais aussi, dans un français parfait, reprendre de grandes chansons populaires comme “Si j’étais blanche” (clin d’œil) de Joséphine Baker ou “Est-ce ainsi que les Hommes vivent” de Léo Ferré sur les paroles d’Aragon.

Le répertoire est inspiré et emprunte à tous les styles, sans frustration ni nécessité “pour cette jeune et grande voix d’emprunter d’autres sentiers”, comme Jazz magazine (n° 699 d’octobre 2017) l’y invite dans son guide suite à la sortie de son dernier album.

Accompagnée d’excellents complices musiciens comme Aaron Diehl au piano, Paul Sivikie à la contrebasse et Lawrence Leathers à la batterie, on peut parler de mise en scène tant cette nouvelle diva sait être expressive avec même une touche d’humour, sans jamais se départir d’un certain romantisme qui donne à son jazz la Note Bleue des grands ancêtres. 

Sa simplicité naturelle dans ses rapports avec le public n’occulte pas une forte personnalité, qui sait où elle va et est assurément appelée à un grand avenir dans le monde du jazz qui ne s’embarrasse pas d’œillères. 

Écoutez sans plus tarder son dernier double album (CD et Vinyle) Dreams and Daggers, paru chez Mack Avenue Records et enregistré au Village Vanguard et au DiMenna Center à New-York (voir également “Dans les bacs”). DB