Le Jazz Meeting Trio était au Théâtre d’Orléans samedi après-midi 13 janvier. 400 spectateurs sous le charme ont gouté la subtilité de ce jazz “savant”, riche de multiples références tout en restant parfaitement accessible au public le plus large.
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Photos Patrice Delatouche / Voir également les vidéos d’Antoine Maestracci
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Jean-Jacques Ruhlmann est un habitué des Samedis du Jazz, déjà invité à deux reprises avec ses trio et quintet, mais également présent par le truchement de ses anciens élèves au Conservatoire de Chartres : le très brillant saxophoniste Baptiste Herbin, le redoutable Gauthier Toux (pianiste lauréat avec son trio des tremplins Jazz or jazz, Jazz à La Défense et Jazz à Vienne en 2017-2018 !), sans oublier plus récemment (en octobre), le prodige de la guitare Anyoine Boyer, tous passés entre les mains expertes du saxophoniste, compositeur, chef d’orchestre et pédagogue.

Revoir JJ Ruhlmann aux “Samedis”, avec sa nouvelle formation, le Jazz Meeting Trio, allait donc de soi. Et l’on n’a pas été déçu !

Il faut être assez gonflé pour proposer un telle combinaison orchestrale en jazz, un trio sans batterie où l’assise rythmique repose tour à tour – ou ensemble – sur un violoncelle et une guitare, pas vraiment faits pour ça.

Réussite totale : avec ce “jazz de chambre” tout en délicatesse, mais dont l’apparente simplicité dissimule un très subtil travail d’écriture, le trio Ruhlmann-Grange-Cahours offre un panorama “des” jazz et de leurs influences européennes, se jouant des styles et des époques : il faut entendre cette composition centrale du programme où la guitare se fait luth, le violoncelle viole et ou le sax soprane sonne telle une cromorne de la Renaissance ; il faut goûter toutes les nuances, les chausses-trapes harmoniques et les développements improvisés parfaitement maîtrisés de cette reprise du “Nardis” de Miles Davis, qui s’échappe vers des horizons inconnus pour mieux revenir à son groove originel.

Entre compositions originales signées des trois membres du groupe et standards revisités (ah, l’étonnant “Manha de carnaval” – popularisé par l’Orfeu Negro de Marcel Camus en 1959), cette prestation a laissé le public ravi et pantois. Un public qui en a redemandé – et obtenu – et qui en aurait bien repris encore ! JLD
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Prochain Samedi du Jazz le 10 février à 15 heures au Théâtre, avec le jazz funk du quintet Omer Pulse. On change de registre !