“Larmes blanches“ est un roman de Hari Kunzru publié chez JC Lattès. Où comment l’Amérique blanche et raciste s’est approprié – plus qu’elle n’a intégré – la culture musicale noire.

Carter et Seth, le narrateur de “Larmes blanches”, jeunes gens d’une vingtaine d’années, appartiennent à deux mondes opposés : Carter est issu d’une riche famille américaine et Seth est sans le sou, timide et maladroit, mais ils partagent une passion commune, la musique.
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À leur sortie de l’université, les deux amis s’installent à New-York où bientôt Seth, par hasard, va enregistrer à Washington Square un chanteur de blues totalement inconnu. Carter, enthousiasmé par la mélodie, la publie sur l’internet, créant un “fake” plus vrai que nature : un blues qui aurait été chanté dans les années 20 par un certain Charlie Shaw.

Et ce qui n’était qu’une plaisanterie va se métamorphoser en cauchemar. Les amateurs s’enthousiasment, jusqu’au troublant coup de téléphone d’un vieux collectionneur qui affirme que Charlie Shaw a réellement existé.
Suite à une agression violente de Carter, laissé pour mort, Seth comprend que la diffusion de cette chanson sur le web est la raison de cette violence. Il décide donc d’enquêter. En plongeant dans le sud profond et en remontant le temps, il découvre cette Amérique ségrégationniste qui a donné naissance au blues. Meurtres, tabassages, mensonges tissent la trame d’une vengeance.

Dans cette descente aux enfers cauchemardesque, on se perd un peu entre réalité et paranormalité et entre les personnages eux-mêmes. Mais les deux derniers chapitres nous libèrent de ce cauchemar en nous révélant les secrets peu avouables de la famille de Carter, dont on apprendra que la fortune s’est nourrie de la misère des noirs.
Un roman qui est aussi l’occasion de revenir sur la manière dont l’Amérique blanche s’est, sans états d’âme, approprié la culture noire, et un nouveau prétexte pour revisiter le sud des Etats-Unis, berceau du blues. DD

De père cachemiri et de mère anglaise, Hari Kunzru vit à New-York. Il est l’auteur de cinq romans dont le premier, “l’Illusionniste”, prix Somerset Maughan, lui a valu une reconnaissance internationale. Il vit à New-York.