Il était le père de Quentin, saxophoniste du Tricollectif (Walabix, Machaut, Trio à lunettes, Bobun Fever…), lui-même peintre et affichiste, ancien professeur de sérigraphie aux “Beaux-Arts” et familier de la Galerie de Michel Dubois, le Garage. Jean-Marie Biardeau est mort ce week-end. A sa femme Nicole et à ses enfants, Rozen et Quentin, toute l’équipe d’ô jazz ! adresse ses amitiés sincères.
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Jean-Marie Biardeau, au centre (entre Stéphane Kochoyan et Michel Dubois), lors du vernissage de l’exposition de son ami le peintre (et batteur de jazz) Daniel Humair (à gauche sur la photo), le 24 avril au Théâtre d’Orléans. JM Biardeau avait assuré la mise en espace et l’accrochage de cette exposition présentée en ouverture du festival Jazz or jazz 2018. (Photo Patrice Delatouche).

Nous publions ci-dessous l’article que lui consacre Jean-Dominique Burtin
sur Mag’Centre.

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Jean-Marie Biardeau, peintre et sérigraphe orléanais, n’est plus

Par Jean-Dominique Burtin - Mag’Centre - 22 août

Jean-Marie Biardeau qui s’est éteint sereinement dans la nuit de dimanche 19 à lundi 20 août à l’issue d’une longue maladie qu’il affronta avec un immense courage et une discrétion souriante, était un homme passionné, gourmand et gourmet de la vie.

Il avait le verbe fort accompagnant ses coups de cœur, et le verbe doux accompagnant son attention toujours précieuse et délicate envers les êtres. Professeur de sérigraphie à l’école des Beaux-Arts d’Orléans, ce peintre et cet affichiste fut fidèle aux créations de la compagnie orléanaise La Tortue Magique et créa avec son ami Michel Dubois l’association Tant et Temps qui est à l’origine d’une collection d’œuvres d’artistes contemporains, dont celles de Michel Quarez et de Daniel Humair, réalisées dans l’entreprise Dubois Imageries. Toutes, qui ont scintillé aux cimaises de salons internationaux, figurent à présent, par bonheur et en belle place désirée, à l’Atelier Musée de l’Imprimerie de Malesherbes fondé par Monsieur Jean-Paul Maury et son épouse.
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Des témoignages chaleureux et émus

François Juszezak, marionnettiste et créateur avec Annie Korach de la compagnie La Tortue Magique : “Jean-Marie est la première personne que nous avons rencontrée à Orléans. C’était un grand artiste qui possédait un immense talent et nous avons monté avec lui une quinzaine de spectacles dont, le premier, “Meringue Melodies”, dans les années 80, avec ses décors et sur une musique de Sylvain Kassap. Artistiquement, Jean-Marie était magnifiquement imprévisible, sans concession, et se donnait à fond. J’ai beaucoup appris avec lui car il avait tous les codes, ceux de l’histoire de l’art comme ceux de la religion. Depuis deux jours nous revivons tous les moments partagés avec ce véritable ami qui, avec Nicole, sans cesse présente, nous ont toujours soutenus dans nos galères. Lorsque nous nous sommes rencontrés, Jean-Marie aimait jouer du trombone à pistons dans la rue et moi je jouais de la clarinette. Avec Alain Papet et Augusto Clown nous avons tout naturellement décidé de monter en 1981 une fanfare qui s’appelait “L’éléphantfarfelu”! Et puis Jean-Marie était élégant et me prêtait, oui monsieur, des costumes pour mes rendez-vous. Aujourd’hui encore, nous avions des projets et je ne pouvais me priver de lui demander conseil”.
Michel Dubois, galeriste et sérigraphe orléanais : “Pour moi, peintre en lettres, il m’a appris la sérigraphie, il a été mon maître. J’éprouve un vide immense et indicible. Avec lui tout était toujours une grande joie. Je garde des moments précieux et inoubliables, jusqu’à ses derniers sourires”.

Un homme généreux et de grande culture

Homme d’une grande culture, passionné de musique et à l’enthousiasme contagieux né le 9 mai 1947, homme curieux et amoureux de toutes les audaces novatrices et des photographies de son épouse, Nicole, il n’avait de cesse de se précipiter pour assister aux concerts donnés par son fils, le saxophoniste de jazz Quentin Biardeau, membre de la belle tribu musicale qu’est aujourd’hui le Tricollectif. Magnifiques furent aussi les textes de Maïakovski dits par sa fille Rozen lors de Rencontres Artistiques de Musique Improvisée d’Orléans.
Gérard Poitou, autre ami proche, journaliste, producteur audiovisuel qui fut aussi enseignant à l’école des Beaux-Arts d’Orléans apporte son témoignage : “Nicole et lui étaient tellement accueillants. Chez eux, la porte était toujours ouverte. Il y avait toujours plein d’amis de passage et le grand plaisir de Jean-Marie était de concocter un petit plat tout en conversant, portant sur le monde un regard d’une sincérité sans compromis. Jean-Marie était de ceux qui ne se cachaient pas. Il était expert autant en encre qu’en sauce. Sa curiosité intellectuelle était illimitée. Elle s’ouvrait tout autant à l’art contemporain qu’à l’art médiéval dont il lisait les écrits en vieux français. Lors de notre dernière rencontre, il m’invita à lire Le Roman de Fauvel, pamphlet politique du XIVe siècle où il est dit que l’argent est devenu le roi de la société. Nous nous étions promis d’en reparler “.
Admiratif et respectueux de tout ce qui était en train de poindre, Jean-Marie Biardeau, dont les obsèques auront lieu lundi à Orléans, était un homme généreux empli d’humour et de simplicité. Cette présence rieuse et aimée manque désormais à beaucoup.

Jean-Marie Biardeau sera inhumé lundi 27 août à 15 heures au Grand Cimetière d’Orléans