Créé en 98, cet ensemble a pour but de mettre en valeur la musique de son temps. D’aujourd’hui plus précisément. Et de rassembler le plus de talents possibles, musiciens, compositeurs, plasticiens. Chacun y amène sa pierre, et le cairn s’élève ainsi, œuvre d’art sans cesse augmentée.
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En résidence cette année à la Scène Nationale, l’ensemble Cairn consacre trois soirées à célébrer cet anniversaire. Et montre au public, dans une joyeuse diversité, les facettes de ses approches musicales. Mercredi, salle Vitez, Caroline Cren a ouvert ces Soirées singulières par un Portrait singulier : celui de son piano. Avec cinq petites pièces de compositeurs amis, elle a tapé, frôlé, tripoté, joué avec son instrument, prouvant qu’il est autant mélodique que rythmique. Pièces chatoyantes ou radicales, le déroulement était assez captivant !

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Et puis Sylvain Lemètre à la percu et Raphaël Thierry à la table lumineuse ont proposé une demi heure absolument étonnante. Raphaël dessinait dans le sable et la table était rétro-projetée. Grand travail autour du visage, de la silhouette qui se fait et se défait, du masque, primitif ou pas. Comme la percu qui a toujours des côtés sauvages ! Une exercice d’une grande exigence, totalement réussi.
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Puis le public est allé salle Barrault pour un concert de chambre, de toute petite chambre, d’ailleurs! Confidentielle, cette Petite Obscurité ! Flûte, clarinette guitare, alto et violoncelle nous ont mené de Bach – admirable travail autour de l’Offrande Musicale –, à une création, La Lettre, de Colin Roche. Où les instruments finissent emballés. Dans cette hyper contemporanéité, il y a un peu de recherche pure mais aussi beaucoup de très beaux moments partagés avec les musiciens qui s’amusent bien à pratiquer leur art dans l’intelligence et la malice.

Jeudi soir…

Jeudi soir, la soirée a commencé sur la scène de la salle Barrault avec un Dialogue singulier très très calme. Le (petit) public assis sur des chaises autour des quatre musiciens, dont deux du Tricollectif, faisait un peu penser à une secte heureusement sans idéologie. L’auditeur, moins chercheur que les gens de l’art, lutte contre une frustration. Cette musique a minima n’entraîne pas, ne raconte que l’étouffement. Dommage.

Pendant la deuxième partie, salle Vitez, un comédien disait un texte intéressant écrit par Sylvain Coher, monologue d’un chômeur pendant ses insomnies. Trois musiciens de Cairn (clarinette, guitare et violoncelle) ponctuaient le récit sur des partitions diverses. De très beaux moments, (notamment une brillante envolée de guitare électrique sortie de Steve Reich, peut être) un travail exemplaire de l’ensemble Cairn pour défendre l’expression diverse de l’art contemporain.

Ce soir, vendredi, la dernière soirée fera appel à la musique, bien sûr, à la danse et à la photographie. Bon anniversaire et longue vie à l’ensemble Cairn. BC