Il est à l’origine du sixième cd édité par ô jazz !, D’un océan à l’autre, qui sortira début avril. Le saxophoniste chartrain Jean-Jacques Ruhlmann nous parle de sa démarche avec le trio Palacio et évoque, discret et serein, la richesse de sa vie de musicien, son attachement au Sud, source de l’inspiration du disque.
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“D’un océan à l’autre” est le premier cd du trio Palacio. Sortie orléanaise le mardi 9 avril en ouverture du festival Jazz or jazz au Théâtre. Dans les bacs à partir du 12 avril. On peut souscrire dès aujourd’hui (voir en fin d’article)

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“À Madrid, flâner sous le soleil autour du « Palacio de cristal » est une aventure… L’oreille saisit des bribes de phrases, d’appels, de chants et de cris dans toutes les langues, soli flottants au-dessus d’un bourdonnement lointain et chaud…” C’est dans ces termes, gravés sur la pochette du cd, que s’inscrit le trio Palacio, et donc Jean Jacques Ruhlmann, qui signe dix des douze titres.

L’Espagne, la Méditerranée, son histoire personnelle, intime. “Mais aussi des voyages, des rencontres avec des musiciens, et puis cette langue…”, confie Jean Jacques. Et bien sûr le flamenco, “une musique très élaborée que j’admire beaucoup. Elle possède quelque chose d’universel, et puis un cri, ce que l’on retrouve dans le blues, aussi.” Et de citer Paco de Lucia et son complice John McLaughlin…

Jean-Jacques n’oublie pas ses références de musiques plus classiques, “Le Sacre du Printemps, ou le concerto d’Aranjuez, des morceaux où l’âme est à nu !” Ou le travail de ses amis, François Couturier par exemple, qui développe “une musique très travaillée, intimiste, qui me touche beaucoup.” Et de se souvenir d’un morceau qu’ils ont joué ensemble à Orléans, Bela, une ode à Bartok composée par François.

C’est tout ce bagage qu’il amène avec lui dans Palacio. “Une gestation d’une dizaine d’années, de partage avec Olivier Cahours dans Jazz Meeting, et les retrouvailles avec Alain Grange”. Un homme de la Méditerranée lui aussi, musicien classique mais pas que… Et Olivier et sa guitare, instrument qui porte en lui l’histoire de la musique espagnole. Une grande cohérence entre eux, donc. Quant à l’amitié, il n’en parle même pas, tant elle est évidente.

Jean-Jacques a travaillé d’autres types de musiques, le klezmer par exemple à la clarinette. “Mais pas question d’en insérer dans Palacio. On entend trop souvent en ce moment du klezmer traité un peu à toutes les sauces.” D’ailleurs sur “D’un océan à l’autre”, il ne joue que du saxo soprane.
“Toute musique porte en elle son histoire. Dans le flamenco, on entend le monde méditerranéen et le monde arabe. Et même si on reprend des thèmes brésiliens, on les traite à travers ce point de vue.”

Dans cette inspiration très forte, le trio Palacio se veut un pont entre tous les courants, entre les continents. Un jazz de chambre, une passerelle qui rassemble les forces, qui va chercher beaucoup de références, les assimile et les digère par un énorme travail, bien sûr oublié au moment où la musique se joue pour devenir immédiate.
BC / Photos Christophe Esnault

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