Belle ouverture mardi soir : un grand moment de musique lumineuse avec Palacio, de musique jouissive avec Vincent Peirani et son « chamber rock music orchestra », comme il dit, puis de musique envoutante des mille et une nuits avec Dhafer Youssef. Et de formidables photos de Jean-Pierre Leloir. Le public est au rendez-vous de ce festival qui entame sa quatrième session.
precc81sentation-pd
Stéphane Kochoyan et Jean-Louis Derenne présentent Palacio
et son cd “D’un océan à l’autre”, en ouverture du festival (photo Patrice Delatouche)

Le festival 2019 s’est ouvert sur un concert de sortie de disque, celui de Palacio édité par ô jazz ! Jean Jacques Ruhlmann au saxo soprane, Olivier Cahours à la guitare et Alain Grange au violoncelle ont présenté en salle Vitez le répertoire du cd “D’un océan à l’autre”. On en a déjà parlé ici, mais comment résister à ces thèmes très hispanisant magnifiquement interprétés par le trio totalement en phase. La sept cordes d’Olivier, guitare beaucoup jouée au Brésil et en Russie, donne la couleur, le violoncelle d’Alain l’inscrit dans une élégance de musique de chambre et le saxo de Jean-Jacques la tire vers un expressionisme délicat. Un beau moment de musique évocatrice, tendre et ensoleillée.
trio-pd
Photo Patrice Delatouche

LA SUITE EN CLIQUANT CI-CONTRE :

Et puis à 20 h, salle Touchard, Vincent Peirani et son accordéon, Emile Parisien et son saxo ténor, Tony Paeleman et son Fender Rhodes, Julien Herné et sa basse et Yoann Serra et sa batterie se sont installés sur la grande scène de la salle Touchard. Le « Bang bang » de Sonny and Cher a parfaitement fait décoller la soirée. Ils savent y faire, ils lancent quelques notes, comme ça, l’air de rien, l’accordéon les répète, le Fender lui répond et montre ses accords, Peirani les reprend, les relance puisque ça marche, la batterie les rythme, la basse les enjolive, et puisqu’ils sont tous d’accord, le ton monte, le saxo ténor leur conte fleurette avec une faconde touchante et l’émotion monte encore d’un cran, et puisqu’on est tous à l’unisson alors ça va plus haut, plus dense, plus fort, et ça se parle dans tous les sens et l’accordéon, le saxo, peu importe, ils y sont, dans cette intensité de la musique, dans cet harmonie des sons qui éclate dans une plénitude irrésistible. Ils savent y faire pour faire monter le plaisir, ces enfants de hippies qui ont quitté la marginalité pour jouer au grand jour leur musique jouissive. On en aurait voulu toute la nuit, mais festival oblige, le temps était compté.
peirani-pd
Photo Patrice Delatouche

Vers 10 heures, Dhafer Youssef et ses trois acolytes entrèrent en scène. Ce fils de muezzin tunisien a « dévoyé » le chant religieux, comme les chanteurs.euses de gospel qui sont passé.e.s au blues. Sa voix incroyable, véritable appel à la musique, est relayée par son jeu à l’oud électrifié. Son acolyte et alter ego à la basse et au synthé installe une atmosphère presque planante nous faisant voyager dans le pays des mille et une nuits. Mais quand la batterie entre dans la danse et fige le rythme, le voyage fait un peu du sur-place. L’excellent saxophoniste a du mal à s’imposer car le maître ne lui laisse pas beaucoup de place. Reste l’exotisme et la qualité de chaque intervenant, sans que Dhafer ait totalement convaincu ! BC

L’ALBUM PHOTO DE CHRISTOPHE ESNAULT (d’autres photos à retrouver sur son “Jazzbook”
jjruhlmanncahoursgrangeparisien1peirani1youssef

La suite du programme de Jazz or jazz (9 au 13 avril au Théâtre d’Orléans) est sur www.jazzorjazz.fr
Réservations 02 38 62 75 30