Comme souvent, les jeunes de Jazz migration remportent la mise ce mercredi 10 avril. Dommage qu’il n’y ait eu que cinquante auditeurs. Les neuf cents de la salle Touchard ont pu danser sur des rythmes des mondes lusitanien et cubain. De qualité, mais bon… Le jazz reste un peu frustré !
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La chanteuse Lura sous l’objectif de Christophe Esnault

A midi, Pierre-Henri Ardonceau nous a raconté l’histoire d’Aretha Franklin. Mais comme il est Pierre-Henri Ardonceau, cette histoire était beaucoup plus large que son sujet. Intéressant, documenté, transmis avec une émotion compassionnelle, une « conférence » hors normes…

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House of Echo, par Patrice Delatouche

A 18 heures, le groupe House of Echo a investi la salle Vitez. Lauréat du dispositif Jazz Migration, comme tous les concerts de Vitez pendant le festival, ces musiciens installent une ambiance « fantasy » avec des sons de machines et petit à petit rentrent dans le vif du sujet. Le pianiste Enzo Carniel, compositeur de certains morceaux, la guitare et les machines de Marc-Antoine Perrio, qui en a composé d’autres, la contrebasse de Simon Tailleu qui fait un travail considérable et la batterie d’Ariel Tessier nous entraînent dans un jazz intimiste et profond extrêmement intéressant. Le mélange de machine et de jeu réel, qui double sans se recouvrir une alliance de jazz intellectuel de recherche et de musique très physique, nous fait vibrer, penser, nous émeut et nous berce. Un groupe à suivre, de toute évidence.

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Photo Patrice Delatouche

A 20 heures, Lura s’est emparée de la salle Touchard pleine à craquer. Elle vient du Cap Vert, pourtant née à Lisbonne. Entourée de musiciens au top, Joao Fonseca à la guitare, Rody Cereyon à la basse et Tuur Moens à la batterie, Lura chante et danse comme pas deux. Elle sait faire chanter la salle et danser neuf cents personnes, elle sait faire monter des gens sur la scène pour danser. Elle fait le job, elle le fait bien, et ses musiciens aussi, tous excellents. Mais même si elle chante l’île de Gorée, on est quand même loin des champs de cotons, on est loin du blues, on est loin de Billie Holiday, sublimement saisie par Jean-Pierre Leloir en 58 à Orly, avec une boucle d’oreille art nègre qui met en abîme le jazz lui même ! Erreur de casting ?

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Photo Patrice Delatouche

A 22 heures, Roberto Fonseca entame son funk mâtiné Cuba. Cuba et le jazz ont toujours eu une histoire complexe de séduction et de mise à distance. Roberto est loin maintenant du Buena Vista Social Club, mais il reste Cubain. Et jazzman. Ses deux musiciens, Ruly Herrera à la batterie, extraordinaire de précision et de virtuosité, et Yandy Martinez à la (contre)basse, sont époustouflants. Et Roberto aussi, qui enchaîne les morceaux avec volubilité au piano. De très beaux moments… Pas la peine de faire danser le public, Roberto, en vrai cubain, flirte toujours avec lui. Et ça marche à chaque coup.

A la sortie de la soiré, le public de jazz se disait que Jazz or jazz propose des musiques d’origines géographiques diverses de très grande qualité, mais qu’on est quand même dans un festival de jazz. Or ce soir, on aurait pu en douter un peu… BC

L’ALBUM PHOTO DE CHRISTOPHE ESNAULT (d’autres photos à retrouver sur son “Jazzbook”
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La suite du programme de Jazz or jazz (9 au 13 avril au Théâtre d’Orléans) est sur www.jazzorjazz.fr / Réservations 02 38 62 75 30