Dans un festival de jazz, aujourd’hui, on peut parfois trouver du jazz. C’était le cas hier au Jardin. Et vous savez quoi ? C’était bien !

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Beau temps pour flémarder sur la pelouse et beau jazz sur toutes les scènes : profond et authentique, intimiste et émouvant, ou plus “racoleur” mais tellement séduisant, il y en a eu pour tous les goûts. Mais toujours de très belle qualité.

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En plein soleil place du Martroi puis plus à l’ombre place de la République, Kiff Kiff, quartet de rue, a retenu deux fois les chalands samedi après midi. Ils jouent bien, et même si leur matériel est au plus réduit, leur jazz se déploie avec ferveur. Un petit air de la Nouvelle Orléans, comme on se l’imagine en tout cas. Bravo les musiciens de rue qui jouent comme des musiciens de concert !

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Pour débuter la soirée de l’Evêché, un jazz magnifique s’est installé et a captivé très rapidement le public : Alula, un quintet plus une chanteuse congolaise, a commencé son groove qui va chercher à plusieurs sources pour trouver sa remarquable énergie. Swala Emati a une voix magnifique dont elle se sert sans esbroufe, mais avec une émotion prenante, les deux saxos savent monter en intensité et en puissance, la rythmique est toujours efficace sans prendre le dessus. Des bruits d’oiseaux appuient le propos dans certaines compos planantes qui évoquent des coins préservés du monde. C’est intense, toujours tenu, harmonieux, plein d’émotion et d’énergie. Une première heure absolument enthousiasmante.

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Un jazz de petite formation a tout de suite enchaîné dans la caravane. Benoit Lavollée au vibraphone et marimba, Stéphane Montigny au trombone basse et David Georgelet à la batterie. Les trois Orléanais, rassemblés sous le nom d’Akagera, se sont lancés dans de magnifiques mélodies que Stéphane a l’art de moduler à souhait pour les rendre plus touchantes, et que Benoit cisèle sur ses lames évocatrices. David rassemble le tout et permet à la musique de passer d’une énergie folle à une douceur chaleureuse, ou vice versa. Trois musiciens hors pair pour un moment hors du commun. Un cd va suivre très vite.

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Et sans transition, un jazz plus corsé est sorti de la basse de Fred Pallem et de ses acolytes du Sacre du Tympan, qui ont commencé leur cinéma. Avec des clichés qui font mouche, parce que tout est tellement en place, tellement bien fait ! La ligne de cuivre vous pète au tympan, la guitare prend des riffs langoureux de belle de Harlem, la rythmique ne perd pas une seconde pour pimenter l’image. Marvin Gaye, James Brown et bien d’autres grands ont créé des musiques ou des chansons pour les films de la blaxploitation. Fred Pallem reprend cette veine avec deux chanteurs, Dom Farkas d’abord puis Hugh Coltman. On se croit dans les studios de la Stax ou de la Motown. Ca vous prend aux tripes, et le rythme fait le reste. Les deux chanteurs ensemble ont vraiment fini en apothéose avec un “Money Money Money” absolument décoiffant.
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Et un jazz plus français a clôturé la soirée. Un jazz avec les deux accordéons de la paire Laudat-Ferrand, la batterie de David Georgelet, la guitare d’Eric Eichwald et la contrebasse de Laurent Fradelizi pour des airs de musette qui viennent mâtiner le swing. Là aussi c’est chaud et chaleureux.

Une belle journée, avec un vrai parfum de festival de jazz. Ca fait du bien.

Texte Bernard Cassat, photos Patrice Delatouche et Marie-Line Bonneau, commentaires (à la marge) et mise en ligne Jean-Louis Derenne. Un chaleureux merci à tous, levés tôt et couchés tard pour alimenter ce site…

Bilan complet de Jazz à l’Evêché à retrouver sur www.orleans-metropole.fr.