Tetrak attaque !
On les avait sentis un peu tendus lors du Tremplin d’Orléans’Jazz, en avril, et le résultat n’avait guère rendu justice à ce qu’ils sont aujourd’hui devenus : l’une des formations jazz les plus éminemment sympathiques de la scène orléanaise, douée du don de plaire (ce qui n’est pas un mot grossier).

Car les “Tetrak”, formation tout droit issue du Conservatoire d’Orléans il y a déjà quelques années, ne se sont pas contentés d’intégrer récemment la solide rythmique du batteur tout-terrain Bertrand Hurault. Le groupe plutôt atypique (quatre saxophones et une batterie, donc) n’a également cessé de progresser, pour atteindre une cohésion, une qualité et une maîtrise remarquables.
Hier au Théâtre, lors des 8e “Samedis du Jazz” (ô jazz ! et Scène Nationale), le résultat n’a pas tardé : très vite conquis, le public - et la chose n’est pas si fréquente dans ce temple culturel - s’est rapidement lâché, comme un “vrai” public jazz (ce qu’il n’est qu’à moitié, car c’est aussi le succès de la formule que d’attirer au-delà du cercle des amateurs “répertoriés”).
Au final, un groupe qui se fait plaisir, trois cents personnes ravies, un rappel, des applaudissement nourris et l’occasion, outre des compositions originales, d’entendre des - déjà - classiques intelligemment revisités, de Charlie Mingus à Chris Potter, en passant par Carla Bley ou Dave Holland.
Il faisait soleil sur le Théâtre hier à Orléans, dehors et dedans !
Dans un mois on remet ça : les derniers “Samedis” de la saison, après le quartet devenu quintet, accueillent un quintet devenu sextet, la formation de Jean-Christophe Briant, aujourd’hui renforcée de la voix de Sonia Cat-Berro (15 mai, 17 heures, Théâtre, entrée libre)
Quant aux cinq de Tetrak (Simon Couratier, Marc Béguin, Sébastien Joubert, Lidwine Deslangle, Bertrand Hurault), ils vont pas mal tourner ce printemps/été. On les entendra notamment à Jazz’in Cheverny début juin. Guettez notre rubrique “agenda”, toutes les dates y seront. (Photos Céline Bachelet)
Plus de photos ici.

On va finir par se ranger à l'avis d'Avishaï Cohen (le contrebassiste) qui déclarait lors du dernier “Jazz sous les Pommiers”, que la scène jazz mondiale compte aujourd'hui deux places majeures, New York et… Israël !
Pas un trimestre, en effet, où l'on ne découvre un nouveau talent et où l'on ne s'étonne chaque fois de la maîtrise et de l'originalité des jeunes musiciens israéliens. Hier, c'était le pianiste Shaï Maestro que l'on saluait dans ces colonnes ; aujourd'hui c'est au tour d'Omer Avital, un contrebassiste qui a fait ses classes auprès de Wynton Marsalis, Brad Meldhau et Kenny Garrett, et qui n'aura bientôt plus rien à envier à son aîné, le déjà nommé Avihai : même sens le la mélodie, inventivité rythmique, plaisir de jouer qui transpire à chaque note. Suite of the East, son récent album en quintet, propose un jazz qui connaît ses classiques tout en sachant intelligemment y intégrer les influences moyen-orientales. Une musique qui a et qui donne la pêche, qui fait du bien, tout simplement. JLD (Naive)
Le “phénomène” Trombone Shorty aura eu au moins deux mérites : rappeler à nos oreilles parfois paresseuses que le style new orleans, toujours bien vivant, ne se réduit pas aux morceaux de bravoure d'un Louis Armstrong, et que le trombone est un instrument majeur, injustement négligé au profit du saxophone, de la trompette ou du bugle.
C'est donc l'esprit favorablement ouvert que l'on accueille le Bone machine de Daniel Zimmermann, un disque de tromboniste qui a composé spécifiquement pour cet instrument et, devrait-on dire, ces instruments, puisqu'il a réuni sur certaines plage pas moins de quatre trombones !
Vous savez quoi ? Le résultat est réjouissant, enthousiasmant même, tant le timbre de ce magnifique cuivre fait vibrer au plus profond de nous des cordes que l'on n'imaginait pas si sensibles.
Bone machine est un hommage à son “outil de travail” par un musicien jusqu'alors plus souvent sideman que leader, au sein de formations admirables : Le Sacre du tympan, l'ONJ de F Tortiller, le Pandemonium de F. Janneau et quelques autres du même tonneau.
En quartet ou en septet, les huit compositions originales de l'album déclinent toute la palette et de l'instrument et du compositeur, en une suite de moments très “funky”, énergiques, joyeux, sensibles et toujours superbement orchestrés. Parfois, ça sonne même comme un big-band, et ce n'est pas un défaut ! JLD (Gaya Music)



FREDRIKA STAHL (jazz pop). Dernier concert de la saison pour le club blésois qui a concocté une programmation 2013-2014 où l'on retrouvera Richard Bona, Electro Deluxe, Fred Weskey et beaucoup d'autres. On en reparle très vite.
F. Stahl c'est à 21 heures. All That Jazz, à Blois. Infos détaillées sur
JACKY TERRASSON (Concert du pianiste de jazz franco-américain autour de son dernier album : Gouache). A 20 heures, dans la cour du château de Chambord (Loir-et-Cher), dans le cadre du 
avril 25th, 2010 at 22:1
Merci pour ce concert, merci également pour cet article très joliment écrit. Ce fut un réel moment de plaisir pour nous. En espérant retrouver un public aussi chaleureux et attentif lors de nos prochains concerts.
Les TETRAK.
avril 26th, 2010 at 7:1
Ce fut un plaisir !
JLD