Plein Jazz à New York ! (1)
“New York est toujours le centre du jazz. C’est comme si les musiciens évoluaient quand ils vont à New York. Ils deviennent meilleurs – ou pires !
J’aime tout dans la vie à New York – tout sauf la police.
C’est le seul truc emmerdant.”
Thelonius Monk, interviewé au début des années soixante par Les Tomkins
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Balade jazzistique à “Grinitche”…
Textes et photos Jean-Louis Derenne

A l’angle de la 52e rue et de la 8e avenue, un portrait de Miles sur une affiche pour la série “American Revolutionaries” (en juillet sur Ovation, TV), clin d’œil involontaire à la vocation “jazz” de cette rue autrefois mythique…
Il y a beau temps que la 52e à New York, celle qu’on appelait “The Street” (LA rue), mythique écosystème du jazz et des gangsters, n’est plus. Les clubs où les futurs rois du be bop enchaînaient parfois jusqu’à cinq sets par soir avant d’aller se finir ailleurs au whiskey et autres poudres non délivrées en épicerie ont cédé la place à des boutiques, des banques et des hôtels.
Pas une trace de ces endroits étroits et enfumés qui virent des générations de zazous à l’américaine s’éclater insouciants : le dernier a fermé en 1968…
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Greenwich, qu’on prononcera “grinitche” et non “grinewitche”,
de peur de passer pour un plouc.
Non, le cœur battant du jazz à New-York, là où pulse le “beat”, c’est aujourd’hui Greenwich, qu’on prononcera “grinitche” et non “grinewitche”, de peur de passer pour un plouc.
Et Harlem ? dira-t-on. Oui… mais non ! Nous y reviendrons.
Allons donc au “Village”, puisque tel est bien l’endroit où s’épanouit aujourd’hui la musique que nous sommes quelques-uns à aimer…

Washington square, la “porte” de Greenwich. On baigne déjà dans la musique…
On entrera dans Greenwich Village (“The Village”), à l’Ouest de Broadway, par Washington Square, au sud de la 5e avenue (6e rue).
Après avoir traversé ce mini-parc urbain où les mamans promènent leurs enfants, les étudiants leurs petites amies et les joueurs d’échecs leurs rêves de victoire, on file au fond à droite du parc, pour déboucher sur Mac Dougal Street, que l’on enfile plein sud.
On y est déjà, et la multitude de bars et petits restaurants, les visages croisés sur les trottoirs, les petites maisons qui tranchent avec les buildings à deux blocks de là disent qu’en effet on a changé d’air, et un peu d’ère, aussi…

Mc Dougal Street. On a changé d’air, de rythme, d’architecture, de “mood”. La nuit sera longue et agitée…
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Greenwich : un mélange assumé des genres et une décontraction implacable… et imparable !
Première halte, puisqu’on est tout proche : à l’angle de la 3e rue, c’est The Groove, le bien nommé. Dans ce bar à musique qui fait aussi restaurant (disons, pour être plus juste, qu’on y sert aussi à manger), du Rythm’n Blues, du vrai, et non cet avatar qu’on éructe aujourd’hui “Arèn’bi”, pollution radiophonique et télévisuelle qui contribue à décérébrer un peu plus une génération qui n’en avait pas vraiment besoin.

Au Groove, du Rythm’n Blues mais aussi de la soul, du blues, du rock, du funk… sept jours sur sept !
Pour le prix d’un verre ou d’une salade Caesar, on y écoute la meilleure musique, les musiciens travaillant, comme dans beaucoup d’autres endroits ailleurs, “au chapeau”. Le Groove, pour tout dire, est comme un résumé de la vie à Greenwich : un mélange assumé des genres et une décontraction implacable… et imparable !
C’est par-dessus une sono de bar qui continuait de cracher son heavy metal qu’on y vit, un soir vers 19 heures, le groupe de soul prévu plus tard sur scène y faire sa balance…

Il faut poursuivre quelques dizaines de mètre pour atteindre Bleeker Street, la colonne vertébrale de Greenwich, LA rue qui distribue tout.
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“A l’heure de l’apéro, comme aurait pu le dire Boris, c’est le bon “coinstot”…
Prenons-là à droite, on ira voir à gauche plus tard. Quelques pas, et l’on a déjà traversé The Avenue of the Americas, on est à l’angle de Carmine Street et, devant soi, on avise la terrasse du Greenwich Village Bistro.
Ici, on entendit un soir un pianiste handicapé qui faisait des prouesses avec sa seule main droite… pour découvrir un peu plus tard que, s’il ne jouait que de cette main (habile !), c’est que le piano du bar était muet sur toutes les octaves graves, donc à gauche ! Pas de quoi arrêter le pèlerin, et encore moins le musicien new-yorkais, qui sait que l’important dans cette ville est de jouer, jouer, et jouer encore… y être toujours, en être le plus possible !
Au Greenwich Bistro, on boit un bon pinot griggio, on y mange pas si mal, on goûte l’expo en cours, on écoute de la musique (et souvent de la très bonne, jouée par des étudiants en jazz de la Julliard school, où par une bande de “cadjuns” tout droit sortis du bayou et envoyant un blues qui déchire)… A l’heure de l’apéro, comme aurait pu le dire Boris, c’est le bon “coinstot”…

Au Greenwich Village Bistro : musique, expositions, vin blanc et petites bouffes…
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxA suivre, lundi 12 juillet

On va finir par se ranger à l'avis d'Avishaï Cohen (le contrebassiste) qui déclarait lors du dernier “Jazz sous les Pommiers”, que la scène jazz mondiale compte aujourd'hui deux places majeures, New York et… Israël !
Pas un trimestre, en effet, où l'on ne découvre un nouveau talent et où l'on ne s'étonne chaque fois de la maîtrise et de l'originalité des jeunes musiciens israéliens. Hier, c'était le pianiste Shaï Maestro que l'on saluait dans ces colonnes ; aujourd'hui c'est au tour d'Omer Avital, un contrebassiste qui a fait ses classes auprès de Wynton Marsalis, Brad Meldhau et Kenny Garrett, et qui n'aura bientôt plus rien à envier à son aîné, le déjà nommé Avihai : même sens le la mélodie, inventivité rythmique, plaisir de jouer qui transpire à chaque note. Suite of the East, son récent album en quintet, propose un jazz qui connaît ses classiques tout en sachant intelligemment y intégrer les influences moyen-orientales. Une musique qui a et qui donne la pêche, qui fait du bien, tout simplement. JLD (Naive)
Le “phénomène” Trombone Shorty aura eu au moins deux mérites : rappeler à nos oreilles parfois paresseuses que le style new orleans, toujours bien vivant, ne se réduit pas aux morceaux de bravoure d'un Louis Armstrong, et que le trombone est un instrument majeur, injustement négligé au profit du saxophone, de la trompette ou du bugle.
C'est donc l'esprit favorablement ouvert que l'on accueille le Bone machine de Daniel Zimmermann, un disque de tromboniste qui a composé spécifiquement pour cet instrument et, devrait-on dire, ces instruments, puisqu'il a réuni sur certaines plage pas moins de quatre trombones !
Vous savez quoi ? Le résultat est réjouissant, enthousiasmant même, tant le timbre de ce magnifique cuivre fait vibrer au plus profond de nous des cordes que l'on n'imaginait pas si sensibles.
Bone machine est un hommage à son “outil de travail” par un musicien jusqu'alors plus souvent sideman que leader, au sein de formations admirables : Le Sacre du tympan, l'ONJ de F Tortiller, le Pandemonium de F. Janneau et quelques autres du même tonneau.
En quartet ou en septet, les huit compositions originales de l'album déclinent toute la palette et de l'instrument et du compositeur, en une suite de moments très “funky”, énergiques, joyeux, sensibles et toujours superbement orchestrés. Parfois, ça sonne même comme un big-band, et ce n'est pas un défaut ! JLD (Gaya Music)



FREDRIKA STAHL (jazz pop). Dernier concert de la saison pour le club blésois qui a concocté une programmation 2013-2014 où l'on retrouvera Richard Bona, Electro Deluxe, Fred Weskey et beaucoup d'autres. On en reparle très vite.
F. Stahl c'est à 21 heures. All That Jazz, à Blois. Infos détaillées sur
JACKY TERRASSON (Concert du pianiste de jazz franco-américain autour de son dernier album : Gouache). A 20 heures, dans la cour du château de Chambord (Loir-et-Cher), dans le cadre du 
juillet 5th, 2010 at 11:1
wonderful man !
tes impressions de New York me grouillent dans le bide.
bravo Boss