“Je ne vois pas comment un artiste vivant à New York pourrait ressentir autre chose que de l’humilité, quand jour après jour on est tous témoins du plus haut niveau d’expression artistique du monde.”
Wayne Escoffery (saxophoniste - membre du Mingus Big Band)
in Jazz Inside, mars 2010

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Balade jazzistique à “Grinitche”, suite

Textes et photos Jean-Louis Derenne (sauf mention contraire)

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Dans Cornelia street, où s’égrènent les petits restos sympas, le Cornelia Street Café propose, en plus d’une cuisine honorable, des concerts d’excellente tenue

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A l’angle de Carmine Street, on a quitté le Greenwitch Village Bistro.
Et voilà qu’un de ces formidables déluges de printemps, une de ces moussons new-yorkaises dont la ville a le secret, s’abat sur nos épaules et nous laisse, en quelques minutes à peine, trempés jusqu’à l’os, suintants… et contents !
Mais d’où vient que ce qui, ailleurs, nous ferait maudire le ciel et les Cieux, nous laisse ici dans cet état de joyeuse hébétude ? C’est qu’on est à New-York, et qu’on serait bien capable d’ajouter quelques larmes de joie à ce torrent de pluie…

Continuons dans Bleeker… Dans Cornelia Street, à droite, quelques petits restos sympas, dont bien sûr le Cornelia Street Café, restaurant-concert qui programme d’excellentes formations : le saxophoniste Tony Malaby (qui vient de sortir un album avec Daniel Humair et Bruno Chevillon : “Pas de dense”) y a eu son rond de serviette durant une bonne partie du printemps dernier.

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N’oublions jamais que le “moins bon” new-yorkais serait en France souvent jugé très honorable…

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The Garage, bar resto, lieu de concert… où tous les artistes se produisent “au chapeau”, en d’autres termes “à votre bon cœur…”
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Revenus dans Bleeker, baladons nous le long des boutiques de disques (collectors, forcément) et autres, et remontons pour l’heure à droite le long de la 7e avenue jusqu’à Sheridan Square, à l’angle de Christopher Street.

Il y a là largement de quoi passer une soirée ou deux : d’abord à The Garage, un ancien garage reconverti en resto-bar-club, avec une cuisine fort convenable et de la musique à toute heure, à tous niveaux ! On y a entendu le meilleur (le trompettiste russe Valery Ponomarev à la tête d’un big band lorgnant du côté des Jazz Messengers – formation à laquelle il appartint lui-même quatre ans durant) et du moins bon : mais n’oublions jamais que le “moins bon” new-yorkais serait en France souvent jugé très honorable…

Faut-il redire que New York, en véritable Mecque, attire et retient la crème de la crème des jeunes musiciens en quête de connaissances et de reconnaissance ?

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Un jour où le sax prenait son chorus, on y vit la trompette partir consulter ses mails sur l’internet du bar…

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Arthur’s Tavern, atmosphère et décor d’un autre temps…
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De l’autre côté de l’Avenue, un club comme on n’en voit plus que dans les films des années 30 : The Arthur’s Tavern, étape indispensable !, avec sa chanteuse de blues rescapée de la Prohibition, son chanteur somnambulique, ses artistes habitués, non appointés, son atmosphère et sa déco d’un autre temps… et des moments de grâce, quand le guitariste maison et son compère le batteur d’origine coréenne sortent de leur torpeur comme pour prouver qu’ils appartiennent eux-aussi à la grande famille du jazz new yorkais…

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A deux pas, dans un sous-sol immense où, entre deux sets, les musiciens du jour (du soir), jouent au ping-pong ou au billard au milieu des buveurs de bière et des joueurs d’échec ou de dames (qui sont souvent les mêmes), on fait de la musique au milieu des clients, près du bar, ou dans une petite salle attenante (là c’est payant), selon l’humeur du jour et les exigences des musiciens. Ca s’appelle The Fat Cat et c’est très “hip” (malgré le côté un peu “destroy” – ou justement à cause de lui !). Un jour où le sax prenait son chorus, on y vit la trompette partir consulter ses mails sur l’internet du bar…

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Certains lundis, au 55 Bar, le guitariste Mike Stern vient faire le bœuf
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Puisqu’on est dans le coin, on peut pousser au 178 de la 7e avenue : The Village Vanguard, un club mythique, qui programme plutôt des artistes reconnus, et possède également, et depuis des lustres, son propre grand-orchestre.

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Le 55 Bar, une adresse incontournable, qui ne remonte pas – comme aurait pu dire Vialatte – “à la plus haute Antiquité”, mais à la Prohibition, ce qui n’est déjà pas si mal. Ici, Mike Stern dans ses œuvres… (photo DR)
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Mais prenons Christopher Street (même côté que celui par lequel on est venu).
Au 55, tout proche, The 55 Bar.

Le lundi, quand il est à New York, en hommage et par fidélité au lieu qui abrita ses débuts avant que Miles Davis ne le prenne parmi ses sidemen (au début des années 80), le guitariste Mike Stern vient y faire le bœuf.

Au 55, la jeune scène new-yorkaise prend ses aises et ses quartiers : connaissez-vous le saxophoniste Loren Stillman ? Vous devriez !

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Et toujours des musiciens de très bon niveau.
Et c’est un bar, un simple bar…

La Grosse Pomme* n’a pas fini de nous faire saliver…

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Trois heures du mat’, retour de club.
Et “l’Empire” qui brille comme un phare dans la nuit new-yorkaise…

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xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxA suivre, lundi 17 juillet

* Big Apple, surnom de New York