Plein Jazz à New York ! (3)
“Le truc génial à New York, c’est qu’il y a tellement de talent !
Si l’on veut trouver l’inspiration, tout ce que l’on a à faire c’est de sortir de chez soi. Mais c’est également un univers de compétition. C’est une bonne chose par certains côtés, car cela vous force à toujours être au “top” de votre jeu. Sauf que, parfois, des musiciens essaient tellement d’avoir du succès qu’ils en oublient de se concentrer sur leur musique.”
Chad Taylor, batteur – in Jazz Inside, février 2010
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
On finit notre tour du “Village”
Textes et photos Jean-Louis Derenne (sauf mention contraire)
On quitte à regret l’excellent 55 Bar, et, avant de redescendre vers Bleeker Street et Mac Dougal, on peut poursuivre à droite, en remontant Bleeker dans le sens où nous l’avions prise en arrivant. On tombera alors bientôt sur Arington Square et Hudson Street.

Le White Horse, la plus vieille taverne de New York, où plane l’esprit de Dylan…

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Le poète gallois Dylan Thomas est mort à 39 ans au bar du White Horse, d’avoir bu le whiskey de trop
Ici, comme en pèlerinage, on s’arrête au White Horse, (au 567 de la rue), la plus vieille taverne de New York, un lieu que fréquenta Dylan (Bob) dans les années 60, et où un autre Dylan, le poète gallois Dylan Thomas est mort au bar, à 39 ans, d’avoir bu le whiskey de trop. Un endroit que “Ti Jean” (Jack Kerouac, dont on vient enfin d’éditer the “original scroll” – l’original non révisé de “On the road”, tapé sur un long, très long rouleau de papier machine) – pouvait voir des fenêtres de sa chambre new-yorkaise, et où il prit lui-aussi de ces cuites mémorables qui allaient finir par le tuer. L’endroit est cool, les hamburgers bons et pas chers, la terrasse sympa et la bière est fabriquée maison !
Mais on a bientôt, repu et content, abandonné le White Horse, les fantômes de Dylan Thomas et de Jack Kerouac, et on redescend Bleeker jusqu’à Cornelia Street. On la prend à gauche et, arrivé à la 4e rue, on descend jusqu’à la 3e. C’est le mythique Blue Note, au 131, quelque chose comme les “Folies Bergères” du jazz, avec ses cars de touristes qui débarquent pour l’un des sets successifs (avec vidage de salle à chaque fois). C’est cher, c’est un peu toc, ce n’est pas très chaleureux, mais la musique y est au “top” : Charlie Haden, Rachelle Ferrell, Cassandra Wilson, John Scofield, Ron Carter, Chick Corea, McCoy Tyner… toujours le très haut du panier.

Le célébrissime Blue Note, un peu “club à touristes”, mais où se produisent les meilleurs… (photo DR)

Au Village Underground, c’est tous les jours la fête de la musique !
L’endroit le plus formidable est en juste face du Blue Note : The Village Underground, (130 de la 3e rue). Un immense sous-sol où se joue l’une des musiques les plus festives de NYC. Du blues, de la soul, du Rn’B, par des groupes souvent inconnus mais tellement “pêchus”. Et quand le mood est bon, ça finit en gigantesque bœuf, dans une ambiance échevelée…

On est repassé par Mac Dougal Street, la rue qui ne dort jamais…
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Le Zinc Bar, symbole malgré lui d’une désastreuse tendance : la fermeture ou l’exil de nombreuses institutions culturelles, victimes de loyers pharaoniques
Puisqu’on est dans la 3e rue, poursuivons-là en parallèle de Washington Square, traversons Mac Dougal et marchons jusqu’au numéro 82 : The Zinc Bar. Le club a récemment quitté ses locaux historiques sur Houston Street pour ce nouveau cadre, symbole malgré lui d’une désastreuse tendance : la fermeture ou l’exil de nombreuses institutions culturelles, victimes des loyers pharaoniques qui se pratiquent aujourd’hui dans la ville (et dans toutes les mégapoles du monde). Ainsi de la librairie française de New York, endroit unique et prestigieux, contrainte de fermer ses portes à l’automne 2009, après 74 ans de présence au Rockfeller Center ; sans parler du Virgin Megastore de Times Square, LE temple de la musique, liquidé lui-aussi en 2009 (année tragique !) pour laisser place à des locataires plus juteux. Pauvre petite planète, toujours plus vouée et dévoué à l’argent révéré, infortunés humains qui ont les dieux qu’ils peuvent…
Le Zinc est un lieu de musique dédié à la scène new-yorkaise montante, et où ça finit souvent en “Jam”. Un vrai club, tenu par de vrais amoureux du jazz, où se croisent pros et semi-pros, solistes et sidemen, et tous les jazz, avec une tendresse pour les rythmes latinos.

Du blues, du blues, du blues… au Terra Blues

Un coup de blues ? On redescendra jusqu’à Bleeker, à prendre cette fois dans l’autre sens, donc vers la gauche comme pour descendre sur Broadway. Au 149, le temple : le Terra Blues, bar et club, en rez-de-chaussée (plus “open”) et à l’étage, du blues et du blues, et ça joue, et ça sait jouer… plusieurs sets par soir.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Un tour par le Next Door, avant de quitter le “Village”…
Allez, on se refait un saut jusqu’à Mac Dougal Street avant de quitter définitivement le Village : à l’entresol du 129 (à deux pas de la 3e rue) s’est ouvert récemment le Next Door.
Plus discret encore que le Zinc Bar ancienne formule : une enseigne minuscule, à l’entrée d’un petit escalier. Un club de jazz qui fait bar à vins, plus “classe” que la moyenne, avec déco bois et pierre, serveurs en tenue, sièges et petites tables confortables, bougies et ambiance feutrée. Vu la taille de l’endroit, rien que de l’acoustique, et de préférence des trios. Et pas mal de programmes dédiés aux (désormais) classiques du jazz, be-bop et autour : Coltrane, Monk, Mingus…

On peut emmener sa blonde, au Next Door, c’est très comme il faut ! Ne cherchez pas la vedette, il y en a rarement. Mais avec les écoles et académies de jazz et la fascination qu’exerce NY sur les musiciens, ils sont tous bons !
C’est le vrai plaisir de la découverte : on pousse la porte, on boit un verre, on se laisse entraîner…
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxA suivre, lundi 26 juillet
Retrouvez nos chroniques précédentes en suivant ces liens
1. Balade jazzistique à “Grinitche”
(chronique du 05/07/2010)
2. Balade jazzistique à “Grinitche”, suite
(chronique du 12/07/2010)


Et “Taurorque” est à leur image, clin d'oeil ou pied de nez à la maladie qui, quatre ans durant, a tenu l'organiste loin des scènes et des studios.
FESTIVAL “AU SUD DU NORD”. Nouvelle édition d'un festival qui, au fil de 17 communes de l'Essonne (à moins de 80 kilomètres d'Orléans), déroule un programme plutôt éclectique où le jazz se taille la part du lion : Henri Texier, les frères Moutin (le 28), Trio Caratini/Fosset/Jean-Marie (le 29), Eric Le Lann (le 4), Franck Tortiller (le 11)… entre beaucoup d'autres ! Le programme complet est
LA CARAVANE DE JAZZ – 200 musiciens issus des harmonies d'Olivet, Ingré, Beaugency et Sully plus un quartet interprètent six standards et une composition au fil de l'histoire du jazz. A 20 h 30, place de la Poste à Gien. Une manifestation organisée dans le cadre de la Caravane de Loire (3 au 12 septembre le long de la Loire et des canaux dans le Loiret).
Leave a Reply