“Je suis tombée amoureuse de New-York à la seconde où j’ai mis les pieds à Manhattan… Je me suis aussitôt sentie entourée de gens qui partageaient les mêmes envies que moi, des gens en recherche de créativité. J’aime cette constante excitation de la ville et cette énergie créatrice incontrôlée qui se déploie partout.”
Allison Miller, batteur – in Jazz Inside, février 2010

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Cap à l’est, puis au sud !

Textes et photos Jean-Louis Derenne

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Au nord-ouest de Greenwich Village, côté Hudson river, à deux pas du White Horse (voir notre chronique précédente - 19 juillet), la “High Line” propose une découverte inédite des confins du “Village” puis du quartier de Chelsea. C’est une ancienne ligne de métro aérien transformée en parc public depuis 2009…
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Il n’y a pas que LE Village dans la vie ! D’autres quartiers de New York possèdent clubs et rendez-vous jazzistiques.
On va quitter Greenwich, en prenant plein est dans Bleeker. Quand on bute sur Bowery (prolongement sud des 3 et 4e avenues), on y est, c’est l’East Village, l’autre “Village”.

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On ne peut pas tout connaître, ce serait suspect ! On y retournera et on en parlera, le moment venu…

Avant de partir, forcément, il aurait aussi fallu parler du Bitter end (au 147, sur Bleeker Street), également du Poisson rouge (au 158 de la même rue), et aussi du Small’s (183 ouest, sur la 10e rue), sans compter tous les autres dont on ignore jusqu’au nom. Mais on ne peut pas tout connaître, ce serait suspect ! On y retournera et on en parlera, le moment venu.

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Moins animé que Greenwich, l’East Village offre cependant de nombreux bars, restaurants et bars à musique…

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L’Est Village est le fief de deux avant-gardistes revendiqués du jazz et de la musique en général, deux saxophonistes : Henry Threadgill et John Zorn.
John Zorn, le caméléon musical, l’homme qui connaît et pratique tous les styles, tour à tour compositeur de musique de films, de musique “symphonique”, de jazz “easy listening”, et chantre de l’avant-garde… y a même créé un club, et quel club ! Un endroit qu’un chroniqueur peu imaginatif qualifierait sans doute “d’improbable”, et qu’on dira plutôt : radical, austère, militant, dépouillé… jusqu’au dénuement.

C’est “The Stone”, pas de façade, pas d’enseigne, pas de signalétique…

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Quand il a besoin de repeindre les volets de son club, John Zorn organise un concert de soutien avec ses copains Lou Reed et Laurie Anderson…

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L’entrée du Stone. On a fait plus “vendeur” !…
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On se lance ? On y va ! Mais quel est donc le type en short là-bas dans le coin sombre de la salle ? Ah oui, c’est John Zorn lui-même, l’homme qui, quand il a besoin de repeindre les volets de son club, organise – comme il l’a fait en avril – un concert de soutien avec ses copains Lou Reed et Laurie Anderson… Et ce n’est pas plus cher que d’habitude, puisqu’ici c’est 10 dollars, tarif unique.

Au Stone, démocratie et abolition des privilèges s’expriment à tous niveaux : tarif unique de 10 dollars (on l’a dit), pas de réservation (il n’y a pas le téléphone), les mêmes chaises (de jardin) pour les artistes et les spectateurs, pas de scène (tout le monde au même niveau), par de bar (on peut aller s’acheter de l’eau à l’épicerie en face).

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La guitariste Leni Stern (oui, oui, l’épouse de Mike), en concert au Stone. “Hi Leni, may I take a picture ? – Yes, pourvou que je suis belle…!”

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En mai dernier, on a pu y entendre Leni Stern, Anat et Avishai Cohen, les frères Rodriguez et plein d’autres qu’on ne connaît pas… mais on fait confiance. Le lieu est dédié “à l’avant-garde et aux musiques expérimentales”.
Chaque mois un musicien compose librement son programme… et tous viennent y jouer pour presque rien ! Retenez bien ce nom : The Stone. C’est ici que s’invente le jazz de demain. C’est à l’angle de l’avenue C et de la 2e rue, au sud-est de l’East Village (fermé le lundi).

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La pasticceria De Robertis, au 176 de la 1re avenue. Dans cette véritable institution de l’East Village créée en 1904, on peut régulièrement croiser le saxophoniste Henry Threadgill, en voisin…

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Hier moins “riche” que Greenwich, l’East Village a entamé sa renaissance et des clubs et des bars commencent à y fleurir un peu partout. On ne les connaît pas encore, mais ça viendra !

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Il y a une bouteille de vin rouge, au fond, avec des verres et une assiette dans laquelle chacun paie ce qu’il veut pour le coup…

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Avant de quitter cette moitié sud de Manhattan, évoquons un autre endroit plutôt “improbable” (décidément…). Il faut reprendre plein ouest, pour descendre au sud de Greenwich (avec une carte, c’est fastoche ! et avec un taxi encore plus…). Poussons donc vers l’ouest pour rejoindre Hudson Street (oui, celle du White Horse), qu’on descend jusqu’au n° 290 (à la hauteur de Spring Street).

Là, c’est le (ou la) Jazz Gallery, un petit club associatif qui programme des jeunes, des vieux, des pas connus et des très connus (le big-band de Roy Hargrove y a ses habitudes, mais on pouvait aussi récemment y entendre le pianiste Jean-Michel Pilc en trio – voir notre rubrique “Dans les bacs”), toujours dans une ambiance à la coule, avec un prix d’entrée modique, plein de musiciens dans la (petite) salle, et une bouteille de vin rouge au fond, avec des verres et une assiette dans laquelle chacun paie ce qu’il veut pour le coup.

Vous savez quoi ? Ca vaut vraiment le coup !

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xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxA suivre, lundi 2 août

Retrouvez nos chroniques précédentes en suivant ces liens
1. Balade jazzistique à “Grinitche”
(chronique du 05/07/2010)
2. Balade jazzistique à “Grinitche”, suite
(chronique du 12/07/2010)

3. On finit notre tour du “Village”
(chronique du 19/07/2010)