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Le compositeur François Sarhan est actuellement en résidence à la Scène Nationale d’Orléans. Le “concert” qu’il a donné samedi 20 au Théâtre avec crWth inaugurait une nouvelle série de rendez-vous musicaux, les “Concerts du Samedi”, selon le principe (éprouvé !) des “Samedis du Jazz”

Quelque part entre “La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède” de Pierre Desproges et une performance Dada, François Sarhan proposait samedi après-midi au Théâtre d’Orléans, en marge de ses “Leçons du professeur Glaçon” et avec l’imperturbable sérieux d’un satrape du Collège de Pataphysique, un de ces spectacles inclassables qui, le premier moment de surprise passé, ont ce don rare de vous plonger dans une jubilation croissante.

Pas vraiment un concert, sûrement pas une conférence, un peu des deux, pour approcher avec un solide sens de l’absurde et une dérision qui n’est qu’apparente cet objet qui toujours semble se dérober : la musique !

Final en apothéose avec les “Vexations” d’Erik Satie (1893), un thème musical à reprendre 840 fois (et au moins jusqu’à épuisement des musiciens et/ou des spectateurs) ; traitées ici selon un principe qui rappelle les “Exercices de styles” de Raymond Queneau, en introduisant à chaque reprise une variation de tempo, de rythme, d’arrangement, d’interprétation…

Pour jouer et se jouer ainsi de l’écriture, des codes et des contraintes, il faut d’excellents musiciens. Ce que sont les membres du crWth, complices de François Sarhan qu’on pourra retrouver auprès de leur leader (pardon, du Professeur Glaçon) mardi 23 à 20 h 30 au Théâtre d’Orléans pour une première leçon intitulée “La guitare automatique”, et consacrée à la musique, aux musiciens et aux poissons…

A la 14e reprise des “Vexations”, l’auteur de ces lignes, attendu à dîner, avait quitté la salle.
On dit que, vers 1 heure du matin, François Sarhan s’est endormi devant sa contrebasse. Réveillé à 3 heures, et en l’absence manifeste de tout spectateur vivant, il est rentré se coucher. Le vibraphoniste et le saxo, attendus pour un poker, étaient, eux, déjà partis vers 22 heures.
Quant au guitariste, sorti pour faire pipi à la cinquième reprise, on est toujours sans nouvelles…