“On the road” est “on the screen” !


Tout auréolé de son récent accueil cannois (en attendant la Palme d’or ?), le “On the road” de Walter Salles est visible à Orléans depuis le 23 mai (notamment au Pathé place de Loire, en VO).
Un film auquel on avait fini par ne plus croire, tant “Sur la route” est un de ces monuments littéraires (il en est allé de même jusqu’ici du “Voyage…” de Céline), qui semblent définitivement rétifs à toute adaptation cinématographique.
Mais le réalisateur brésilien n’a pas eu peur de s’attaquer à ce livre fondateur, bible de la “beat génération”, ce roman à l’écriture jazzée, cette prose spontanée déroulée comme une longue improvisation, sinueuse et inspirée.
Après Coppola, Russel Banks et bien d’autres qui s’y étaient cassé les dents, cette traversée sous amphétamines de l’Amérique des années 50, entre New York et la côte Ouest, passe donc enfin de l’écrit à l’écran, avec tous nos espoirs (il nous reste à le voir !).
Une belle occasion, outre la vision du film, de se rendre à Paris, au Musée des lettres et manuscrits. Pour la toute première fois, le tapuscrit sur lequel Jack Kerouac coucha la première version de “Sur la route” est exposé en France. 125 000 mots sur un rouleau de papier de 36,50 mètres de long.
“Je l’ai fait passer dans la machine à écrire et donc pas de paragraphes… l’ai déroulé sur le plancher et il ressemble à la route.”, écrivait Jack Kerouac en mai 1951.
Ce rouleau, imprimé et édité (en 2007), comporte un seul paragraphe de 370 pages, sans marge et sans chapitres. Neal Cassady et Jack Kerouac ont aujourd’hui retrouvé leur nom dans cet “original scroll”, enfin édité tel que voulu par son auteur avant que les avocats et la censure éditoriale ne l’édulcorent pendant près de soixante ans. Un vrai bonheur !
A voir au Musée des lettres et manuscrits (16 mai - 19 août 2012), 222, boulevard Saint-Germain - 75007 Paris / M° rue du Bac
01 42 22 48 48 www.museedeslettres.fr
Du mardi au dimanche de 10 h à 19 h, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h 30
ET BIENTÔT UN HOMMAGE EN FORME D’ALBUM…
L’occasion est bonne de rappeler qu’ôjazz ! produira cet automne le premier album du quartet d’Antoine Bernollin, “Ridin’ with Jack”, un hommage musical à … Jack Kerouac et à la beat generation ! A suivre.

On va finir par se ranger à l'avis d'Avishaï Cohen (le contrebassiste) qui déclarait lors du dernier “Jazz sous les Pommiers”, que la scène jazz mondiale compte aujourd'hui deux places majeures, New York et… Israël !
Pas un trimestre, en effet, où l'on ne découvre un nouveau talent et où l'on ne s'étonne chaque fois de la maîtrise et de l'originalité des jeunes musiciens israéliens. Hier, c'était le pianiste Shaï Maestro que l'on saluait dans ces colonnes ; aujourd'hui c'est au tour d'Omer Avital, un contrebassiste qui a fait ses classes auprès de Wynton Marsalis, Brad Meldhau et Kenny Garrett, et qui n'aura bientôt plus rien à envier à son aîné, le déjà nommé Avihai : même sens le la mélodie, inventivité rythmique, plaisir de jouer qui transpire à chaque note. Suite of the East, son récent album en quintet, propose un jazz qui connaît ses classiques tout en sachant intelligemment y intégrer les influences moyen-orientales. Une musique qui a et qui donne la pêche, qui fait du bien, tout simplement. JLD (Naive)
Le “phénomène” Trombone Shorty aura eu au moins deux mérites : rappeler à nos oreilles parfois paresseuses que le style new orleans, toujours bien vivant, ne se réduit pas aux morceaux de bravoure d'un Louis Armstrong, et que le trombone est un instrument majeur, injustement négligé au profit du saxophone, de la trompette ou du bugle.
C'est donc l'esprit favorablement ouvert que l'on accueille le Bone machine de Daniel Zimmermann, un disque de tromboniste qui a composé spécifiquement pour cet instrument et, devrait-on dire, ces instruments, puisqu'il a réuni sur certaines plage pas moins de quatre trombones !
Vous savez quoi ? Le résultat est réjouissant, enthousiasmant même, tant le timbre de ce magnifique cuivre fait vibrer au plus profond de nous des cordes que l'on n'imaginait pas si sensibles.
Bone machine est un hommage à son “outil de travail” par un musicien jusqu'alors plus souvent sideman que leader, au sein de formations admirables : Le Sacre du tympan, l'ONJ de F Tortiller, le Pandemonium de F. Janneau et quelques autres du même tonneau.
En quartet ou en septet, les huit compositions originales de l'album déclinent toute la palette et de l'instrument et du compositeur, en une suite de moments très “funky”, énergiques, joyeux, sensibles et toujours superbement orchestrés. Parfois, ça sonne même comme un big-band, et ce n'est pas un défaut ! JLD (Gaya Music)



FREDRIKA STAHL (jazz pop). Dernier concert de la saison pour le club blésois qui a concocté une programmation 2013-2014 où l'on retrouvera Richard Bona, Electro Deluxe, Fred Weskey et beaucoup d'autres. On en reparle très vite.
F. Stahl c'est à 21 heures. All That Jazz, à Blois. Infos détaillées sur
JACKY TERRASSON (Concert du pianiste de jazz franco-américain autour de son dernier album : Gouache). A 20 heures, dans la cour du château de Chambord (Loir-et-Cher), dans le cadre du 