Place au Jazz, place de Loire : c’était hier, 21 juin…

Photo Patrice Delatouche
Tenir malgré la fête !
On nous avait prédit une tornade, elle n’est pas venue. Ouf. Rassuré. Et pour bien commencer cette soirée de musique, on s’est enfermé dans l’auditorium de la médiathèque où Le Nuage en pantalon invitait un drôle d’oiseau frêle et timide. Mais quand Martin Dine a réinventé le “So what” de Miles d’une manière aussi convaincante, c’est surtout à la grâce qu’on pensait. Jeune homme à suivre de près, qu’on se le dise.
Et dehors, le ciel continuait à se dégager à grands coups de vent. La préfecture a levé, un peu avant sept heures, l’avis de vigilance orange. Les scènes ont alors pu se réinstaller, légèrement dans l’urgence, mais bon, c’est un festival. Ca fait partie du jeu.
De plus, en ce 21 juin, les difficultés n’étaient pas seulement célestes. Les rues s’emplissaient de musiciens, les places de podiums, et les sonos commençaient leurs surenchères. Dur dur pour les scènes officielles.

Photo Jean-François Grossin
Heureusement, la place de Loire était préservée de ces envahisseurs d’un soir. Les gens, sans doute sortis pour la fête de la musique, passaient pour repartir, allaient, venaient, et les quinze musiciens de la Fanfare de Pithiviers, qui égrenaient leurs morceaux sympathiques mais un peu désuets, avaient du mal à retenir ces spectateurs volatils, qui voulaient aussi voir partout, entendre d’autres genres musicaux.
A l’hôtel Groslot, on retrouvait un peu l’atmosphère du festival des années précédentes, comme un petit coin du jardin de l’évêché transporté dans le jardin de la mairie. Buvette, restauration, tables et bancs, tout y était, mais en petit. Manquaient les transats, impossibles à caser dans ce petit espace. En se tordant le cou, on pouvait suivre l’atelier de Theo Ceccaldi revisitant des standards. Drôle d’endroit pour dresser une scène, où pourtant les musiciens, dont Bertheas qu’on avait déjà entendu hier soir, valaient largement le déplacement.

O Jazz O, un tentet orléanais qui nous a gratifiés de deux superbes sets (photo JFG)
On est resté sur le côté, ravi par les sonorités faute de voir les visages, et puis, pris par la bougeotte ambiante, on est revenu vers la Loire, bravant les décibels de DJ au pied de la cathédrale, tendant l’oreille à un groupe de rock rue de Bourgogne, pour finalement s’installer sur une place de Loire très fréquentée. Le petit vent frisquet n’a rien gâché du mini big band O jazz O, à la forte section de cuivre qui sonne impeccablement une suite de Kenny Wheeler ou des compositions de Dave Holland. La nuit tombait. On n’a plus bougé, on s’est laissé entraîner par la flûte d’Aline Elouard et le bugle de Guy-Claude Charcellay, entre autres. Un band formidable de jazz riche, collectif et à la fois individualisé. Bercé par les solos qui se succédaient, on aurait voulu qu’ils jouent jusqu’au bout de la nuit pour se venger de tous ces décibels inutiles et impersonnels qui ont rempli les rues pendant toute la soirée… BC
Vendredi 22 juin, les concerts du jour (scène place de Loire)

20 heures : Swingin’ Family (quintet)
La rencontre de cinq musiciens passionnés, venant d’horizons divers, avec dans leurs bagages la richesse des années de scène et de voyages autour du monde.
The Swingin’ Family arrange, ou dérange, les standards, qu’ils soient rock, pop, soul ou jazz, et distille une couleur résolument swing.
Un ensemble de musiciens tourangeaux et blésois où l’on retrouve le créateur d’All That Jazz à Blois (Didier Bergen), le contrebassiste des Pommes de ma douche (Laurent Delaveau), le batteur des Vendeurs d’enclumes (Mathieu Hénault), le guitariste de la Canne à Swing, Kévin Goubern et le pianiste et arrangeur Eric Laurent.
22 heures : Les Pommes de ma douche (quintet)
C’est en l’an 2000 que ces cinq musiciens orléano-blésois, unis par une même passion, se lancent sur la route du swing. Tous fans de Django, ils s’intéressent évidemment au monde gitan et au jazz manouche.
Les Pommes de ma Douche revendiquent malgré tout leur culture “gadjée”, en rendant hommage à la chanson française et en créant la rencontre des deux univers.
Depuis dix ans qu’ils “grattent” ensemble, les “Pommes” ont acquis une cohésion, un liant qui fait plaisir à entendre… Sous la douche, on ne cherche pas à faire de la mousse, ni des exercices de style, on joue, voilà tout, avec toujours autant d’enthousiasme et de frénésie. Et cela s’entend !
Avec signature de leur album à la librairie Passion Culture à l’issue de leur concert.
Laurent Zeller : violon / David Rivière : accordéon / Dominique Rouquier : guitare
Eric Eichwald : guitare / Laurent Delaveau : contrebasse
David Rivière : accordéon
Vendredi 22 juin, le film du jour (Pathé Cinémas, place de Loire) – Gratuit

A 17 heures – “The Glenn Miller story”
De Anthony Mann, avec James Stewart, June Allyson, Harry Morgan… et Louis Armstrong (1954)
La vie de Glenn Miller, l’un des plus fameux compositeurs de jazz des années swing. Depuis la “galère” de ses débuts jusqu’aux fabuleux succès de “Moonlight Serenade” ou “Chattanooga Choo Choo” à la tête de son big-band. Un modèle de biopic, qui connut à sa sortie un immense succès… Et un “flash-back” nostalgique sur la gloire éphémère d’un musicien tragiquement disparu en 1944 dans l’avion qui le transportait depuis l’Angleterre jusqu’à Paris…
Et toujours… six expos du 20 au 30 juin
Regards croisés
Photos de Christophe Esnault et Patrick Oury (à la librairie Passion Culture)
Instruments imaginaires
Sculptures de Richard Stobiénia et Patrick Mériguet (au Pathé Cinémas et sur le Bateau Lavoir – quai du Châtelet)
Dans les coulisses d’un festival
Photos de Patrice Delatouche (au Pathé Cinémas)
Jazz en peinture(s)
Pastels et acryliques de Pierre Richard (au restaurant De Bangkok à Osaka)
Figures de jazz
Diaporamas et photos de Jean-François Grossin (librairie Passion Culture)

Photo Patrice Delatouche
En direct des Samedis du Jazz
Videos de concerts par Marc Vassal (Pathé Cinémas et librairie Passion Culture)
Et encore…
Rayon jazz à la librairie Passion Culture : BD, romans, essais, beaux-livres, dictionnaires jazz… pendant le festival
Et aussi, les concerts du Jardin de l’Hôtel Groslot…
Organisés par l’association Le Nuage en Pantalon : Quintet de l’Ecole de musique de La Source (à 12 h 30) / Chien vert (trio, à 19 heures) / Walabix (quartet, à 21 heures)
Demain, samedi 23 juin
Les concerts place de Loire
18 h 30 : Triôme (trio) / 20 h : Claude Tissendier Gramercy Five (quintet swing) / 22 h : WWQuartet (quartet). Rencontre et signature d’albums de chacun de ces trois groupes à la librairie Passion Culture à l’issue de leurs concerts respectifs.
Le film du jour, au Pathé Cinémas à 17 h
Michel Petrucciani, documentaire de Michael Radford (2001) – avec signature à Passion Culture d’une biographie consacrée au musicien par Benjamin Halay.
Les rencontres musicales (librairie Passion Culture)
De 15 h à 18 h, rencontres et signatures d’album : Théo Ceccaldi Trio (pour la sortie de leur premier album, “Carrousel”), Marcel et Solange (pour la sortie de leur premier album), Walabix (pour la sortie de leur second album “Nus”)

Les rencontres littéraires “jazz” (librairie Passion Culture)
De 15 h à 18 h, rencontres et signatures de livres : Pascal Anquetil (“Portraits légendaires du jazz”), Benjamin Halay (“Michel Petrucciani”), Stéphane Koechlin (”Le vent pleure Marie” – “Portraits Jazz”), Franck Medioni (”Miles Davis”), Carl Norac (“Swing Café”).

Le partenaire du jour. Merci, l’ami Jean-Luc !
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L’intégrale du programme de Place au Jazz est ici
Le programme complet du festival Orléans’Jazz est là
Sans oublier tous les matins
à 7 h 20 et à 8 heures, la chronique jazz de Bernard Bouret (Jazz avec Babou) sur la radio RCF…
Et le papier non moins quotidien et toujours pertinent de Jean-Dominique Burtin sur le magazine en ligne Mag’Centre
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On va finir par se ranger à l'avis d'Avishaï Cohen (le contrebassiste) qui déclarait lors du dernier “Jazz sous les Pommiers”, que la scène jazz mondiale compte aujourd'hui deux places majeures, New York et… Israël !
Pas un trimestre, en effet, où l'on ne découvre un nouveau talent et où l'on ne s'étonne chaque fois de la maîtrise et de l'originalité des jeunes musiciens israéliens. Hier, c'était le pianiste Shaï Maestro que l'on saluait dans ces colonnes ; aujourd'hui c'est au tour d'Omer Avital, un contrebassiste qui a fait ses classes auprès de Wynton Marsalis, Brad Meldhau et Kenny Garrett, et qui n'aura bientôt plus rien à envier à son aîné, le déjà nommé Avihai : même sens le la mélodie, inventivité rythmique, plaisir de jouer qui transpire à chaque note. Suite of the East, son récent album en quintet, propose un jazz qui connaît ses classiques tout en sachant intelligemment y intégrer les influences moyen-orientales. Une musique qui a et qui donne la pêche, qui fait du bien, tout simplement. JLD (Naive)
Le “phénomène” Trombone Shorty aura eu au moins deux mérites : rappeler à nos oreilles parfois paresseuses que le style new orleans, toujours bien vivant, ne se réduit pas aux morceaux de bravoure d'un Louis Armstrong, et que le trombone est un instrument majeur, injustement négligé au profit du saxophone, de la trompette ou du bugle.
C'est donc l'esprit favorablement ouvert que l'on accueille le Bone machine de Daniel Zimmermann, un disque de tromboniste qui a composé spécifiquement pour cet instrument et, devrait-on dire, ces instruments, puisqu'il a réuni sur certaines plage pas moins de quatre trombones !
Vous savez quoi ? Le résultat est réjouissant, enthousiasmant même, tant le timbre de ce magnifique cuivre fait vibrer au plus profond de nous des cordes que l'on n'imaginait pas si sensibles.
Bone machine est un hommage à son “outil de travail” par un musicien jusqu'alors plus souvent sideman que leader, au sein de formations admirables : Le Sacre du tympan, l'ONJ de F Tortiller, le Pandemonium de F. Janneau et quelques autres du même tonneau.
En quartet ou en septet, les huit compositions originales de l'album déclinent toute la palette et de l'instrument et du compositeur, en une suite de moments très “funky”, énergiques, joyeux, sensibles et toujours superbement orchestrés. Parfois, ça sonne même comme un big-band, et ce n'est pas un défaut ! JLD (Gaya Music)



FREDRIKA STAHL (jazz pop). Dernier concert de la saison pour le club blésois qui a concocté une programmation 2013-2014 où l'on retrouvera Richard Bona, Electro Deluxe, Fred Weskey et beaucoup d'autres. On en reparle très vite.
F. Stahl c'est à 21 heures. All That Jazz, à Blois. Infos détaillées sur
JACKY TERRASSON (Concert du pianiste de jazz franco-américain autour de son dernier album : Gouache). A 20 heures, dans la cour du château de Chambord (Loir-et-Cher), dans le cadre du 