Campo “international”, c’était hier, 28 juin

Très grand soleil en ce jeudi 28 juin. Le Campo Santo est à son optimum. Didi, Dub et Said (Adrien Chennebault, Baptiste Dubreuil, David Sevestre) ont quand même du mal, alors qu’ils jouent un jazz formidable. Mais bon, tout le monde prend son premier verre et discute de sa journée. David a beau faire des soli d’enfer, ça se perd dans le festival… c’est la loi du genre.
Après, sur la grande scène, Roberto Fonseca installe son ambiance cubaine et appelle l’Afrique noire, la malienne chanteuse Mamani Keita, qui nous emmène dans des contrées créatrices dont on reparlera. Ca marche, les près de 3 500 mille personnes présentes vibrent et tressautent aux rythmes du beau Roberto et de sa section rythmique d’enfer. Une bonne heure de musique qui donne envie de danser…
Et puis en deuxième partie, Al Jarreau. Il chante, mais sorry, désolé, on n’a pas forcément envie d’écouter. Il place son remplaçant, on se dit tant pis, c’est dommage. Peut-être y-a-t-il des artistes qui devraient arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Mais bon, il est touchant quand même. Il retient l’attention. Tout le public est en haleine. Sauf peut être un petit nombre qui regrette…
Alors à ce soir. Show must go on… Et ce sera du jazz, non ? BC





Al Jarreau vu par… Jean-François Grossin, Patrick Oury, Christophe Esnault et Patrice Delatouche
Les concerts du jour, vendredi 29 juin
19 H E-BOP
Ces quatre musiciens de Jazz, inspirés, revendiquent un goût clairement assumé qui tend vers une musique “hors jazz” et plus particulièrement vers le funk et le groove.
Guillaume Schmidt, saxophones / Benoît Lugué, guitare basse / Didier Ottaviani, batterie / Christophe Maroye, guitare

Tigran Hamasyan (Photo Céline Bachelet)
20 H 30 TIGRAN HAMASYAN TRIO
Tigran Hamasyan est sur sa lancée. Grâce à un brillant nouvel album en piano solo (“A Fable” sorti chez Universal France), une Victoire de la musique, des collaborations avec de célèbres musiciens (notamment Trilok Gurtu et Dhafer Youssef), des prestations mémorables partout dans le monde comme celle donnée au Festival de Montreux et la reconnaissance de ces légendes du piano jazz que sont Herbie Hancock et Chick Corea, 2011 a été une année charnière pour ce jeune pianiste né en Arménie et vivant actuellement aux Etats-Unis. La personnalité de Tigran imprègne sa musique et sa passion l’embrase. Ses puissantes improvisations, mêlant jazz et folklore arménien, donne naissance à une musique caractérisée par son originalité et par sa volonté de s’affranchir des signatures rythmiques habituelles. Evoluant entre modes d’expression électriques et acoustiques, il a recours à des instruments peu communs tels que le duduk, le shvi, et le zurna.
Pour son premier album chez Universal Jazz France, Tigran Hamasyan nous offre “A Fable” un disque où, seul au piano, il passe avec aisance de morceaux gracieusement ouvragés à des expérimentations plus énergiques au sein desquels règne la diversité rythmique et harmonique, et trouve son inspiration aussi bien dans la musique folklorique arménienne que dans la poésie. Présent pour la cinquième année consécutive, Tigran Hamasyan est un artiste fidèle au festival, et est aujourd’hui à Orléans comme chez lui.
Tigran Hamasyan, piano / Sam Minaie, basse / Nate Wood, batterie

22 H 30 AHMAD JAMAL
Inventeur infatigable de nouvelles combinaisons musicales, Ahmad Jamal est l’un des derniers grands génies du jazz des années cinquante et soixante. Son art est profondément ancré dans la culture afro-américaine aussi bien que dans l’univers des compositeurs savants européens. Lorsqu’on assiste au match qui fait se mesurer Ahmad Jamal et son piano, on reste ébahi par l’intensité de son jeu de mains, à la fois farouche et sobre. Et il en a été ainsi durant les cinquante années de sa carrière d’artiste. Il obtient quelques beaux succès commerciaux à ses débuts, puis forge patiemment son style. En 1958, son album “But not for me” présente un premier aboutissement de ses recherches sur le jeu en trio : l’album se vend à plus d’un million d’exemplaires. Mais, le pianiste disparaît quasiment de la scène avant de réapparaître au début des années soixante-dix.
Trop souvent considéré comme un petit maître, il n’intéresse vraiment qu’une poignée de perspicaces, parmi lesquels figure un certain Miles Davis qui reprend l’un de ses magnifiques titres : “Ahmad’s blues”. Dans les années quatre-vingt-dix, il est cette fois célébré par tout le monde. Sa puissance et son dynamisme sont intacts. Puisant toujours à la source du blues pour exprimer sa poésie minimaliste, Jamal élabore sa musique en la confrontant au silence.
En 2011, il sort son nouvel album Blue Moon, et fait chavirer le Chatelet lors d’une carte blanche avec son nouvel orchestre.
Ahmad Jamal, piano / Herlin Riley, batterie / Manolo Badrena, percussions / Reginald Veal, contrebasse
Demain, samedi 30 juin
19 h JAZZ MEETING / 20 h 30 RICHARD BONA, MANDEKAN CUBANO / 22 h 30 SEUN KUTI & EGYPT 80 / Minuit SANDRA NKAKE & JI DRU DJ 7
Et toujours… cinq expos proposées par ô jazz ! jusqu’au 30 juin, place de Loire et quai du Châtelet
Regards croisés
Photos de Christophe Esnault et Patrick Oury (à la librairie Passion Culture)
Instruments imaginaires
Sculptures de Richard Stobiénia et Patrick Mériguet (au Pathé Cinémas et sur le Bateau Lavoir – quai du Châtelet)
Dans les coulisses d’un festival
Photos de Patrice Delatouche (au Pathé Cinémas)
Jazz en peinture(s)
Pastels et acryliques de Pierre Richard (au restaurant De Bangkok à Osaka)
Figures de jazz
Diaporamas et photos de Jean-François Grossin (librairie Passion Culture)
Une dernière, pour la route…

Solitude (bis) par Patrice Delatouche
Et encore une autre !

Vu depuis le stand d’ô jazz ! (qu’on vous montrera demain) Photo Jean-François Grossin
Et une courte citation vidéo d’Al Jarreau sur OjazzTV
Al Jarreau au Campo Santo pour Orléans'Jazz 2012… par OJazzTV
Le programme complet du festival Orléans’Jazz est là
Sans oublier demain matin samedi à 10 heures, une émission spéciale de Bernard Bouret (Jazz avec Babou) sur la radio RCF…
Et le papier non moins quotidien et toujours pertinent de Jean-Dominique Burtin sur le magazine en ligne Mag’Centre

Retrouvez les photos du festival
de Jean-François Grossin
sur Jazz Passion
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On va finir par se ranger à l'avis d'Avishaï Cohen (le contrebassiste) qui déclarait lors du dernier “Jazz sous les Pommiers”, que la scène jazz mondiale compte aujourd'hui deux places majeures, New York et… Israël !
Pas un trimestre, en effet, où l'on ne découvre un nouveau talent et où l'on ne s'étonne chaque fois de la maîtrise et de l'originalité des jeunes musiciens israéliens. Hier, c'était le pianiste Shaï Maestro que l'on saluait dans ces colonnes ; aujourd'hui c'est au tour d'Omer Avital, un contrebassiste qui a fait ses classes auprès de Wynton Marsalis, Brad Meldhau et Kenny Garrett, et qui n'aura bientôt plus rien à envier à son aîné, le déjà nommé Avihai : même sens le la mélodie, inventivité rythmique, plaisir de jouer qui transpire à chaque note. Suite of the East, son récent album en quintet, propose un jazz qui connaît ses classiques tout en sachant intelligemment y intégrer les influences moyen-orientales. Une musique qui a et qui donne la pêche, qui fait du bien, tout simplement. JLD (Naive)
Le “phénomène” Trombone Shorty aura eu au moins deux mérites : rappeler à nos oreilles parfois paresseuses que le style new orleans, toujours bien vivant, ne se réduit pas aux morceaux de bravoure d'un Louis Armstrong, et que le trombone est un instrument majeur, injustement négligé au profit du saxophone, de la trompette ou du bugle.
C'est donc l'esprit favorablement ouvert que l'on accueille le Bone machine de Daniel Zimmermann, un disque de tromboniste qui a composé spécifiquement pour cet instrument et, devrait-on dire, ces instruments, puisqu'il a réuni sur certaines plage pas moins de quatre trombones !
Vous savez quoi ? Le résultat est réjouissant, enthousiasmant même, tant le timbre de ce magnifique cuivre fait vibrer au plus profond de nous des cordes que l'on n'imaginait pas si sensibles.
Bone machine est un hommage à son “outil de travail” par un musicien jusqu'alors plus souvent sideman que leader, au sein de formations admirables : Le Sacre du tympan, l'ONJ de F Tortiller, le Pandemonium de F. Janneau et quelques autres du même tonneau.
En quartet ou en septet, les huit compositions originales de l'album déclinent toute la palette et de l'instrument et du compositeur, en une suite de moments très “funky”, énergiques, joyeux, sensibles et toujours superbement orchestrés. Parfois, ça sonne même comme un big-band, et ce n'est pas un défaut ! JLD (Gaya Music)



FREDRIKA STAHL (jazz pop). Dernier concert de la saison pour le club blésois qui a concocté une programmation 2013-2014 où l'on retrouvera Richard Bona, Electro Deluxe, Fred Weskey et beaucoup d'autres. On en reparle très vite.
F. Stahl c'est à 21 heures. All That Jazz, à Blois. Infos détaillées sur
JACKY TERRASSON (Concert du pianiste de jazz franco-américain autour de son dernier album : Gouache). A 20 heures, dans la cour du château de Chambord (Loir-et-Cher), dans le cadre du 