Ultimes cartes postales de Vienne…

Jazz à tout âge… (clin d’oeil à Jean Puyo, photographe)
15 jours et 150 000 spectateurs plus tard, “Jazz à Vienne” s’est achevé tôt matin samedi 14 juillet, après une ébouriffante “Nuit du Jazz”, venteuse, pluvieuse, mais assurément heureuse !

Au hasard des rues et des vestiges du temps passé…
Retour en quelques « cartes postales » sur les tout derniers jours d’un festival unique par sa durée (deux semaines), la richesse de sa programmation (les étoiles montantes : de Mélody Gardot à Grégory Porter en passant par Trombone Shorty et Robert Glasper ; les valeurs sûres, de Dianne Reeves à Pat Metheny en passant par Chick Corea ; les vieux de la vieille, blanchis sous les spotlights, de Tony Bennett à Eddy Louiss, en passant par Aldo Romano…), sa localisation (Vienne la romaine, magnifique cité des bords du Rhône dont même les erreurs d’urbanisme ne parviennent pas à gommer l’incroyable charme)… et l’affabilité de son tout nouveau directeur-programmateur, Stéphane Kochoyan…
On a aimé, on reviendra !

Si belle Cybèle, la scène des après-midi et des petits soirs, à la découverte notamment des candidats du Rézzo, le Tremplin de Jazz à Vienne…


Nuit du jazz, Tony Bennet est à la manoeuvre dans le Théâtre antique…

Qui n’a pas entendu l’incroyable et si dense “Beyrouth” d’Ibrahim Maalouf résonant dans le Théâtre antique, a manqué quelque chose d’essentiel à sa culture et à sa sensibilité musicale !

On va finir par se ranger à l'avis d'Avishaï Cohen (le contrebassiste) qui déclarait lors du dernier “Jazz sous les Pommiers”, que la scène jazz mondiale compte aujourd'hui deux places majeures, New York et… Israël !
Pas un trimestre, en effet, où l'on ne découvre un nouveau talent et où l'on ne s'étonne chaque fois de la maîtrise et de l'originalité des jeunes musiciens israéliens. Hier, c'était le pianiste Shaï Maestro que l'on saluait dans ces colonnes ; aujourd'hui c'est au tour d'Omer Avital, un contrebassiste qui a fait ses classes auprès de Wynton Marsalis, Brad Meldhau et Kenny Garrett, et qui n'aura bientôt plus rien à envier à son aîné, le déjà nommé Avihai : même sens le la mélodie, inventivité rythmique, plaisir de jouer qui transpire à chaque note. Suite of the East, son récent album en quintet, propose un jazz qui connaît ses classiques tout en sachant intelligemment y intégrer les influences moyen-orientales. Une musique qui a et qui donne la pêche, qui fait du bien, tout simplement. JLD (Naive)
Le “phénomène” Trombone Shorty aura eu au moins deux mérites : rappeler à nos oreilles parfois paresseuses que le style new orleans, toujours bien vivant, ne se réduit pas aux morceaux de bravoure d'un Louis Armstrong, et que le trombone est un instrument majeur, injustement négligé au profit du saxophone, de la trompette ou du bugle.
C'est donc l'esprit favorablement ouvert que l'on accueille le Bone machine de Daniel Zimmermann, un disque de tromboniste qui a composé spécifiquement pour cet instrument et, devrait-on dire, ces instruments, puisqu'il a réuni sur certaines plage pas moins de quatre trombones !
Vous savez quoi ? Le résultat est réjouissant, enthousiasmant même, tant le timbre de ce magnifique cuivre fait vibrer au plus profond de nous des cordes que l'on n'imaginait pas si sensibles.
Bone machine est un hommage à son “outil de travail” par un musicien jusqu'alors plus souvent sideman que leader, au sein de formations admirables : Le Sacre du tympan, l'ONJ de F Tortiller, le Pandemonium de F. Janneau et quelques autres du même tonneau.
En quartet ou en septet, les huit compositions originales de l'album déclinent toute la palette et de l'instrument et du compositeur, en une suite de moments très “funky”, énergiques, joyeux, sensibles et toujours superbement orchestrés. Parfois, ça sonne même comme un big-band, et ce n'est pas un défaut ! JLD (Gaya Music)



FREDRIKA STAHL (jazz pop). Dernier concert de la saison pour le club blésois qui a concocté une programmation 2013-2014 où l'on retrouvera Richard Bona, Electro Deluxe, Fred Weskey et beaucoup d'autres. On en reparle très vite.
F. Stahl c'est à 21 heures. All That Jazz, à Blois. Infos détaillées sur
JACKY TERRASSON (Concert du pianiste de jazz franco-américain autour de son dernier album : Gouache). A 20 heures, dans la cour du château de Chambord (Loir-et-Cher), dans le cadre du 