Mai-juin 2010

A quelques semaines d’intervalle, quatre pianistes confirmés se présentent dans les bacs avec un nouvel opus.
pilcCommençons par le plus américain des pianistes français, Jean-Michel Pilc, New-Yorkais d’adoption depuis déjà quelque temps.
Son True Story est sans doute le plus intéressant du lot, riche, subtil, souvent profond et très cohérent. Un album traversé de très beaux thèmes, lyrique mais sans esbroufe, donné dans la composition classique du trio jazz (avec Billy Hart à la batterie et Boris Kozlov à la contrebasse).
(Dreyfus Jazz)



suite1Après le très remarqué “Share”, c’est Baptiste Trotignon qui nous revient avec Suite, dans une formation orchestrale similaire (un quintet), pour un album enregistré cette fois en public, au Charlie’s Wright de Londres.
Un album qui sonne très “new-yorkais” – lui aussi –, et qui ne renie pas les influences “bop” et post-bop qui ont marqué le pianiste-compositeur. De la belle ouvrage, agréable à l’oreille. Comme d’habitude.
(Naïve)



pushLe Franco-Américain Jacky Terrasson vient, lui, tout juste de sortir Push, un album très “swing”, énergique et joyeux où se mêlent gaiement afro-cubain et be-bop, incursions hip-hop et clins d’yeux funky… Un album “pluriel” diront les snobs, quand d’autres y verront peut-être un manque de cohérence.
Mais bon : on aime Jacky Terrasson, sa simplicité, sa curiosité, sa volonté revendiquée de donner là un album “différent”… et son inaltérable bonne humeur (c’est au moins ce qu’il montre de sa personnalité !).
(Concord Jazz-Universal)



highway-riderDu dernier Brad Mehldau, Highway Rider, que dire ? Le pianiste et compositeur paraît ici comme emprunté, égaré, même, sur des chemins certes très “easy listening” (donc censément vendeurs auprès d’un public non-jazz), mais qui signent le produit marketing bien plus qu’une œuvre originale. Et quand ce n’est pas étique (malgré le recours à un orchestre symphonique qui a trop écouté André Rieux) c’est souvent pompeux. Bon, on peut s’en passer. JLD (Nonesuch Records)


Avril 2010 vertical

Avec Vertical voices, Kerry Marsh et Julia Dollison, époux à la ville et talentueux vocalistes contemporains, ont décidé de s’attaquer à Maria Schneider. En tout bien tout honneur, puisqu’ils ont choisi d’adapter vocalement, avec un soutien orchestral minimal, quelques-unes des plus belles pièces (The pretty road, Journey home, Sky blue…) de cette disciple de Gil Evans, depuis lurette affranchie du maître. Où il s’avère que la belle Maria (multi-détentrice de Grammy Awards) n’est pas seulement l’un des meilleurs arrangeurs du moment et l’une des plus magnifiques coloristes du jazz pour grande formation mais également une mélodiste hors pair, ce que révèle mieux que tout autre forme cette transposition pour voix. On n’aime pas, on adore ! JLD (distribution uniquement via www.artistshare.com) tribal

On n’avait pas eu l’occasion, ici, de chroniquer l’extraordinaire “Outre-Terres” (Cristal records – 2007) de Carine Bonnefoy. Avec son magistral “Tribal”, celle-ci nous offre la séance de rattrapage qu’on attendait. Ce n’est pas seulement parce qu’elle est femme, compositrice, pianiste et arrangeur que l’on compare si souvent la Française avec son homologue Outre-Atlantique Maria Schneider. C’est que toutes deux partagent une manière unique de faire sonner l’orchestre, une délicatesse et une intelligence mélodiques et instrumentales peu répandues à un tel niveau. Certes, les dix-sept musiciens du “New Large Ensemble” convoqués sur “Tribal” n’ont pas la puissance de feu des cinquante-deux interprètes du Métropole Orchestra de Vince Mendoza, mobilisés sur le précédent opus. Certes, “Tribal” est peut-être un peu plus intériorisé, moins “éclatant” que “Outre-Terres”. Mais le plaisir reste intact et l’on goûte chaque instant passé à la découverte de toutes les subtilités que recèle ce petit trésor. Souhaitons qu’avec “Tribal”, la plus inspirée et sans doute la plus douée des compositeurs de jazz français trouve enfin la notoriété qu’elle mérite. JLD (Codaex)

Mars 2010

0794881949021 Une fois n’est pas coutume, en voilà deux pour le prix d’un ! Thomas Savy, avec “French Suite”, et Sophie Alour, avec “Opus 3”. Deux musiciens (clarinette basse et saxo ténor) estimables et souvent inspirés, égarés là dans le même exercice masturbatoire (de ceux qui, par définition, ne font plaisir qu’à ceux qui s’y adonnent, en l’occurrence eux-mêmes – au moins espérons-le) : un même minimalisme instrumental (bois, contrebasse, batterie), la même austérité harmonique, une même refus du thème, une même manque, pour tout dire, de générosité artistique. Tout cela est un peu vain, et sans doute volontaire de la part du label qu’ils partagent (Plus Loin Music), dont le slogan pourrait bien être ici : “Moins loin musique”…  JLD (Plus Loin Music).

fahirCa commence par le titre, emprunté à l’un des derniers opus du vieux Joe (Zawinul) : Faces & Places. Et ça continue, entre funk, jazz-rock et fusion, comme une balade au pays du jazz des années 80, clin d’œil à Miles par-ci, hommage discret à Corea par-là, en une revisite décomplexée des maîtres, mais avec quelque chose en plus que la simple révérence aux grandes figures de ce passé pas si lointain. Pianiste, compositeur et arrangeur, le Turc Fahir Atakoglu a concocté pour son plaisir un ensemble de compositions qui font le tour du jazz et de ses influences favorites (y compris orientales) et ça marche parfaitement, bien aidé en cela par quelques noms qui sonnent juste à nos oreilles, Randy Brecker ou John Patitucci… sans oublier un batteur à suivre : Horacio “El Negro” Hernandez ! Voilà un magnifique fourre-tout jazzistique, joyeux, inspiré, mélodieux, virtuose. Loin de cette musique de culs pincés dont nous assaisonnent en ce moment tant d’instrumentistes français. L’Arménie avait Tigran Hamasyan. La Turquie peut compter sur Fahir Atakoglu. L’antique Asie mineure serait-elle l’avenir du piano jazz ? JLD (Far@Here LLC)

collignonMédéric Collignon – qu’on aime tant, pourtant, parce qu’il est l’un des instrumentistes français parmi les plus importants du moment – a choisi pour son second album avec “Jus de Bocse” (“Shangri-Tunkashi-La”), de faire coin-coin avec sa trompinette sur le répertoire électrique du Miles de l’époque “Bitches Brew” (1970), certes alors très novateur mais passablement énervant à la réécoute.La volonté de faire original tout en restant respectueux – exercice combien périlleux –, nous vaut ainsi une avalanche de sons échevelés et disparates, au fil d’interprétations sans réelle cohérence. Un seul morceau, peut-être, parvient à émerger de ce marigot sonore. Il est signé Zawinul. C’est qu’on ne massacre pas si facilement le grand Joe ! JLD (Plus Loin Music)

couturier1

Il y a beaucoup de profondeur dans le dernier disque du pianiste François Couturier. De la gravité, presque de la solennité. Et, pour l’auditeur, le sentiment d’être convié à une sorte de “cérémonie musicale” comme un Keith Jarrett inspiré (ça y est, c’est placé, on n’y reviendra pas) savait hier en ordonner. Avec “Un jour si blanc”, nouvel hommage au réalisateur Andreï Tarkovski, le pianiste se livre en effet à nu, accomplissant un rituel solitaire où nous semblons conviés par permission exceptionnelle. Et l’on goûte religieusement ces compositions et improvisations, magnifiées par une prise de son qui en restitue la grâce et la fragilité, chaque note et ses harmoniques… On n’aura garde d’oublier que ce Couturier habile, en d’autres temps, fit les beaux soirs du Cabaret des Trouvères en compagnie de son compère Jean-Pierre Chalet. Car il est, en effet, originaire de notre bonne ville ! Ceci n’est pas du jazz mais, comme aurait dit Francis Marmande, cette musique ne pourrait être jouée par personne d’autre qu’un musicien de jazz.  JLD (ECM)

51ssb7qvetl_sl500_aa280_Mario Canonge ? “Un pianiste surdoué” au croisement des cultures. Ainsi peut-on définir ce musicien martiniquais qui a le don de se jouer des styles musicaux reconnus et est capable de passer du jazz à la salsa ou au zouk. Il pioche ainsi dans les accents et les nuances propres à ces courants antillais, sud-américains et afro-cubains, et mêle avec un art déconcertant les différentes familles musicales de la Caraïbe. Une musique tourbillonnante, riche et toujours résolument jazz ! “Lueur Eteinte”, c’est une pluie de notes, telle une ondée tropicale apportée par les alizés. “Manman-Dio”, et vous êtes au pays du zouk, les fleurs d’hibiscus s’ouvrent au petit matin et les bougainvilliers accompagnent votre promenade au pays des mornes de bananiers, de canne à sucre et de fougères géantes… C’est “Rhizome”. La Baronne (Enzo Productions)


Février 2010

christian-scott2Quand on n’est pas omniscient (hélas, c’est le lot de certains d’entre nous), on ignore beaucoup de choses et de gens. L’avantage – forcément – est que les découvertes sont nombreuses, et ceci compense largement cela ! Ainsi de Christian Scott. Avec son “Yesterday you said tomorrow”, ce trompettiste de 27 ans tout juste, natif de La Nouvelle Orléans, déboule magistralement sur nos lecteurs de cd, prouvant s’il en était besoin que notre ignorance était coupable. Comme tous les vrais solistes, c’est d’abord par un son très personnel qu’il accroche, entre murmure et feulement, le plus souvent, avec une économie de notes et une sorte de détachement très “Milesiens”… De balades nonchalantes en compositions joyeusement énergiques, Christian Scott promène son instrument aux lisères du jazz, dans un album extrêmement agréable à l’oreille. Pas mal, pour de la musique ! JLD (Concord Records/ Universal)

orchestrion

Seul avec sa guitare et un jeu de pédales, Pat Metheny joue l’homme-orchestre… Le pari de jouer en solitaire est réalisé avec cet Orchestrion, une vieille idée du plus célèbre guitariste de jazz traditionnel de notre époque. Il veut que ça sonne comme du vrai et réalise une prouesse technologique avec de vrais instruments pilotés par lui-même, sans synthé ! Des sons mécaniques, numériques, pneumatiques, robotiques, à champ magnétique solénoïdal… et on en passe ! Nous vous voyons hésiter… Eh bien, non, écoutez ! Ce n’est pas rébarbatif du tout, c’est toujours l’écriture de Pat Metheny et le son est le sien. Malgré tout, Lyle Mays*, où que vous soyez, vous nous manquez. La Baronne (Nonesuch/Warner Music) * pianiste du Pat Metheny group

Janvier 2010

“This is a jazz record for people who think they don’t like jazz…” (New York Times). Déjà nominé pour le “Grammy for best jazz instrumental album 2010”, la voix toute en émotion de TSF Jazz a ajouté le 21 décembre à ce Bright Mississippi celle de “Meilleur album de jazz de l’année”. Incontestablement Allen Toussaint est mon coup de cœur 2009. Arrangeur, compositeur, producteur, chanteur et pianiste, il sort là son premier véritable album de jazz, où il a invité quelques noms prestigieux : Don Byron, Nicholas Payton, Marc Ribot, Joshua Redman et même Brad Meldhau.allen-toussaint On l’a dit : “Best INSTRUMENTAL album”. C’est bien toute la différence avec les nombreuses reprises de vieux standards du Duke, de Django, d’Armstrong ou de Monk. Ici, tout est dans le son, sa couleur éclatante, son élégance, sa légèreté. C’est revisité mais ça sonne comme du neuf. Du traditionnel, mais moderne. Avec un toucher de piano enchanteur. Un papillon vole sur tous les instruments… Monsieur Toussaint, vous avez l’art de “déranger” les standards ! Des comme ça, on en veut, de cette musique joyeuse, multicolore et multicouches qui rappellera à tout un chacun un moment d’émotion, un souvenir léger, une première danse peut-être…  C’est Noël, offrez-le : de la grand-mère au dernier “baby”, c’est sûr, vous n’en aurez que des compliments ! La Baronne (Nonesuch records)

Décembre 2009

Cette “Attente” valait bien quatre années de patience… Mais quel bonheur aujourd’hui. Une musique inclassable, entre jazz, musette, variété et poésie musicale. De l’accordéon qui frôle et joue Apollinaire, Aragon, Boris Vian, Astor Piazzola. L’odeur des conifères… Ah non, c’est sûr “Je voudrais pas crever”, comme le dit Jean-Louis Trintignant, sans avoir tout humé de ces textes, de ces sons magnifiques. d-milleUn souffle fleuri, une musique littéraire mais odorante et tactile, quelquefois à la limite de la tristesse tant la poésie s’évapore en songes bleus évanescents. Chaque titre est un poème, un pastel, une prise de vue, une odeur. Du beau monde autour de Daniel Mille : Trintignant, déjà cité, mais aussi André Ceccareli, Stéphane Belmondo, Eric Legnini, Alfio Origlio, Jérome Regard, Stéphane Chausse et autres invités prestigieux. Daniel Mille est unique, Deezer nous le dit bien : “Aucun artiste similaire”… Nous confirmons ! Bravo l’artiste et standing ovation. La Baronne (Universal Music)

Novembre 2009

Enfin un album live ! Il aura fallu attendre presque quarante ans pour que Jan Garbarek nous offre un enrdresden21egistrement live d’un concert. Et quel enregistrement ! Une véritable pépite qui confirme s’il en était besoin que le saxophoniste norvégien plane toujours sur les hautes cimes du jazz. Tout y est : toujours ces mélodies aériennes, ces ambiances multiples où le silence garde toute sa place et bien sûr l’énorme capacité d’improvisation de cet artiste exceptionnel dont le talent décidément ne fait que se bonifier. On notera à ses côtés, la performance de Manu Katché dont la rythmique a su se plier tout en souplesse au jeu de Garbarek, et l’on écoutera avec délice les quelques solos imparables de Yuri Daniel et Rainer Brüninghaus. Voilà donc un album qui fera date. Et qui ne nous fait souhaiter qu’une chose : vivement que Jan Garbarek revienne ravir nos oreilles sur la scène du Campo Santo ! MV(ECM 2009 - Universal)

Mélodie Gardot… Couronnée, adulée, sacralisée… à 25 ans ! Passons sur l’accident de vélo, la musicothérapie et tout ce qu’on a pu dire ou écrire sur elle depuis que “A new star is born” ! Prévu à court terme (2010), une tournée mondiale avec Diana Krall et Madeleine Peyroux… A quand le Stade de France ! Qu’ajouter à toutes les critiques déjà lues, toutes plus dithyrambiques les unes que les autres ?melody-gardot Elle chante pour l’instant en toile de fond de ma prose : “Close your eyes my angel… Goodnite”. Tout un programme, à vous donner la chair de poule. On craque, on délire, on imagine, on caresse le velours bordé de satin, on sensualise… Troublant ! Troublée… Ecoutez et réécoutez-la les jours de stress. Elle n’enflamme pas, elle séduit, elle calme, et cela vaut tous les Lexomil de votre pharmacopée. Et, de temps en temps, ça swingue (“All I need is love”). Impossible d’ignorer un disque de platine catégorie jazz, même si quelques grincheux attendent déjà ce Worrisome heart, côté musique d’ascenseur ou de parking souterrain pour véhicules de luxe solitaires ! La raison des plus nombreux n’est-elle pas celle du plus fort ? Je n’en sais fichtre rien, sacrés médias va ! La Baronne (Universal)


Octobre 2009 big-n2

C’est simple, on aime Mike Stern parce qu’il est sympa. Et puis, on aime Mike Stern parce qu’il a une bonne tête. On aime Mike Stern parce qu’il a joué avec le Miles des années 80. On aime Mike Stern parce qu’il ne manque jamais, quand il est à New York, d’aller faire le bœuf avec de jeunes musiciens, au 55 bar, là où tout a commencé pour lui. On aime Mike Stern parce qu’il a, malgré les tentations de la virtuosité, gardé un vrai sens mélodique. Bref, on aime Mike Stern parce qu’il le mérite. Et son dernier album, Big Neighborhood, nous prouve qu’on a raison ! JLD (Heads Up)

C’était son vœux le plus cher : avoir SON big band. C’est fait et bien fait !emergencem27154 Emergence, du Roy Hargrove big-band, c’est du bonheur à l’état pur, du funk, du groove, des coups de chapeau aux illustrissimes, un “Funny Valentine” suintant Miles et Chet mais interprêté au buggle : pas de confusion possible, c’est SA “Funny Valentine” à lui, un plein d’émotion qui serre le coeur ! Et puis, un pétillant et craquant “Mambo for Roy”, écrit et griffé Chucho Valdès. “Every time we say goodbye” nous chante Roberta Gambanini : un feeling à vous faire précisément rester là, sans aucun au revoir, jamais… Et ce “Requiem”, avec un trombone qui sonne à vous retourner la tête ! voyons… mais oui, c’est Ku-Umba Frank Lacy, il n’y a que lui pour glisser la coulisse à la limite du too much ! Du bonheur, que du bonheur… Croyez-nous puisqu’on vous le dit ! La Baronne (Emarcy Universal)

Septembre 2009

yvinec Victoire des coteries ? Victoire du snobisme ? Victoire du jazz 2009 : l’Orchestre National de Jazz de Daniel Yvinec (“directeur artistique” – sic, et “penseur de croisements fertiles ” – c’est lui qui le dit), avec “Around Robert Wyatt” (il est vrai que “Autour de Robert Wyatt” aurait fait d’un ringard…). Bref, un “concept” : reprendre et arranger des chansons de R. Wyatt interprétées chaque fois par un chanteur différent. Du jazz ? Allez savoir… Mais du pipeau, sans aucun doute ! JLD (Bee Jazz)

Juillet 2009

Nouveau cd pour Jean-Christophe Cholet avec, cette fois, son ensemble Diagonal. French touch est un hommage aux compositeurs sérieux ou plus “légers” du début du siècle – de Satie à Ravel en passant par Vincent Scotto. Une nouvelle occasion pour le pianiste-compositeur-arrangeur de déployer son savoir-faire, à travers une musique farcie de références, érudite, savante, aux arrangements subtils et complexes. A écouter et réécouter pour en saisir toutes les nuances… et la portée ! JLD (Cristal records)

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Crouch, touch, engage… Le titre sonne comme une injonction. Et c’en est une, en effet, de l’arbitre aux équipes de rugby, lors des entrées en mêlée. Avec ce nouveau cd, le MegaOctet créé en 1989 par le pianiste Andy Emler nous offre une fois de plus ce que le jazz “à la française” peut produire de meilleur. Ici, une musique puissante, énergique, presque physique, fruit de l’engagement total d’une équipe de musiciens – dont de nombreux solistes émérites, Médéric Collignon, François Thuillier, Laurent Dehors… – soudés derrière leur “coach”. Essai marqué et transformé ! Mais que n’a-t-on confié la baguette et les clés de l’ONJ à cet homme là ! JLD (Naïve)

Avril 2009

Depuis des décennies, ils ont fait et continuent de faire le plaisir des amateurs de Jazz… Ce sont tous les disques magnifiques produits par le label Blue Note qui fête ses 70 ans au service du jazz et de ses plus grands musiciens : Art Blakey, Miles Davis, John Coltrane, Ornette Coleman, Dexter Gordon….  ô jazz ! souhaite donc un “Happy Birthday” à Blue Note et vous invite à visiter le site : www.bluenote70ans.com >> sentimental2C’est le programme alors inédit dont nous avait régalés l’Orchestre National de Jazz (direction Franck Tortillier) en juin 2006 au Campo Santo : un ensemble de compositions sur un rythme à trois temps ; du jazz, oui, mais en forme d’hommage attendri aux valses de papa et aux petits bals perdus… “Sentimental ¾” (Cam Jazz) sort enfin en cd, avec le même orchestre. Le plaisir pris à ces retrouvailles reste intact. Et la certitude demeure : Franck Tortillier est une des meilleurs choses qui soient arrivées récemment à l’ONJ.

Mars 2009

Côté saxo, c’est le nouveau CD de Donny McCaslin qui est à signaler. Télérama lui décerne carrément 4 clés évoquant “une virtuosité sans limite, une sonorité musclée, une commande hallucinante du suraigu…”. D. McCaslin, faut-il le rappeler, est un membre éminent de l’orchestre de Maria Schneider : sur Cerulean Skies, le solo de sax ténor, c’est lui… Avec “Wild is the wind”, la chanteuse Dee Alexander propose depuis le 26 février une galette de grande qualité où cette magicienne de la voix laisse “sans voix” ! Du jazz made in Chicago, à la fois dense et léger, puissant et sensuel qui n’est pas sans rappeler la grande Dee Dee Bridgewater, et peut-être surtout Dianne Reeves, dont elle partage le phrasé et jusqu’au timbre de voix. Côté Loiret, c’est le guitariste virtuose Raphaël Faÿs qui se fait remarquer avec son nouveau double-album “Andalucia”, hommage au flamenco où l’on retrouve tout l’art et le doigté magique de ce musicien-compositeur surdoué.Un voyage musical en hispanie où le jazz n’est jamais très loin. Ô Jazz ! a reçu Raphaël Faÿs dans le cadre d’un “Forum”, le vendredi 27 mars à 17 h 30 à la Fnac d’Orléans.