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Jazz or jazz en un nouveau voyage, de Machaut à Oslo…

Jazz or jazz, vendredi 21 avril, Théâtre d’Orléans. Encore du beau, du bon, de la musique pour tous, dans la pure tradition ou regardant vers le futur.

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Photos ci-dessus, Christophe Esnault
Ci-dessous, Patrice Delatouche

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Il y a eu le fameux concert dans la piscine de La Source, l’an dernier, qui plaçait la barre très haut pour cette année. Le hall de la Scène Nationale, qui accueille une fois par mois les Samedis de jazz, semblait un lieu moins étonnant. Et pourtant la musique, surgie de nulle part, est venue chercher le public pour le mener vers des coins inhabituels. Le quatuor Machaut adore chercher des résonances inhabituelles, des effets sonores créés par le lieu où il se produit. Les quatre saxos se sont donc déplacés pour jouer leur messe, emmenant même le public dehors, sous la salle Barrault dans un dernier morceau très proche de Steve Reich. Quentin Biardeau, Francis Lecointe, Simon Couratier et Gabriel Lemaire continuent d’explorer cette étrange musique venue d’ailleurs et tentent de la replacer dans des ailleurs déroutants. Leur musique est toujours aussi prenante ! Il est donc normal qu’ils soient lauréats du dispositif Jazz Migration.

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Photo Christophe Esnault

Il était programmé au Campo Santo il y a deux ans, quand le festival n’a pas eu lieu. Le voilà donc cette année sur la scène de la salle Touchard. Gregory Porter a fait le plein d’un public conquis d’avance. Il faut dire qu’il sait charmer la foule. Voix chaude, grave, bien placée, musiciens excellents, répertoire bien rodé de ballades et de chansons plus rythmées où il sait chauffer la salle. Les thèmes restent un peu dans la bonne conscience teintée de religion, Top of the hill ou Take me to the alley sonnent comme des exhortations de prédicateur. Ancré dans la soul des années 70, on a l’impression que rien ne s’est passé depuis. Mais il a du coffre, et en vrai crooner, il sait en jouer. Ce n’est pas pour rien qu’il a gagné deux Grammy Award. Une bonne heure et demie de concert qui n’a pas déçu son public.
Rappelons qu’un autre musicien, pour d’autres raisons, n’a pas pu jouer l’an dernier : Ian Garbarek. Il n’est pas programmé cette année. Alors l’an prochain ?
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Photo Christophe Esnault

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Photo Marie-Line Bonneau

Et pour clore cette troisième soirée de festival, l’Orchestre National de Jazz (ONJ) s’est installé salle Barrault. Olivier Benoit poursuit son tour d’Europe. Cette année, c’est Oslo qui a inspiré ses compositions, et il a invité la chanteuse Maria Laura Baccarini pour interpréter des textes de Hans Petter Blad, un poête d’Oslo. On retrouve le son ONJ, avec pour pivot la batterie d’Eric Echampard. Des moments de réflexion, des moments de petites formations au sein de la grande, des moments collectifs émouvants où la tension monte et où l’orchestre prend sa véritable dimension. Ils sont douze, ils sont excellents et ils construisent une musique prenante et forte, pleine, vraie (à retrouver sur l’album “Oslo”, qui sort le 28 avril). Ils nous racontent des villes et on y croit. Le cycle malheureusement va se terminer, puisque l’ONJ se renouvelle régulièrement.
Un grand moment du festival 2017. BC
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Photo Christophe Esnault

Jazz or jazz, le programme au jour le jour / Le site du festival

D’AUTRES PHOTOS DU 21 AVRIL, CI-CONTRE : [Lire la suite de cet article...]

Jazz or jazz, jeudi 20 au Théâtre d’Orléans, la fête des jazz !

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PJ5, par Patrice Delatouche

Deuxième groupe bénéficiant du dispositif Jazz Migration, PJ5 a inauguré la soirée de ce jeudi. Paul Jarret à la guitare a doucement fait entrer le public, par une intro à la fois intimiste et expressive, dans sa formation étonnante dans le jazz, la section rythmique (Alexandre Perrot à la contrebasse et Ariel Tessier à la batterie) étant complétée par un saxo, Maxence Ravelomanantsoa et un trombone, Léo Pellet. L’équilibre entre les deux cuivres, le timbre feutré, presque lointain, du trombone installent une épaisseur très séduisante, et donnent au groupe un son absolument particulier. Les compos du leader ont tout du jazz classique mais se développent dans une inventivité très moderne. Oui, le jazz est bien vivant, en voilà une preuve évidente.
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Paul Jarret, par Christophe Esnault

20 heures, salle Touchard. Il est des concerts qui, chargés en émotion, en arrivent à gommer les imperfections vocales et musicales sur la scène. Ce fut le cas hier soir, pour le second concert “grand public” du festival.
Calypso Rose, accompagnée par une formation de six musiciens et deux choristes, présentait son dernier album, “Far from home”, produit et coloré par Manu Chao.
La salle comble, chauffée par les rythmes tropicaux de Trinidad et Tobago, fait une ovation chaleureuse à la reine du Calypso, arrivant sur scène guidée par son manager, aux petits soins.
Affichant avec bonheur et humour ses presque 77 ans, Calypso rose alterne chansons et dialogues avec le public, témoignant de son engagement social et de son féminisme légendaire, notamment quand elle interpelle les femmes du public, leur demandant “de ne jamais épouser un homme comme Donald Trump”. Succès garanti !
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Calypso Rose et ses choristes, “shootées” par Patrice Delatouche
La même, par Christophe Esnault

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Pendant ce temps, la salle Barrault se voyait investie par une étrange équipe, momies attendant l’heure. Des enfants d’archéologues cherchaient à démêler les mémoires. Cette troupe perdue dans la forêt tropicale (admirable travail du contrebassiste Bruno Chevillon) passait par un Japon ancestral (bravo Théo Ceccaldi au chant et violon, et Atsushi Sakaï au violoncelle). Mais le plus important n’est pas l’espace, c’est le temps. Donc l’enfance… Sur un texte d’Antoine Cegarra, Alexandra Grimal a composé cet étrange space-opéra. Aidée par Line Cassiers à l’électronique et à la voix, par Sylvaine Hélary aux flutes et Sylvain Lemêtre aux percussions, elle plonge cette troupe de gamins dans des cavernes pour y chercher des signes, des mythes… Ces aventuriers de la musique perdue, tous magnifiques musiciens, enchantent par leur talent, même si on attend plus de jeu collectif. La “Vapeur au dessus du riz”, malgré sa brillance chatoyante, reste un brin opaque…

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La vapeur au dessus du riz, création d’Alexandra Grimal.
Photo ci-dessus, C. Esnault, ci-dessous P. Delatouche

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Kimono, concert de sortie d’album, photo P. Delatouche

Et puis Kimono est entré en scène, salle Vitez. Un kimono chauffé à blanc, énergique au possible, qui a joué la musique du cd produit par ô jazz !, Musique de chambre avec basse électrique. En premier la sonate signée Christophe Monniot, également saxo, “Pour une nouvelle terre”. Un hymne à l’énergie qui traverse toute création musicale, avec de nombreux clins d’œil. Les oiseaux, Messian, du rock, de la joie, de l’écrit et de l’impro… Emballant. Puis la sonate écrite par Roberto Negro, également pianiste, “Pour un monoski”. Moins aérien, plus floconneux, mais tout aussi puissant. Adrien Chennebault à la batterie et Stéphane Decolly à la basse ont beaucoup donné pour que tout cela décolle dans une énergie communicative. Et ça a marché, pardon, glissé, volé, enfin, ça l’a fait, quoi…
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Roberto Negro par C. Esnault

Superbe deuxième journée de festival. Jazz or jazz est vraiment en train d’installer pleinement sa légitimité ! Et la suite est pleine de promesses. AM/BC

Du 19 au 22 avril, le programme au jour le jour
Le site du festival

ET PLUS DE PHOTOS ENCORE EN CLIQUANT SUR CE LIEN [Lire la suite de cet article...]

Jazz or jazz 2017, et tout a commencé en ce 19 avril…

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Post K, avec Jean Dousteyssier (clarinettes),
Benjamin Dousteyssier (saxophone alto et ténor), Matthieu Naulleau (piano),
Elie Duris (batterie). Photo Patrice Delatouche

Ca commence à 18 heures, avec Post K, les premiers sélectionnés du dispositif “Jazz Migration”, dont on va retrouver les trois autres lauréats chaque soir à la salle Vitez du Théâtre d’Orléans.
Une bande de galopins surdoués qui font joujou avec les standards, déconstruisant-reconstruisant sans jamais s’essouffler les plus grands “hits” du new orleans, de Fats Waller à Louis Armstrong en passant par Art Tatum. Ces acrobaties rythmiques et mélodiques sont brillantes, parfaitement exécutées mais parfois… un peu vaines ! On attend de voir ce que les membres de ce quartet prometteur, après avoir “jeté leur gourme” – comme disaient nos arrière-grands-mères –, pourront nous proposer…
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Christophe Esnault et Didier Depoorter (ci-dessus).
Le vernissage (ci-dessous). Photos Patrice Delatouche
[Lire la suite de cet article...]

Soirées Tricot fin avril, un nouveau rendez-vous à La Générale

Le collectif orléano-parisien Tricollectif (Roberto Negro Trio, Walabix, Kimono, Quatuor Machaut, La Scala, Théo Ceccaldi Trio…) remet ça ! Au lendemain de Jazz or jazz, il propose du 24 au 30 avril une vingtaine de concerts et rencontres à La Générale, 14, avenue Parmentier à Paris XIe (M° Voltaire).

Le programme intégral est ici
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Jazz or jazz, le programme au jour le jour, du 19 au 22 avril

Du mercredi 19 au samedi 22 avril, c’est “Jazz or jazz”, deuxième ! Ca se passe au Théâtre d’Orléans, avec de très jolis rendez-vous, dont deux expos, une sortie d’album et un tremplin jazz proposés par ô jazz !
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Anne Pacéo. La jeune batteuse qui “monte” sera en première partie de Diane Reeves

Mercredi 19 avril
18 h : Post K (Jazz Migration), salle Vitez
19 h : Vernissage des expositions photos Christophe Esnault et Didier Depoorter, Grande galerie
20 h : Dianne Reeves, précédée d’Anne Paceo (Circles), salle Touchard
23 h : Akosh S. (Elégia, hommage à Zoltàn Huszàrik), salle Vitez

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Kimono, c’est le Roberto Negro Trio + Christophe Monniot. Une formation qui sort son premier album jeudi 20 avril en concert, lors de “Jazz or jazz”, sous le label ô jazz !

Jeudi 20 avril
18 h : PJ5 (Jazz Migration), salle Vitez
20 h : Calypso Rose (Far from home), salle Touchard
20 h 30 : Alexandra Grimal (La vapeur au-dessus du riz), salle Barrault
22 h 30 : Kimono (concert de sortie nationale de l’album “Musique de chambre avec basse électrique”, produit par ô jazz !), salle Vitez

Vendredi 21 avril
18 h : Quatuor Machaut (Jazz Migration), salle Vitez
20 h : Gregory Porter (Take me to the alley), salle Touchard
22 h 30 : Orchestre National de Jazz (Europa Oslo), salle Barrault

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Open trio, une formation issue du Conservatoire d’Orléans et sélectionnée pour le Tremplin Jazz or jazz

Samedi 22 avril
14 h à 16 h 30 : Tremplin Jazz or jazz, avec Enez (Tours), Omer Jazz (Orléans) et Open Trio (Orléans), hall du Théâtre (gratuit)
18 h 30 : Watchdog (Jazz Migration), salle Vitez
20 h : Yuri Buenaventura (Paroles), salle Touchard
20 h 30 : Biréli Lagrène Acoustic Quartet, salle Barrault
22 h : Bal latino (Ruben Paz y Cheverefusion), suivi de Roberto Burgos, hall du Théâtre

expo-esnaultUn des clichés de Christophe Esnault présentés sur la grande galerie

Et aussi
– Du mercredi 19 au samedi 29 avril : expositions “Autour de l’œil de l’éléphant”, de Christophe Esnault, et “Expression jazz”, de Didier Depoorter, Grande galerie du Théâtre.
– Mardi 18 et dimanche 23 avril : cinéma jazz, au Cinéma Les Carmes (7, rue des Carmes à Orléans) avec “Ascenseur pour l’échafaud” (mardi 18, 18 h 30), “Miles ahead” (mardi 18 à 20 h), et “Born to be blue” (dimanche 23 à 18 h)

Toutes les infos sont là : www.jazzorjazz.fr

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  • Dans les bacs

    fc-tarkovsky Au palmarès du plus beau disque de l'année 2017, le dernier cd du pianiste François Couturier et de son Tarkovsky Quartet a déjà pris ses marques ! On avait déjà dit, ici, tout le bien qu'il fallait penser des deux premiers opus de cette série d'albums dédiés au cinéaste russe Andrey Tarkovsky, artiste mystique et visionnaire dont le rapport au monde, à la terre autant qu'à la spiritualité, semble une source d'inspiration sans cesse renouvelée pour un pianiste dont la richesse intérieure et les aspirations métaphysiques transpirent à chaque note. Beau, oui, Nuit blanche mérite le qualificatif, en dépit de la ringardisation de ce concept, depuis des décennies mis à mal par les thuriféraires d'une certaine avant-garde artistique qui finira elle-aussi par dater. Beau, car cette musique qui nous élève au-dessus des contingences, dans son univers sonore unique et onirique, a quelque chose de transcendant, vous attrapant l'âme et le cœur dès le premier morceau pour ne plus vous lâcher. Expérience de musique “totale” affranchie des barrières stylistiques et temporelles, où le jazz le plus contemporain côtoie une pièce de Vivaldi (la “bande son” personnelle du cinéaste au travail, nous dit-on) ou une chanson traditionnelle française réarrangée. Dans cette alchimie musicale, l'harmonie préside également aux rapports entre les musiciens (souvent associés aux compositions), du violoncelle caressant et envoûtant d'Anja Lechner à la touche de mystère distillée par l'accordéon de Jean-Louis Matinier, avec une mention spéciale au sax soprane très “garbarékien” de Jean-Marc Larché (“Nuit blanche”, notamment). “L'art est beau quand la main, la tête et le cœur travaillent ensemble”, disait le poète et critique d'art anglais John Ruskin. Qu'ajouter ? JLD (ECM / Universal Music)

    duo-fines-lames On programme généralement les musiciens parce qu'on aime ce qu'ils font ! Et quand d'autres (le public) apprécient, c'est une confirmation qui fait toujours du bien. A l'issue des “Samedis du Jazz” où nous avions invité, le 14 janvier dernier au Théâtre d'Orléans, les Tourangeaux Florent Sepchat (accordéon) et Renaud Détruit (vibraphone et marimba), nombre de spectateurs avaient été frustrés qu'aucun album ne leur permettre de prolonger le plaisir manifeste qu'ils avaient éprouvé une heure durant. Le mal est aujourd'hui réparé, avec Fines lames, sorti il y a quelques jours et où figurent dix titres emblématiques de ce duo à l'instrumentation originale, où lames soufflées et lames frappées s'harmonisent avec bonheur en un dialogue complice. Car cette musique qui puise à des sources diverses (de Bartok à Eddy Louiss en passant par une majorité de compositions originales) est toujours mélodieuse sans jamais être mièvre, attachée au beau son et calée sur une impeccable mise en place. De la belle ouvrage, issue de “lames sensibles” parfaitement affutées ! On pourra réentendre le duo à Orléans dans le cadre de Jazz à l'Evêché, le jeudi 22 juin à 23 heures au Jardin de l'Evêché. JLD (Cristal Records).

    postimage Post Image fête ses trente ans en sortant un dixième cd, Fragile. Fondé en 87 par le bassiste Dany Marcombe et le batteur Didier Lamarque, le groupe a beaucoup changé, a beaucoup joué, avec des rencontres excitantes. Celle de John Greaves par exemple, qui participe à ce dernier album. Ou Médéric Collignon, qui vient souvent apporter son grain de folie à leurs concerts. Seuls le bassiste et le trompettiste Freddy Buzon restent de la formation d’origine, mais ses compagnons sont souvent de vieux routiers comme lui. Dix plages de jazz, de groove, de rock progressif. On est assez dans la suite très élaborée des concepts-disques des années soixante-dix, mais avec une plus large part au jazz. Le noyau des six musiciens peut développer une puissance de groupe qui frappe juste, et les invités Greaves à la voix et Alain Debiossat au saxo, colorent les morceaux d’ambiances différentes. Comme cette bluette (“Oh Papa”) très mélodique lancée par le saxo et que la voix de John Greaves fait tourner beaucoup plus vers le noir. Avec aussi de très beaux moments jazz-rock menés par une guitare inventive tenue par Patricio Lameira, comme “Sous le soleil d’Ars”. Un très beau cadeau de ce groupe trentenaire à qui l’on souhaite encore beaucoup de petits… BC (Cristal Records/Harmonia Mundi).

    asian Louis Sclavis, Dominique Pifarély et Vincent Courtois viennent de sortir chez ECM un album étonnant, Asian Fields Variations. Ils se connaissent depuis longtemps. Sur l’initiative de Sclavis, ils ont mis au point cet opus de musique intimiste, dont ils signent les onze compos tous les trois, l’une étant commune. Musique de chambre par les instruments, puisqu'aucun n’est franchement rythmique, mais aussi par l’inspiration. Le premier morceau, “Mont Myon”, suite en trois parties, donne le ton : la clarinette basse de Louis Sclavis et le violoncelle en basse continue font entrer dans cette musique fascinante, douce et pourtant vigoureuse. Avec des petits apartés, comme Vincent Courtois dans “Done and Done” ou Sclavis dans “Pensée furtive”. Tous trois très grands instrumentistes, ils arrivent ici à une symbiose magnifique. Les envolées du violon de Pifarély, toujours sidérantes d’invention et d’élégance (dans “Asian Fields” par exemple), nous entraînent dans un ailleurs enthousiasmant. Les références à la musique du début du XXe siècle, évidentes (l’appel de la forêt dans “Fifteen Weeks”, entre autres) nourrissent ces musiciens. Mais en même temps leur énergie, leur liberté, leur maturité nous livrent une musique absolument magique, richissime, forte de ce bonheur d’interprètes totalement accomplis qui peuvent se permettre de se passer de toute référence. On en redemande. BC (ECM)

    resolutionLe compositeur et pianiste américano-chyprio-turc Mehmet Ali Sanlikol vient de sortir son deuxième cd, Resolution, avec sa formation Whatsnext. Le personnel est nombreux et varié, un big band de près de dix huit pupitres et un combo jazz de douze personnes. La puissance, notamment en cuivres, est là, avec en plus des invités prestigieux comme Anat Cohen à la clarinette ou Dave Liebman au sax. L’inspiration de Mehmet Ali vient manifestement de son pays d’origine, même s’il s’est formé aux Etats Unis, notamment auprès de Bob Brookmeyer dont il lui reste quelques accents. Mais son côté de musicien classique joue aussi un rôle, ainsi que sa connaissance du rock. Il y a des mélodies orientales, de l’oud, du ney, et il y a de l’énergie de big band de jazz. Le tout avec un lyrisme touchant dans les mélodies, des dialogues magnifiques entre musiciens et groupe, un enthousiasme jamais débridé. Mehmet Ali domine son affaire et a reçu de nombreuses distinctions pour tout son travail. Une musique joyeuse, entraînante, facile et profonde à la fois. Un homme à suivre… BC (Dünya Inc / disponible sur les plateformes de téléchargement).

    supersonic Eh oui ! Thomas de Pourquery et son groupe Supersonic qui nous avaient déjà donné il y a plus de deux ans Play Sun Ra, remettent ça. Le “sun” est devenu Sons of love , qui plane encore dans les mêmes univers sonores. Avec les mêmes excellents musiciens, amis, complices, Edward Perraud à la batterie, Arnaud Moulin aux claviers, Fabrice Martinez à la trompette, Frederick Galiay à la basse, Laurent Bardainne aux sax tenor et baryton et le pilote Thomas aux sax alto et soprane. Et tous chantent, Thomas avec sa voix bien reconnaissable sur des rythmes répétitifs envoûtants, un « slow down » par exemple, chanson douce où il s’amuse à se parodier lui-même. Ou à parodier les gospels avec phrase du leader et réponse du choeur dans le très thatchérien « Give the money back ». Car il y a dans tout cela un humour, un plaisir de crooner, une malice créative qui pousse les six musiciens à introduire des sons incroyables, comme ces drôles de gémissements dans la chanson éponyme du cd. Ils sont tous au taquet, démarrant au quart de tour avec une jubilation communicative. Cette esthétique pseudo science fiction années 70 passe bien parce que la réalisation est impeccable et que la musique prend le dessus, décolle rapidement du propos initial pour se déployer dans une énergie absolument réjouissante.
    BC (Idol - Label Bleu)

    toufic-farroukhPour son nouveau cd Villes invisibles, le saxo franco-libanais Toufic Farroukh a conservé à ses côtés le batteur Luc Isenmann et Leandro Aconcha aux claviers, qui tous deux jouaient déjà sur son premier album, “Cinéma Beyrouth”. Ses douze compositions, tout à fait dans l’esprit des nouvelles d’Italo Calvino auxquelles elles se réfèrent, mélangent dans un style classique les divers courants du jazz et des musiques traditionnelles qui flottent au dessus de la Méditerranée. En rajoutant toutefois des petits accords brésiliens et surtout les personnalités de ses comparses. L’accordéon de Didier Ithursarry va si bien avec l’oud d’Ahmad Al Khatrib et la guitare électrique de Frédéric Favarel. Marc Buronfosse à la contrebasse et Bachar Khalifé aux percus complètent la formation. Naima Yazbek chante sur la troisième plage du cd. Cette équipe, équilibrée, cohérente, créative, propose une musique soignée, alliant Orient et Occident, images de rêves mais aussi images plus graves de ces villes abandonnées pour certaines, prises d’assaut pour d’autres, que l’actualité ne cesse de nous montrer. Toufic, en grand professionnel, ne s’enfonce pas dans le propos, mais développe son art avec aisance et intelligence. Ses mélodies nous baladent dans la musique, ajoutent sans cesse des développements bien construits qui fonctionnent parfaitement. La diversité de l’inspiration donne un très beau moment de jazz coloré, entraînant, joyeux et poétique. BC (Hot8 Music – L’Autre Distribution)

    BC : Bernard Cassat
    CE : Christophe Esnault
    DB : Daniel Buon
    DD : Dominique Derenne
    JLD : Jean-Louis Derenne

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  • Agenda Jazz

    Lundi 24 au dimanche 30 avril
    soirees-tricot2 SOIRÉES TRICOT. Une vingtaine de concerts et rencontres proposées par le collectif orléano-parisien Tricollectif (Roberto Negro Trio, Walabix, Kimono, Quatuor Machaut, La Scala, Théo Ceccaldi Trio…). A La Générale, 14, avenue Parmentier à Paris XIe (M° Voltaire). Programme, ici.

    Du mercredi 26 au samedi 29 avril
    olivet 50 ANS / 50 ARTISTES. Dans le cadre du 50e anniversaire de la MJC d’Olivet, en matinée et en soirées, cinq rendez-vous de créations et performances artistiques partagées sur la base de l’improvisation, avec 50 artistes (dont 35 musiciens) qui se produiront en duos. Tarifs : 8 € par soirée et 5 € pour les enfants (jusqu’à 12 ans). Pass pour les cinq temps forts : 35 €. A la MJC d’Olivet, au Moulin de la Vapeur.
    02 38 63 66 60
    www.mjcmoulin-olivet.org

    Du vendredi 28 avril au lundi 1er mai
    LA JAM. 4e édition du Festival international de musique et de danse swing, proposé par SwingChap'. Cours de danse (lindy hop, blues, shag, claquettes), soirées dansantes avec orchestre, animations… A l'Espace Beraire, La chapelle Saint Mesmin. Les infos sur www.lajam.fr

    Samedi 29 avril
    ducsLES VERITABLES DUCS (quartet). Dans le cadre des Samedis du Jazz proposés par ô jazz ! et la Scène nationale d'Orléans. Attention, nouvel horaire des “Samedis” : à 15 heures, dans le hall du Théâtre d'Orléans. Gratuit.

    Samedi 29 avril
    RICHARD GALLIANO (new musette). A 20 h 30 au Grand Théâtre de Tours, 34, rue de la Scellerie.
    02 47 60 20 20

    Dimanche 30 avril
    SOPRANISSIMO (Marc Laferrière et Daniel Huck, saxophones soprano, en quartet avec un banjo et un tuba). Programme new orleans autour de Sidney Bechet. Proposé par “Du Blues au Swing” à 17 heures à la Salle des Fêtes de Saint-Jean-de-Braye.

    Dimanche 30 avril
    initiative TRIO INITIATIVES. Avec Jean-Christophe Cholet (piano), Quentin Cholet (batterie) et Gildas Boclé (contrebasse). A 18 heures à la Chapelle Sainte-Anne, square Rozé à Tours.
    02 47 37 10 99

    Mardi 2 mai
    CREN / DUMOULIN, “Dialogue singulier”. Avec Caroline Cren, piano et Jozef Dumoulin, Fender Rhodes. A 20 heures au Petit faucheux, 12, rue Léonard-de-Vinci à Tours. Tarifs : 12 € / 8 €. 02 47 38 67 62. Leur site, ici.

    Mercredi 3 mai
    NICOLAS GARDEL TRIO. Avec Nicolas gardel, trompette, Alyss Kalbez, batterie, Thibaud Dufoy, orgue. Proposé par l'association After the Crescent, à 20 h 30, le Hublot, 64, avenue de la Libération à Bourges. Rens. 10 à 20 €. 02 48 20 86 05

    Jeudi 4 mai
    RAN BLAKE. Piano. A 20 heures au Petit faucheux, 12, rue Léonard-de-Vinci à Tours. 02 47 38 67 62. Leur site, ici.

    Jeudi 4 mai
    CHARLES PASI (blues, jazz). A 20 h 30 à la Pyramide, Romorantin (Loir-et-Cher).
    02 54 94 42 20

    Vendredi 5 mai
    24a_pj5_cremiangeli MANOUKIAN QUARTET + PJ5. André Manoukian et son quartet, avec un répertoire qui puise aux racines de la musique arménienne. Et en première partie le formidable quintet PJ5, entendu lors de Jazz or jazz à Orléans le 20 avril (Jazz Migration). A 20 h 30 à l'Hectare, à Vendôme (Loi-et-Cher).
    02 54 89 44 00

    Mercredi 10 mai
    mec MEC ! Philippe Torreton dit les mots d’Allain Leprest ; Edward Perraud est aux percussions. A 21 heures au Centre culturel de Saint-Pierre-des-Corps (35, rue Pierre-Curie.
    Tarifs : 20 € / 12 €.

    Vendredi 12 mai
    STEVE KUHN TRIO. Avec Steve Kuhn, piano ; David Wong, contrebasse ; Billy Drummond, batterie. Première partie “Post K” (Jean Dousteyssier, clarinette, clarinette basse ; Benjamin Dousteyssier, saxophones alto et ténor ; Matthieu Naulleau, piano ; Elie Duris, batterie). A 20 heures au Petit faucheux, 12, rue Léonard-de-Vinci à Tours, dans le cadre de “Jazz Migration”. Tarifs : 16 € / 12 € / 8 €. 02 47 38 67 62. Leur site, ici.

    Dimanche 14 mai
    MADELEINE PEYROUX (jazz vocal). A 18 heures. All that Jazz (Les Lobis), 12, avenue du Maréchal- Maunoury à Blois. 02 54 44 41 80.www.allthatjazz.fr

    Vendredi 19 et samedi 20 mai
    tango COCKTAIL TANGO (cabaret théâtre et musique). Un rendez-vous conçu, mis en scène et interprété par Aurélie et Gérard Audax, avec Jacques Trupin (bandonéon), Vincent Viala (piano), Bernard Mérigault (artiste-peintre), et la participation de Tango Porteno. A 20 h 30 au Théâtre Clin d’Œil, 12, rue de la République à Saint-Jean-de-Braye. 02 38 21 93 23

    Vendredi 19 au dimanche 21 mai
    BAULE D'AIR. Trois jours de fanfares, théâtre de rue et animations. Avec la Belle image, la Saugrenue, No water please… A Baule (Loiret).

    Vendredi 19 au dimanche 21 mai
    12e FESTIVAL DE LA VOIX. Ensemble de concerts de chorales et groupes vocaux, ateliers tout public, stands… A Châteauroux, Argy, Valencay, Saint-Marcel (Indre). www.festivaldelavoix-chateauroux.fr

    Vendredi 19 au dimanche 21 mai
    PARCOURS ET JARDINS. 70 spectacles présentés dans les jardins de particuliers du quartier Bourgogne-Dessaux-Saint Euverte. Proposé par l'association ABCD. Gratuit. www.abcd45.com

    Vendredi 19 mai
    amrobinANDRE MANOUKIAN / ROBIN MCKELLE. A 20 h 30 au Nouvel Atrium, 8, boulevard Paul-Doumer à Saint-Avertin (Indre-et-Loire).
    02 47 48 48 85

    Samedi 20 mai
    AVISHAI COHEN QUARTET. Avec Avishai Cohen, trompette ; Yonathan Avishai, piano ; Barak Mori, contrebasse ; Nasheet Waits, batterie. Première partie “Watchdog” (Pierre Horckmans, clarinette, clarinette basse et Anne Quillier, piano, Fender Rhodes, Moog). A 20 heures au Petit faucheux, 12, rue Léonard-de-Vinci à Tours. Tarifs : 23 € / 18 € / 11 €.
    02 47 38 67 62. Leur site, ici.

    Samedi 20 mai
    BIG-BAND SWAY. Invité : Jean-Christophe Cholet (piano). Dans le cadre du Festival Mix'terre. A 18 heures, le Chap', plaine Croix-Chevalier, rue Jean Baptiste Charcot à Blois.
    02 54 43 35 36

    Samedi 27 mai
    BERTRAND RENAUDIN TRIO. Dans le cadre des Samedis du Jazz proposés par ô jazz ! et la Scène nationale d'Orléans. Attention, nouvel horaire des “Samedis” : à 15 heures, dans le hall du Théâtre d'Orléans. Gratuit.

    Du 25 au 27 mai
    5e FESTIVAL CARAVAJAZZ. Programmation de groupes qui gravitent autour de Jazz à Tours : The West Lines, Hoop, Gadjo & Co. Bar-lounge Le Caravage, à Loches (Indre-et-Loire). Les infos, ici.

    Du 25 au 28 mai
    SALAMANDRE GUMBO FESTIVAL. Musiques acadienne, bluegrass, country, cajun, jazz, zideco… A Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher). Toutes les infos ici.

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    bye-bye-ny Avec la fermeture du “Garage” fin décembre 2015, après celle du “Lenox Lounge” au cours de la même année, sans parler du déménagement forcé du Zinc Bar et de la Jazz Gallery, de la réaffectation du Poisson Rouge et de tant d'autres clubs mythiques, ce “Jazz à New York” (daté de 2010) est aujourd'hui frappé d'obsolescence. En attendant sa mise à jour (envisagée) cette rubrique créée pour ô jazz ! en 2010 par Jean-Louis Derenne n'est plus disponible. So long folks…
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